Bicentenaire de rêve

Les amis, c’est pas pour dire mais on va être vachement péchus pendant deux saisons d’opéras! Ils vont nous mettre les petits plats dans les grands, ça va déchirer pour ces deux-là!

Giuseppe Verdi – Richard Wagner : nés en 1813. Le bicentenaire de rêve! 

Ah oui, c’est du lourd! La béatitude est au bord de nos pavillons auditifs et auriculaires… Ouvertes à fond, nos écoutilles !

L’ère de la guéguerre entre people ne date pas d’aujourd’hui. On connaît en littérature, en peinture et en musique bien des clashes entre fortes personnalités contemporaines, attisés par presse interposée. En musique, les castrats, les grands chanteurs d’opéras, les compositeurs. Le duel titanesque le plus proche de nous est sans conteste celui qui a opposé deux génies de l’opéra du XIXème siècle: Giuseppe Verdi et Richard Wagner.

Comme toujours, c’est la presse de l’époque qui a créé cette rivalité sanglante. Je ne sais pas trop ce que Wagner – dans son ego démesuré – pensait de Verdi mais Verdi, lui, tenait en très haute estime le maître de Bayreuth, même si leur démarche artistique était différente.

À bien y regarder, vraiment si différente?

Ils avaient tous les deux un profond amour de la dramaturgie. Wagner avait sans doute un certain avantage puisqu’il pouvait écrire ses livrets lui-même. Ce qui, aux yeux des adeptes du théâtre total, lui donne un prestige inégalé. Et de se gausser des livrets de Verdi…  Verdi qui chercha l’inspiration auprès des plus grands écrivains: Schiller, Victor Hugo, Alexandre Dumas fils, Shakespeare… Ses librettistes étaient les meilleurs de l’époque, Piave et Boïto notamment. Et quand le maître n’était pas satisfait, il lui arrivait de devenir poète pour mieux coller à sa musique.

Dans le domaine politique de l’époque, on peut dire que Verdi tient la palme. Fervent adepte du Risorgimento, sénateur, propriétaire terrien très impliqué dans le développement de sa région natale. Un parcours honnête et rigoureux dont son nom deviendra le symbole: V.E.R.D.I Vittorio Emmanuele Re D’Italia et le Va pensiero, choeur de Nabucco, le chant d’union de tous les Italiens jusqu’à notre époque. Sa musique au service de la révolution populaire. Sa vie intime au service de la tolérance: il vécut longtemps en concubinage avec une ancienne chanteuse La Strepponi, inconcevable pour l’époque! 

Pour Wagner, c’est un rien plus scabreux. Personnage parfois haïssable, amoral, cupide et inamical, toujours en fuite couvert de dettes, peu reconnaissant auprès de ses mécènes et de ses amis, leur « piquant » souvent leurs épouses. Tout cela au nom de la recherche d’un idéal musical révolutionnaire. Pangermaniste? Peut-être mais pas au sens que lui a fait endosser le Troisième Reich. Antisémite, certainement, mais pas plus et pas moins que ses contemporains. Wagner est aujourd’hui victime d’une idéologie née bien après sa mort et qu’il n’a donc pas pu cautionner. L’opposition des Israéliens à l’interprétation de sa musique est stupide, comme l’a souvent expliqué Daniel Barenboim, juif, Israélien et grand chef wagnérien longtemps en poste à Bayreuth. Hitler aimait peut-être Wagner mais Wagner n’a jamais connu Hitler et donc n’a pas pu l’aimer!

Musicalement parlant..

Concernant Wagner, je me demande souvent quelle fut l’influence de Liszt, son beau-père, dans sa maturation musicale. Qui a influencé qui? Vaste question à laquelle je ne puis répondre, n’étant que simple mélomane. Mais je traque souvent les indices! Sa grande innovation: les leitmotives qui se croisent, s’éloignent, se rejoignent, se tressent. Merveilleuse trame, sublime canevas bien utile à l’auditeur dans le Ring notamment. Et ce fameux accord de Tristan:  

bayreuth-fosse.jpegEt puis le théâtre de Bayreuth qui ne devait être qu’un théâtre éphémère, construit « léger » sur la colline verte, pour ne pas durer et qui offre encore aujourd’hui des solutions révolutionnaires pour canaliser le flot immense de la musique wagnérienne. Une salle frontale, cassant la tradition italienne, et surtout une fosse d’orchestre semi-couverte. Une étuve lors du festival d’été, les musiciens sont en t-shirt et le chef ne passe l’habit que pour aller saluer sur scène!

