Quand l’envers vaut bien l’endroit

Le week-end dernier grâce aux journées européennes, étaient à l’honneur les métiers d’art.

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La pub vous proposait d’entrer dans les coulisses et de rencontrer des femmes et des hommes de passion… C’est exactement l’expérience que nous avons vécue samedi après-midi en visitant pendant plus de deux heures les ateliers de l’Opéra de Wallonie.

J’en rêve depuis des années, d’autant que je peux contempler l’extérieur du bâtiment à chaque promenade canine sur le RAVEL. Cette fois, j’ai franchi les portes de cette véritable caverne d’Ali-Baba!

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à gauche, le grand hall des décors et accessoires –  au milieu, administration et ateliers, magasins à vêtements – à droite, ferronnerie, menuiserie, peinture…  

Dès le départ, ce fut vraiment l’impression ressentie, une vraie caverne enchantée ! Un immense hall avec d’énormes étagères où tous les accessoires sont parfaitement rangés. On est invité à toucher pour bien se rendre compte de l’illusion produite mais surtout ne rien déplacer…

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Les ombrelles de Madama Butterfly, le trône d’Attila, les énormes jarres en frigolite… sans oublier les monstres hideux et les victuailles en tous genres plus ou moins appétissantes, quel magasin hétéroclite! On ne sait où porter les yeux. Notre guide presse un rien la manoeuvre, on n’en est qu’au début des découvertes!

Nous passerons  ensuite à l’atelier ferronnerie, à la menuiserie et à la peinture. Le personnel est présent et nous explique les futurs décors de La Gazzetta et la maquette de la scène tournante pour La Cenerentola, l’ouverture de la saison prochaine…

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Ce seront ensuite les ateliers de perruques (au poil de yack cardé, coloré et noué sur un filet brin par brin) et des chapeaux, celui des masques et colifichets où une jeune femme nous explique avec la passion dans les yeux, tous ses essais, toutes ses inventions pour confectionner des masques selon le dessin du décorateur, et puis celui de la couture… Le costume d’Otello me bluffe totalement. Tout est parfaitement exécuté, avec une méticulosité incroyable alors qu’on pourrait se dire qu’on a travaillé un peu grossièrement puisque ce sera vu de très loin. Mais non, quel luxe de détails, quelle précision, quelles finitions soignées! Total respect, mesdames et messieurs. Ici, on travaille encore sur les costumes de Zemire et Azor…  

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On jettera un oeil sur les godasses toutes plus improbables les unes que les autres et la cordonnière nous livrera ses petits secrets…

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Il nous reste… le magasin à vêtements! Tous les vêtements de plusieurs productions lavés, repassés, étiquetés et classés de haut en bas, il y en a partout, des milliers!

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Des ceintures barbares, des haillons, des brocards se côtoient, on ne sait où donner de la tête, des yeux…

Mais tout a une fin, nous nous sommes promenés pendant deux heures et demie dans un envers du décor fascinant. Nous avons été reçus par un personnel accueillant, passionné, inventif, fier de partager son savoir-faire, heureux d’être pressé de questions.

Oh oui! L’envers du décor vaut bien l’endroit, il y a tout autant de passion et d’amour du travail bien fait. Il y avait de nombreux enfants dans notre groupe de visite et mon espoir serait que quelques-uns parmi eux aient soudain découvert ce qu’ils voudront faire plus tard : être artisan d’art. Passeport pour être heureux dans son métier !  

Beaucoup d’autres photos sympas vous attendent dans un diapo au-dessus, colonne de droite. Ca vous donnera inévitablement l’envie de partir à la découverte l’an prochain! 

Merci, mon amour…

En 34 ans, quelques plaies et bosses inévitables. Mais surtout de l’amour et de la joie. Qu’est-ce qu’on s’est bien amusé ! Jusqu’au dernier jour…  

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L’Asie a toujours fait partie de nos vies. Fiancés, nous partions en virée dans les restaurants asiatiques de Maastricht. Dans la foulée, nous avons adoré la cuisine thaïe. Ensuite nous avons découvert en vrai et avec éblouissement l’Inde, le Cachemire et l’Himalaya. Puis, tu as été le plus heureux des parrains en voyant ton petit Sumo devenir un redoutable Samouraï. Toi, l’impulsif, tu as aussi cherché une certaine sagesse. Enfin, j’ai découvert dimanche dernier, ton ombre apaisée à mes côtés, un superbe jardin japonais…

Arigatô à toi,  mon homme. Merci, mon amour! 