Verdi, lui, avait une formation solide quant aux maîtres du passé et était très perméable aux nouveautés de son temps. Ce n’est pas lui faire offense que de dire que les idées notamment de Wagner mais aussi de ses contemporains italiens et la redécouverte des grands maîtres baroques ont fait évoluer sa pensée artistique « en toute italianità ».

6514687-world-s-famous-theater-scala-in-milan-italy.jpegSes opéras Don Carlo, Aïda, Otello et Falstaff sont prodigieusement modernes dans l’expression des sentiments de révolte, de racisme, de religion, d’auto-dérision. Et que dire du courage d’écrire La Traviata, premier opéra contemporain, où les chanteurs portaient les mêmes habits que les spectateurs; de Rigoletto, mettant en lumière un roi dépravé. La censure le traqua toujours, ne l’épargna pas mais ne réussit jamais à l’abattre. Il visita l’Europe en tous sens jusqu’à Saint-Pétersbourg, voyageur infatigable. Mais son pôle stratégique, la Scala de Milan.

(Rénovée, avec l’inévitable cube du rehaussement de la scène, comme à Liège…)  

 

Dans ma jeunesse, il était impossible d’aimer les deux. Très bêtement, il fallait choisir son camp! Aujourd’hui enfin, on peut se régaler des fulgurances de ces deux génies et les associer dans un même hommage.

Que l’année 2013, bicentenaire commun, soit la reconnaissance de l’immense contribution de l’un et de l’autre au patrimoine musical et humain de la civilisation européenne! La Scala de Milan a déjà fourbi ses armes!

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Donc on va s’en mettre plein les oreilles, vive l’overdose!

Une chronique sur Verdi sur mon ancien blog:

http://tempolibero.skynetblogs.be/apps/search/?s=Muti 

Un « petit Verdi » La Traviata (1853) et un « petit Wagner » Tristan et Isolde (1865)  pour commencer ce merveilleux bicentenaire! Que c’est beau!

 

Sur-titres, sous-titres ou rien?

Je vous pose la question, chers amis amateurs d’opéra après avoir lu l’excellent édito de Sylvain Fort sur le site de Forum Opéra, et j’attends vos avis, le débat est ouvert !

Voici quelques-unes de mes réflexions.

Les sur-titres à l’opéra sont souvent considérés comme la panacée pour faire venir les néophytes au spectacle et pour faire aimer les oeuvres en langue étrangère aux plus réticents.

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Pour ma part, je vois à cette pratique quelques avatars de taille:

Le spectateur, dont les yeux sont suspendus en permanence au texte qui défile, n’est plus attentif à ce qui se passe sur scène et même à ce qui est chanté. Ecouter, regarder et lire en même temps, dur, dur! 

Ces surtitres ne sont pas visibles depuis certaines places (dans les théâtres à l’italienne). Certaines directions le signalent, d’autres pas. 

La position physique du spectateur a aussi changé:  le cou arcbouté vers l’arrière, le menton dressé vers l’avant, il est beaucoup plus sujet à un vilain torticolis renforcé souvent par une climatisation pas toujours adéquate… (Il y a d’ailleurs un système de surtitres portant le nom de « Torticoli », découvert en préparant ce post).

Pour résoudre le problème, le texte affiché sur le dos du fauteuil d’en face, très prisé en Amérique… Mais a-t-on encore le temps de lever les yeux vers la scène???SeatbackLCD.jpeg

 

Écouter de la musique chantée dont on ne comprend pas les paroles, voilà le poncif qui ridiculise définitivement les amateurs d’opéra aux yeux des béotiens. Mais ces derniers comprennent-ils vraiment les paroles syncopées et autres onomatopées du rap, les textes des chansons des Beatles, d’Étienne Dao ou de Mylène Farmer ? Ils vous avoueront que non, que l’essentiel n’est pas là, il y a surtout le rythme de la musique et sa communion avec des syllabes. N’est-ce pas flagrant par exemple dans la chanson italienne? Ce que le bel Eros raconte, on s’en fout un peu, la langue italienne est si expressive… ça suffit à faire tout ressentir!

À l’opéra, c’est la même chose! Avec en plus, le soutien de l’action représentée sur le plateau (quoique, avec certains mises en scène modernes très tordues…). Lorsqu’on lit une biographie de Verdi, on est frappé par ses exigences en matière de prosodie, comment il torture ses librettistes, allant même souvent jusqu’à récrire certains vers lui-même lorsqu’ils ne lui fournissent pas ce qu’il veut, pour que les temps forts de sa musique correspondent à l’expressivité des mots… J’adore les opéras de Tchaikovsky, j’aime m’enivrer des sonorités douces et sauvages à la fois de la langue russe et me sentir émue en même temps par la profonde tristesse de la musique de Piotr Illich. Parfaite adéquation et ce que se disent exactement les personnages m’importe peu, je le ressens, c’est mieux! 

Mais pour être totalement honnête, j’ajouterai que les sous-titres (au cinéma ou sur DVD) et les sur-titres au théâtre me sont effectivement utiles pour apprécier un monologue interminable : certains passages du Ring de Wagner où le fait de pouvoir lire en français la traduction (même succincte ou approximative) m’a beaucoup aidée à ne pas me décourager. Les grandes tirades de Wotan par exemple dans la Walkyrie.

Sylvain Fort, l’éditorialiste, nous parle aussi du plaisir de préparer sa soirée à l’opéra. Mes parents faisaient cela quand nous étions petits et qu’ils nous emmenaient à l’opéra, ils nous racontaient plusieurs fois l’histoire et nous faisaient écouter les principaux airs regroupés sur un 33T de sélection. C’était le temps où il n’y avait pas la télé (à la maison), pas Internet, pas le rythme effréné de la vie d’aujourd’hui. J’ai moi-même souvent prêté des CD ou des vidéos à des amis pour les aider à se familiariser avec ce qu’ils allaient voir et entendre. On me les a souvent rendus en me disant qu’on n’avait pas eu le temps de… Certains ont décliné mon offre, préférant le plaisir de la découverte totale! Allez savoir ce veut le peuple…

Tout compte fait, ces sous-titres et sur-titres, on n’est pas obligé de les lire… Que ceux que cela aide à aimer l’art lyrique ne s’en privent pas et les autres, qu’ils laissent simplement leurs yeux se remplir de la beauté scénique.

1255937-1640624.jpegMais il y a une application à laquelle je n’avais personnellement pas pensé, c’est celle au profit des personnes malentendantes ou sourdes. Certains théâtres de comédie en Suisse notamment leur proposent des tablettes avec le texte de la pièce. Génial!

 

 

 

Ci-dessous, un des programmes informatiques permettant le sous/surtitrage.

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Et pour corroborer mes dires, un extrait de la Dame de Pique de Tchaikovsky, Dmitri Hvorostovsky à la réouverture du Bolshoi en novembre dernier. Le son n’est pas optimum mais c’est le seul extrait sans sous-titres dans le choix Youtube… J’y tenais! Bonne ivresse de sons à tous!

Le texte de l’édito: http://www.forumopera.com/index.php?page=Edito

 

House of dreams

house_of_dreams_100x100_0.jpegLa nouvelle saison de l’Opéra de Wallonie au Théâtre Royal de Liège, dans la splendeur de sa rénovation! On en rêve déjà tous!

Pour tout savoir sur les oeuvres jouées et les distributions…

http://www.operaliege.be/fr/activities/2012/operas

 

L’essentiel:

– Stradella* (César Franck), mise en scène par Jaco Van Dormael (19 > 29/9/2012)
– Jordi Savall, concert, 30/9/2012
– Edita Gruberova, concert, 4/10/2012
– Gala Verdi, concert, 13 et 14/10/2012
– L’Officier de fortune* (André-Modeste Grétry), concert, 20/10/2012
– Cavalleria Rusticana (Pietro Mascagni) & Pagliacci (Ruggero Leoncavallo), avec José Cura, 17/11 > 2/12/2012
– Une autre Traviata, 1/12/2012
– Nabuccolo (opéra participatif pour enfants), 10 > 15/12/2012
– La Belle Hélène (Jacques Offenbach), mise en scène de Shirley & Dino, 22/12/2012 > 6/1/2013
– L’Italiana in Algeri (Gioacchino Rossini), 18 > 26/1/2013
– L’Enfant et les sortilèges (Maurice Ravel) 15 > 19/3/2013
– La Fanciulla del West (Giacomo Puccini), avec Deborah Voigt et Carl Tanner, 22/2 > 5/3/2013
– La Forza del Destino (Giuseppe Verdi), avec Daniella Dessi et Fabio Armiliato, 18/4 > 2/5/2013
– I due Foscari** (Giuseppe Verdi), avec Leo Nucci et Fabio Sartori, 10 et 12/5/2013
– Guillaume Tell*** (André-Modeste Grétry), sous la direction musicale de Claudio Scimone, avec Anne-Catherine Gillet, 7 > 15/6/2013