Musée criminel

Ne boudons pas notre plaisir. The Monuments Men est un chouette film divertissant et à la distribution alléchante. Certes typiquement américain, pétri de bons sentiments et un peu trop superficiel à mon goût, mais qui a le mérite de mettre en lumière un épisode de la 2ème guerre mondiale peu connu du grand public : sur l’ordre d’Hitler, le pillage des musées européens et des collections appartenant à des juifs, la destruction des tableaux de l’art « dégénéré » par les nazis ; les tentatives de sauvegarde et la recherche des oeuvres d’art subtilisées, par les Alliés et le petit bataillon des Monuments Men. 

Ces fameux Monuments Men existèrent bel et bien. En voici  sur cette photo aidant la population à mettre à l’abri une Vierge de l’église de La Gleize (Ardennes belges). 

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Ils ont tout d’abord fait l’objet d’un livre: http://www.editions-jclattes.fr/livre-monuments-men-robert-edsel-319044  qui inspira ensuite le film. L’auteur  mentionne dans le titre le nom de Rose Valland (et non pas Vaillant)et son action au Musée du Jeu de Paume à Paris. Une plaque commémorative y a d’ailleurs été installée afin que les mateurs d’art sachent ce qu’ils lui doivent.

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Un lien pour en savoir plus…

http://www.veroniquechemla.info/2010/05/la-dame-du-jeu-de-paume-rose-valland.html

L’action de Rose Valland est aussi mise en exergue dans le film  Le Train ( le personnage de Melle Villard joué par Suzanne Flon) dont le scénario est en partie inspiré de son livre Le Front de l’art. Dans  Monuments Men, c’est le personnage de Claire Simone interprétée par Cate Blanchett. 

 http://fr.wikipedia.org/wiki/Le_Train_(1964)

Mais Rose Valland ne fut pas la seule.

Le film The Monuments Men m’a fait repenser à une lecture d’il y a bien des années et qui racontait ces actions muséales. En effet dès le début de 1939 avant la déclaration de guerre, les conservateurs et les employés des Musées de France avaient entrepris un grand sauvetage. Les oeuvres les plus significatives, et sans doute celles qui seraient les plus prisées des Allemands, furent déplacées des grands musées, déménagées par camions, voitures particulières et même roulées sous le bras ou dans des valises, et cachées dans des églises ou des châteaux peu connus des campagnes françaises.

51Y7SF6AYDL.jpegC’est ce que raconte Frédérique Hébrard  dans La Chambre de Goethe.

La petite Frédérique habitait au Château de Versailles. Ses parents étaient conservateurs au Musée du Louvre (son papa André Chamson fut également un célèbre écrivain et grande figure républicaine de la Guerre d’Espagne et du Front Populaire). La guerre approchant, ils transportent tout d’abord les oeuvres (dont la Joconde) à Chambord. Puis ils envoient la petite fille à l’abri dans sa famille protestante à Nîmes puis dans le pays cévenol. Ils la rejoignent, traversant toute l’Ardèche à pieds, emportant sous le bras quelques tableaux dont un Poussin… Ils participent à la résistance et finissent par s’établir à Montauban, cachant de nombreuses oeuvres du Louvre (dont la Joconde) au Musée Ingres.

image_155.jpegLeurs amis conservateurs s’éparpillent ainsi dans toute la zone libre avec la même mission. Des hommes et des femmes ordinaires (Sa maman Lucie Mazauric conserve son poste au Louvre et traverse régulièrement la ligne de démarcation) qui à nos yeux et au su aujourd’hui des risques encourus, sont de véritables héros eux aussi. Un livre dont je vous recommande chaudement la lecture (comme d’ailleurs bon nombre de ceux de Frédérique Hébrard, véritable auteur humaniste dont le talent est un rien occulté par le fait qu’elle est l’épouse du comédien Louis Velle et auteur de scénarii de séries télévisées populaires).