Jean-Pierre Rousseau, le directeur général de l’OPRL, a visité aujourd’hui le chantier et nous envoie ses photos par mobile, merci à lui! On se régale devant la fraicheur des couleurs et la beauté des ors!

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Bon pour un cocktail « plaisir, pouvoir et parano »

J’ai revu hier sur ARTE un film qui m’a littéralement scotchée bien que j’aie lu à l’époque le livre dont il est l’illustration. Air du temps oblige, sans doute, on se sent pousser les ailes de 1981!

Il y a Castor et Pollux, Claire et Mike. Dans l’ordre ou dans le désordre, cela ne change rien à l’histoire de l’enfant caché d’un président. Nous sommes en 1983, premier mandat de François Mitterrand. Françoise Giroud, grande journaliste et ancienne ministre de Giscard, s’essaye, avec cette histoire, au roman en écrivant « Le bon plaisir« .

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Jusqu’à la fin de sa vie, Françoise Giroud prétendra ne pas avoir voulu romancer l’histoire de la fille cachée de Mitterrand. Et pourtant, remarquez la maison d’éditions magistralement choisie, petite filiale de Fayard ! Regardez ensuite avec quelle gourmandise un rien perverse elle mâche cette affirmation à Apostrophes et comment réagissent ses interlocuteurs, Bernard Pivot compris. Secret de Polichinelle.

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Ce roman sera porté à l’écran par Francis Girod en 1984 avec un trio somptueux: Jean-Louis Trintignant en Président, Michel Serrault en Premier Ministre et Catherine Deneuve en Claire. Roman et film à clés, où toutes les conjectures sont possibles et admises. Par exemple: Claire est-elle victime du vol ou l’a-t-elle commandité ?

Bande-annonce du film et celle dont peut-être on esquisse en filigrane l’existence, Mazarine Pingeot. je vous conseille d’ailleurs sur le sujet, son premier livre « Bouche cousue » dédié à ses parents, récit tellement émouvant et vrai qui éclaire d’un jour si tendre cette relation extraordinaire « secret d’état » et pourtant si simple d’un père à sa fille.

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Film sur le pouvoir: son ivresse, son cynisme, sa solitude, sa parano, ses mensonges. Avec une brochette d’acteurs plus vrais que nature!

Vous voulez revoir ce film? Le voici en intégralité et gratis! (je ne sais pas pour combien de temps)

Note du 24 avril: après une semaine, il a définitivement disparu. Désolée, les meilleurs choses ont une fin…

Flamboyante misère

Pour nous rendre à l’hôpital où a été opérée ma maman, nous avons emprunté hier la route de « la vallée », longeant la Meuse vers Seraing et Ougrée. Le temps est ensoleillé entre deux giboulées et soudain, passant sous l’immense arche d’un pont ferroviaire, nous saute au yeux un ciel doré, mordoré même, de ceux qui annoncent des lendemains qui chantent, des promesses de richesses, un Eldorado. Puis le voilà soudain qui se peuple de squelettes noirs, menaçants et muets, et de cheminées crachant un ridicule petit panache blanc. Angoissant décor d’une nouvelle fantastique à la Maupassant.

ArcelorMittal

Intolérable spectacle figé dans un délabrement qui prend à la gorge quand on se souvient de la puissance de feu que dégageaient les hauts-fourneaux et les laminoirs liégeois. Pays du coke et de l’acier depuis des siècles, celui de John Cockerill.  

Pays déchu mais pays révolté où le feu ronge son frein mais gronde sourdement, menaçant, sous un ciel devenu soudain d’apocalypse… 

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La pluie survient et tambourine sur les carcasses, gros grain rageur comme un chagrin, celui de notre mémoire si bien chantée par Bernard Lavilliers et Mickey3d.

Au retour du haut de la colline, même spectacle désolant où seul flamboie encore sous un soleil apaisé, le stade de foot du club du Standard de Liège. Fier gardien d’un champ de ruines gisantes, dérisoires et broyées sur l’autel de la mondialisation ; chaudron excessif où s’expriment, dans les chants guerriers des supporters, les frustrations endurées. Et dire qu’en 2009, tout ici avait repris vie et espoir.

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Alors, sait-on jamais que ce grand feu d’espoir de Lavilliers, partagé avec les travailleurs lorrains d’ArcelorMittal le 6 avril 2012 sous la Tour Eiffel, renaisse de ses cendres ?  

Feu d’espoir, mais surtout force de révolte pour ces mains d’or désespérées du repos infligé. Politiciens de tous bords, attention danger, ces hommes fiers n’ont plus rien à perdre. Et ce qui vous guette ne sera peut-être pas une révolte mais une révolution… On a déjà vu ça.

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La Fontaine, Sartre et Fouquet sont dans le métro…

Et Lorànt les a rencontrés, je vous le jure, il les a même incarnés! 

Mais oui, Lorànt Deutsch, grand acteur de théâtre et de cinéma, a rendu vie avec bonheur à ces grands hommes, comme je vous le montre… 

Ineffable La Fontaine… (oui, je sais, fastoche!) 

 Sartre et sa Simone le Castor à la dent dure (moyen…) dans les Amants du Flore

 Et Fouquet, l’écureuil aux noisettes to much pour lui, hélas… (popopooô!)

Ce qui laissait bien évidemment deviner chez ce comédien un grand amour pour l’histoire. Lui vint ensuite l’idée du métro : son aventure avec « Métronome », l’histoire de France et de Paris, au rythme de ses stations de métro. Deux best-sellers étourdissants et improbables. Des balades et des souvenirs de son enfance qu’il a fait fructifier pour le plaisir de centaines de milliers de lecteurs! 

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Succès encore jamais démenti sur la longueur de temps! Arrive maintenant la version télévisée. Promo sur France 2.  

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« Le Métronome », version téloche, quatre dimanches sur France 5 à 16h45. Une extraordinaire mécanique théâtrale et virtuelle, que du plaisir pour nous maintenant et plus tard en DVD.  

 

La cerise sur le gâteau :

Pour tout savoir, tout connaître sur Paris, vous en mettre plein les yeux « par couches successives », cliquez comme des fous sur tout ce que vous voyez, sur tout ce qui vous intéresse, le site de l’émission est une merveille absolue, vous n’en ferez jamais le tour, pari(s) tenu!  http://www.france5.fr/metronome/

Après tout ça, fluctuat nec mergitur, comme je vous le dis! Et c’est rien que du plaisir sous le ciel de Paris…

D’autres posts sur Paris sur mon ancien blog :

http://tempolibero.skynetblogs.be/archive/2012/03/04/l-eternelle-charcuterie-du-ventre-de-paris.html

http://tempolibero.skynetblogs.be/archive/2011/10/01/une-voie-royale.html

http://tempolibero.skynetblogs.be/archive/2011/10/02/oranges-et-nympheas-sous-la-verriere.html

 

Un petit tour dans le Grand Tour

Je vous ai parlé dans le précédent post « triple axel culturel » de cette nouvelle très belle émission de Patrick De Carolis sur France 3, « le Grand Tour ». 

J’aurais voulu remercier ma cousine Dominique de Saint-Lazare pour tous ses merveilleux commentaires en postant la video de l’émission, puisqu’au Québec malgré TV5monde, le choix culturel semble restreint.

Hélas comme toujours, www.pluzz.fr qui permet soi-disant de revoir les émissions de France Télévisions reste désespérément franco-français et prive tous les francophones européens hors de France de bénéficier de ses services. Grrrr….

Alors, j’ai trouvé un petit extrait sur Youtube. La balade à Edimbourg avec Nolwenn Leroy. C’est mieux que rien et c’est sympa! Merci aux fans de Nolwenn de l’avoir mise en ligne.