Les Monuments Men, Rose Valland et la saga des conservateurs de musées se croisent dans l’extraordinaire film Le musée d’Hitler (où apparaît d’ailleurs Frédérique Hébrard). Je vous le propose ci-dessous en cinq  épisodes. C’est une enquête passionnante, extrêmement bien documentée et orchestrée avec suspense, mieux que le Da Vinci Code, mieux décidément que Monuments Men (On peut imaginer que Clooney l’ait visionné et que son film en soit une version hollywoodienne abrégée et édulcorée…) ! Disponible aussi en DVD.

(P.S. je ne suis pas responsable de la « fôte » d’orthographe de l’éditeur…)

par Super_Resistence

  

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par Super_Resistence

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museehitler.jpeghttp://www.tagtele.com/videos/voir/58350/

Le lien ci-dessus vous permet de voir le film en entier mais n’ayant de « code embed », il doit se visionner sur ce site, attention un peu long à télécharger…

Ci-contre, la couverture du DVD.

(Ce film documentaire est aussi passé sur ARTE en février 2014, je crois)

Et décidément, oui, je vais vous reparler bientôt de Frédérique Hébrard, « une bien belle personne » comme on dit aujourd’hui. Je vais profiter des vacances pour relire quelques-unes de ses oeuvres, et puis je vous ferai partager!  

 

 

  

Cerises en neige

P1020822.JPGIl a neigé cet après-midi, la preuve!

À Hasselt et nulle part ailleurs.

Au jardin japonais que Stéphane, Kaoru et les enfants m’avaient proposé de visiter avec eux. Bonheur de découvrir un lieu qui m’intriguait depuis longtemps, en harmonie désormais avec Theo, le filleul de mon homme, et Kaoru, la compagne de son cher Stéphane.

Plaisir, bonheur de voir les quatre enfants s’aimer avec une si belle connivence, le club des quatre: Anaïs, Noah, Simon et Theo.

Chère Anaïs qui devient une belle jeune fille, toujours aussi tactile avec qui j’ai fait toute la promenade bras dessus bras dessous, et qui, selon son papa, a la vocation de l’enseignement grâce à moi. Quelle responsabilité !

Noah, sensible et mystérieux, si proche dans le physique et les attitudes de son papa, devenu un vrai romantique avec les cheveux longs. J’ai toujours aimé le regard qu’il posait sur les choses et les êtres, parfois bien grave et mélancolique pour un enfant mais toujours bienveillant,  et le voir prendre le reflex de son papa et avoir, avec son corps, des vraies attitudes de photographe instinctivement, quelle joie ! L’objectif le protège et lui permet ainsi de se révéler.

Simon, ah Simon! Il s’est emparé de mon appareil et a été un vrai reporter fantasque de la promenade. Son but: faire plus de 300 photos, il y est arrivé, et j’ai dû trier… Lui, son truc du futur, c’est la bagnole! Oh, garçon, ça m’interpelle comme on dit aujourd’hui, tu vas t’entendre avec Thierry!  

Theo? Il grandit, est déjà redoutable en stratégie et en art martial avec sa médaille toute fraîche, court comme un cabri, parle un bien beau français et est sur le chemin de la sagesse japonaise sur les conseils de sa maman. j’ai aimé qu’il se souvienne spontanément de son parrain, je prendrai le relais, garçon, promis! 

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Noah, Simon, Stéphane, Anaïs, Theo et Kaoru

Stéphane et Kaoru, merci pour ce beau dimanche que vous m’avez fait partager en ces temps un peu difficiles!

Simon et moi vous proposons un album-photos de notre visite, au-dessus à droite comme d’habitude. Ce lieu enchanteur est superbe avec les cerisiers en fleurs mais aussi en toutes saisons. À moins d’une demi-heure de Liège… 

http://toerisme.hasselt.be/fr/284/content/3742/jardin-japonais.html

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Oh Toulouse !

c01d1ca9e453db77288872ec600ecabe-1385104029.jpegJe ne puis que vous engager à aller visiter l’exposition consacrée à Toulouse-Lautrec au Château de Waroux à Alleur. L’exiguïté des lieux ne permet pas de présenter des oeuvres importantes en taille, c’est notamment ce qui m’avait déçue lors de la précédente exposition sur l’impressionnisme.