On va tout savoir sur le kilt… Oui, cette histoire de kilt, c’est toujours excitant pour nous, les filles! Ces Écossais avec leurs histoires de lancer de troncs d’arbre, on voudrait vraiment savoir s’ils sont très… et s’ils sont aussi… hum, hum, vous me suivez, grand mystère émoustillant! Pour une fois que ce sont les nanas qui fantasment…waouh!

Pour finir en douceur, le superbe cadeau de Noël 2011 que fit notre Bretonne à l’émission C’à vous sur France 5. Une ballade, cette fois!

Avec dédicace affectueuse et reconnaissante pour toi, Dominique!

 

Friandises et chefs-d’oeuvre

xp3vfnvy.jpegJoyeuses fêtes de Pâques à tous, c’est la porte du printemps! Il fait froid en Belgique ce matin mais bonne chasse aux oeufs avec les enfants, c’est toujours un très chouette moment familial. Les chocolats s’imposent même pour les grands…

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Pour ma part, je vous offre, je crois, un joli cadeau à tous.

Connaissez-vous le Google Art Project et l’avez-vous déjà pratiqué? Je vous rassure tout de suite: c’est entièrement gratuit, profitons-en donc sans retenue. Conçu au début 2011, le voici qui connaît depuis ces derniers jours une extraordinaire extension. 

Deux conditions:

–   avoir téléchargé Google Chrome. Pas de panique si cela n’est pas fait, en accédant au site, vous pourrez le faire. 

–   avoir du temps, du temps, encore du temps devant soi car on devient très très vite accro.

Alors, de quoi s’agit-il? La première partie de cette émission de TV5 va tout vous expliquer.

 

Fascinant, non? Comment font-ils? Je vous propose le making of :

 

Et la bande de présentation (désolée, je ne l’ai trouvée qu’en anglais mais c’est très visuel!)

Et maintenant, allez-y, visitez, courez d’un musée à l’autre, jouez à saute-mouton pour chaque ville proposée, enivrez-vous des plus beaux endroits du monde. Une adresse à mettre dans ses favoris pour se régaler les yeux quand on veut !

http://www.googleartproject.com/fr/collections/

Je vous rappelle qu’il faut l’ouvrir avec Google Chrome. Il est téléchargeable gratuitement sur des tas de sites qui le proposent pour tous types d’ordinateurs. Et d’ailleurs en tapant l’adresse ci-dessus sans avoir ce logiciel, on va vous proposer de l’installer.

Une fois cela fait, vous devenez l’amateur d’art le plus heureux du monde et le collectionneur le plus fortuné puisque vous pouvez notamment créer vos galeries personnelles…

Pour les grincheux qui râleront entre deux petits oeufs: « Rien ne vaut l’émotion d’une vraie visite », je leur rétorquerai qu’ils ont raison. Mais que parcourir le monde n’est pas à la portée, financièrement parlant, de tout le monde… Ici au moins, tout un chacun où qu’il soit sur la terre a l’opportunité de découvrir des merveilles et en ces temps barbares que nous vivons, n’est-ce pas l’essentiel?

Moi, le temps de m’essuyer la bouche et les mains de tout ce délicieux chocolat belge et avant de friser la crise de foie, je me connecte : MUSÉES et VILLES D’ART, ME VOILÀ ! 

Un petit plus puisque c’est Pâques, la confection de la visite du musée des arts premiers du quai Branly…

http://groupelesechos.connaissancedesarts.videos.pad.brainsonic.com/playertv//sources/20111207172348_black_player.swf 

L’enchantement musical du Vendredi Saint

En hommage à ma maman qui s’est fait poser aujourd’hui un nouveau genou, pour pouvoir toujours balader à sa guise, rester indépendante et devenir une centenaire (au moins) inoxydable ! (Que je lui ressemble!)

Dans ma jeunesse, aucun sentiment religieux à la maison; mais chaque soirée du Vendredi Saint, le temps s’arrêtait pour écouter de la « grande musique » à la radio. Peu de Bach à l’époque, on oscillait entre Brahms et Wagner.

Souvenirs, souvenirs! Tout d’abord, Un Requiem allemand de Brahms. Interprété par Karajan, si on avait la chance de le voir à la télé (en noir et blanc) c’était un must. Découverte phénoménale d’un chef-d’oeuvre qui vous prend aux tripes, croyant ou pas, la grandeur humaniste vous submerge.

Quelques extraits, mais n’hésitez pas à écouter l’ensemble, bouleversant!