Par contre, je suis sortie de celle-ci avec l’envie d’y revenir pour admirer tout à mon aise ces chefs-d’oeuvre (nous étions en groupe et dans ce cas, on ne peut pas retarder éternellement la majorité des participants pour son seul plaisir égoïste). Un unique tableau et quelques affiches, mais l’essentiel de l’expo rassemble une centaine de dessins, sanguines, esquisses et lithographies dont les tailles et les sujets d’inspiration s’accordent parfaitement à l’intimité des coins et recoins du château.  chateauWaroux.jpg

  

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Le grand sujet d’inspiration de l’artiste: la femme. Qu’elles s’appellent Jane Avril, La Goulue ou Yvette Guilbert, l’artiste nous les présente dans leur intimité parfois la plus crue, il les croque en quelques traits confondants d’expressivité. On sort de ce parcours émue et enthousiaste. Quelques clichés ci-dessous et comme à l’habitude, un album vous attend en haut dans la colonne de droite.

45 photos de simple amatrice que je suis mais qui, je crois, vous donneront envie d’en voir plus et en vrai !

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Vous terminerez votre visite dans la superbe chapelle avec comme à chaque fois, un excellent petit documentaire projeté  et si le temps le permet, promenez-vous dans le parc où trônent quelques arbres séculaires remarquables. Une visite champêtre et culturelle que je vous recommande chaudement!

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Des infos intéressantes (l’histoire du château) et utiles : http://www.chateau-waroux.be/

Justice et politique

Je ne résiste pas , chers amis qui ne me suivez pas sur Facebook, à vous faire partager une perle que je viens de redécouvrir. Suite à la lecture de deux billets sur Mozart et Riccardo Muti sous la plume de Jean-Pierre Rousseau ( http://jeanpierrerousseaublog.com/ ), m’est revenu en tête le souvenir du grand plaisir que j’avais ressenti à l’écoute des Noces de Figaro dirigé par ce chef, un enregistrement que j’avais trouvé très vivant, « du peps comme dans la Folle Journée de Beaumarchais » ai-je écrit (avec notamment le merveilleux baryton Thomas Allen, trop peu connu chez nous).

Coincée à la maison pour raison de maladie, je me suis amusée à revoir quelques vidéos du merveilleux film « Beaumarchais l’insolent » d’Édouard Molinaro. Au gré de ma navigation, voici la perle que j’ai trouvée ! Je suis encore toute retournée de l’incroyable actualité de cette scène.

Voici mon commentaire à chaud publié sur Facebook et puis la perle en question. Ah, vous ne regretterez pas d’avoir fait le voyage !!!!        

Il y a de l’actualité là-dedans… des propos que l’on pourrait mettre dans la bouche de certains de nos contemporains. Regardez tout, les amis, c’est du caviar! Et quelle distribution! Oh, je sens que je vais me repasser le film en entier ce soir et que je vais me délecter de certains répliques! Du bonheur en perspective dû à une conversation virtuelle sur Les Noces de Figaro avec Monsieur Rousseau ! (Le nôtre évidemment!)

par mariodelpais

Le phare, oups!

Personne ne peut ignorer que 2014 verra la commémoration du centenaire du début de la Grande Guerre. Une monstrueuse boucherie, d’immondes combats dans les tranchées, la première guerre chimique et aérienne… celle qui fut si terrible qu’on espéra qu’elle fût la dernière. Elle ne fut que la Première, hélas, du siècle et marqua, selon les historiens, le vrai début du 20ème siècle par les bouleversements militaires, politiques et sociaux qu’elle engendra (dont la Révolution russe de 1917).

Liège se retrouva en première place dans l’offensive allemande. Elle se battit farouchement et les forts aux alentours payèrent un lourd tribut. Cette résistance héroïque lui valut la Légion d’Honneur.

45225_10201043451755155_1793110175_n.jpgDès les années 20, l’idée d’un monument inter-alliés prit corps. Il fut construit sur la colline de Cointe : une esplanade, une tour et une basilique. Dorénavant, ce monument fait partie du paysage liégeois même si peu d’habitants l’ont jamais visité !

Je me souviens qu’à la fin de la première campagne de restauration (dans les années 60), mon père nous y avait emmenés, c’est la seule fois que j’y suis allée…

Ce monument revint au devant de l’actualité lors du creusement du tunnel sous la colline de Cointe et son état de délabrement avancé fit craindre la démolition de la basilique.