J’ai choisi des extraits d’une version dirigée par Karajan en 1978 à Vienne. D’abord je vous l’ai dit, c’est une réminiscence de mon enfance;  et puis hier 5 avril, c’était son anniversaire (1908).

Vous connaissez la légende de Karajan dirigeant les yeux fermés, soi-disant superstar replié sur lui-même, imperméable à ses interprètes… Jugez par vous-mêmes de la belle alchimie dans la sublime salle du Musikverein, caresses du chef pour le choeur…

Ps après édition: Les amis, regardez les vidéos plein cadre, c’est tellement plus humain! Cliquez sur le cadre tout à droite et ensuite pour revenir à l’écran normal, touche esc!

Echo pour ses chanteurs avec tout d’abord la prise de parole du baryton, une jeune vedette à cette époque, José Van Dam.

Et puis Kathleen Battle, la superbe diva américaine qui par la suite, hélas, a ruiné sa carrière par des caprices inconsidérés. Voix d’ange pourtant!

  

Chez moi, on était wagnérien de père en fils, sauf moi, la fille, réfractaire un bon moment, quelques dizaines d’années. Jusqu’au jour où j’ai découvert Parsifal par l’amour d’une voix… Révélation!

Wagner y est, semble-t-il, subjugué par les religions asiatiques et notamment le bouddhisme. Le même phénomène que vécurent Hergé avec Tintin au Tibet (BD minimaliste presque en noir et blanc) et le chorégraphe Maurice Béjart.

Certains de mes amis mélomanes ne peuvent résister à ces quelques 5 heures de musique coulant comme un flux ininterrompu dans lequel on surnage et/ou on se noie. Moi, j’adore! Le côté hypnotique de cette musique, comme des rubans qui vous enlassent et vous emmènent dans un univers presque psychanalytique… Le temps d’une représentation, on peut se faire une petite analyse et se laisser enivrer par cette musique sulfureuse et sublime tout à la fois. Le divin et le charnel… Je succombe à chaque fois!

Pour le sujet qui nous occupe aujourd’hui, vous faire peut-être découvrir cette oeuvre monumentale à l’occasion de Pâques,  tâche ardue!

Voici le prélude du premier acte, toute l’ambiance est là… Écoutez, cela fait partie des expériences musicales et humaines ineffables! L’orchestre est dirigé par D. Barenboim. Vous êtes dans une salle et cette mélopée monte, monte, monte encore et toujours vers la voûte, puis plonge et s’enroule autour de vous, vous enlace, vous subjugue… Fascinant, non?

PS. Toujours plein cadre, les amis, jusqu’au bout, c’est trop beau! 

Et si vous voulez pousser l’expérience plus loin, voici l’Enchantement du Vendredi saint qui est une pièce chantée à l’origine, même si on la joue souvent au concert comme une simple pièce orchestrale. Extrait d’une représentation du Metropolitan Opera  de New York.

Si vous me suivez toujours ou pas d’ailleurs – recollez au wagon en toute liberté, c’est permis et conseillé ! – voici la fin de l’opéra, un flux d’émotions et de sensations… à ne pas rater!

Chantez, dansez, dessinez, écrivez sur cette musique si cela vous éclate! Remettez-la en boucle si vous voulez…

  

Pâques, sentiment religieux ou pas, qu’importe! C’est le renouveau de la nature, la sublime alchimie de notre Terre, le subtil miracle de la vie. Protégeons-la et faisons-la prospérer pour toutes les bonnes raisons que nous avons, tout un chacun!

Pour ceux qui désireraient s’aventurer plus en avant dans une telle oeuvre, quelques propositions d’écoute (sachant que le choix est affaire intime…):

– Knapperbusch, historique lors de la réouverture après la guerre en 1951 de Bayreuth, émotion!

– Boulez en 1970, épuré, aérien

– Karajan, un festival de sons, enivrant! enregistrement chez DG

– Sinopoli à Bayreuth, si un enregistrement pirate traîne, foncez! – J’avais enregistré sur musicassettes de France-Musique, un trésor génial que je chéris, par ce merveilleux chef iconoclaste trop tôt disparu! Domingo en live 1993 à Bayreuth, challenge inouï !

– Thielemann, en live depuis l’Opéra de Vienne , enregistrement DG (je l’écoute au casque en vous écrivant et c’est divin, sauvage, merveilleusement moderne!) une Rolls roulant à toute vapeur avec tous les risques et les vertiges du direct… Domingo et Meier, le chef, l’orchestre, les choeurs de Vienne, une merveille qui déchire! 

Mais c’est une affaire de goût personnel, le vôtre sera le meilleur puisqu’il vous rendra heureux!

Et sachez-le, Wagner ça s’écoute fortissimo, plein tube ; alors au casque, pour ne gêner personne et pour son immense plaisir personnel et très égoïste!

Triple axel culturel

Canyon_Blaster_looping_-_Circus_Circus.jpegPatrick De Carolis, créateur de l’émission « Des racines et des ailes » puis devenu patron de France Télévisions, s’était reconverti – fort bien d’ailleurs – dans la littérature historico-régionale après son limogeage peu élégant par Sarkozy.

Tentative de rabibochage du pouvoir avec la remise de la Légion d’Honneur et surtout avec ces 3 émissions consacrées au Grand Tour sur France 3.

C’était hier soir le premier numéro. Bonne surprise, l’émission a fait le meilleur score du service public avec plus de 10%, soit plus de 3 millions de téléspectateurs. 

J’ai lu çà et là des propos ricaneurs et ricanants sur ce taux. Pour ma part, je considère cela comme une victoire. Car dans cette émission, pas de people, pas de sensationnel, pas de rivalité mesquine, juste de la culture remise dans son contexte humain, sans chichis ni grands mots, en toute simplicité mais avec une rigueur légère et bon enfant.

Qu’est-ce que le Grand Tour, historiquement parlant?        

Le Grand Tour, orthographié de la même façon en anglais, était à l’origine un long voyage effectué par les jeunes gens des plus hautes classes de la société européenne, en particulier britannique ou allemande, à partir du XVIIe siècle et surtout au XVIIIe siècle, destiné à parfaire leur éducation, juste après, ou pendant leurs études.
Les destinations principales étaient la France, les Pays-Bas, l’Allemagne, la Suisse et surtout l’Italie, puis plus tard la Grèce et l’Asie mineure. Ces voyages duraient parfois plus d’un an, souvent en compagnie d’un tuteur. Ils devinrent une pratique normale, voire nécessaire à une bonne éducation.
Aux XVIIIe et XIXe siècles, le Grand Tour fut l’apanage des amateurs d’art, des collectionneurs et des écrivains, dont Goethe et Alexandre Dumas.
Le Grand Tour eut pour effet de mettre en contact la haute société de l’Europe du Nord avec l’art antique.

Donc du chiant, de l’élitiste à tout grand va, du « on se la pète grave, intello et total bourge »… 

Ben non, na! 

Pour ce premier numéro, le voyage valait son pesant de cacahuètes: Naples, Bahrein, l’Écosse et Édimbourg, New York-Broadway. Destinations disparates? Pas du tout, la filiation était limpide! Des invités aussi variés que Philippe Jaroussky, Nolwenn Leroy, Barbara Schultz, Whoopi Goldberg, des archéologues, des prêtres, des santonniers, des danseurs, un spécialiste du kilt, des nobles écossais…

Patrick De Carolis joue le candide narrateur et interviewer, en français, en italien et en anglais. Son talent de conteur, l’intelligence des enchaînements, l’originalité des sujets traités rendent cette émission toujours passionnante, légère, ludique et instructive.

Un très grand moment de bonheur où l’on a retrouvé une fraîcheur, un allant qu’a peut-être parfois un peu perdu « Des Racines et des ailes ». Juste un petit bémol: les musiques servant de lien, elles m’ont semblé assez vulgaires eu égard à la haute tenue de l’ensemble. 

Et ce matin en écoutant RTL et en sachant que plus de 3 millions de téléspectateurs avaient partagé mon bonheur et mon envie de connaissances et de belles histoires, cela m’a réconciliée avec l’humanité après toutes les horreurs vues et proférées ces dernières semaines.

Ne jamais prendre le téléspectateur pour un niais et un naïf, le beau crédo! Merci, Monsieur De Carolis!

Voici la bande annonce de l’émission. Si vous ne l’avez pas vue, cherchez à la revoir sur TV5 ou sur Internet et surtout, ne ratez pas les prochains numéros. C’est beau, convivial et passionnant. Rien que du bonheur, profitez-en, en overdose!

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