Ce fut alors la candidature de la ville à l’exposition universelle de 2017.  Parmi les projets de Liège 2017, il y avait celui de la restauration de l’ensemble et l’installation d’un phare au sommet de la tour. Liège perdit le combat contre Astana mais le projet de restauration survécut et prit un nouveau souffle avec les comménorations de la Grande Guerre. La tour sera accessible avec de nouveaux ascenseurs et permettra d’avoir une vue de 360° sur la ville et la région.

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Les édiles s’inspirèrent du phare placé sur la Tour Eiffel (Paris deux fois car la basilique est elle aussi « du Sacré-Coeur » et visible de partout comme celle de Montmartre). Des essais eurent lieu, levée de bouclier des écologistes inquiets des perturbations pour la vie animale nocturne, des traqueurs des travaux inutiles. Le projet final semble avoir tenu compte de ces préoccupations et l’inauguration devrait (peut-être) avoir lieu le 4 août lors de la venue des chefs d’États à Liège. Sûrement lors des journées du Patrimoine. Photos des premiers essais…

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Le « momunent de Cointe » comme on l’appelle à Liège s’impose dans le paysage de la ville (sur la colline verdoyante à droite de la tour Kennedy, rive gauche).  

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Sauf que, sauf que… l’autre jour en empruntant la Passerelle comme souvent pour me rendre à mon travail, j’eus une vision d’horreur ! Je vous explique. La Passerelle est sans doute le pont de Liège le plus fréquenté par les touristes (sur la photo ci-dessus, celui du milieu). Il est pietonnier, se trouve en bordure du Coeur Historique et relie celui-ci au quartier d’Outremeuse, où les touristes partent à la découverte de Grétry et de Simenon. Si on reprend la ressemblance avec Paris, cette passerelle est le pendant du Pont des Arts, et d’ailleurs lentement mais sûrement  on y installe également les cadenas d’amour ! Quel plus beau point de vue romantique, un soir d’été, pour regarder le phare!!!

Eh ben, c’est raté! Je me suis fendue hier au petit matin de deux photos pour vous montrer le gâchis !

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La nouvelle tour des finances, construite en toute illégalité, cache désormais totalement la tour-phare… 

Requiem donc pour la vue romantique et superbe qui aurait pu faire la renommée de Liège- sur-Meuse !  

Le monument inter-alliés, lui, complètement restauré, attend ses premiers visiteurs et les photos proposées sur ce site donnent vraiment envie d’aller y faire une visite!  

http://www.buildingsagency.be/realisatieberichten_fr.cfm?key=105#1

PS – Pollution atmosphérique bien visible sur ces photos…

Aida en toute intimité

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Aida, opéra pharaonique qu’il faut avoir vu, pour les bobos, aux Arènes de Vérone ou au Stade de France. Mais Aida, opéra intime… Voilà le postulat proposé par Jean-Marc Onkelinx dès le début de sa conférence au Foyer Grétry de l’ORW ce mercredi dernier. Je soupire d’aise, c’est mon avis depuis toujours ! Et que JMO (comme on dit entre nous) le partage et le défende, waouh! 

Alors le côté gradiloquent de l’oeuvre, il nous en parlera pour expliquer l’originalité de ces trompettes thébaines qui scandent la scène du triomphe, leurs métamorphoses « pistonnesques »  jusqu’à la prise en mains par Adolphe Sax. La question des pistons, ça le connaissait, le Dinantais !

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Après, après, ce ne furent que poésie et passion intime. Ah, le prélude… car oui, dans Aida, il n’y a pas d’ouverture mais un prélude qui commence avec des cordes soyeuses qui se frottent,  un prélude qui va crescendo en se parant de la tragédie et qui finit tout nu comme une mélopée murmurée. Déjà un monde musicologique en soi… Les frissons, nous les avons dus à Karajan et les Wiener, sublimes. Pas retrouvés sur le net, alors je vous propose Harnoncourt, question de faire chic et sérieux!!!

Nous passâmes ensuite aux portraits musicaux des 3 personnages principaux : Aida, Amneris et Radamès. Et là encore, quelle économie de moyens, quelles astuces géniales, quelle virtuosité chez le maître de Busseto que certains wagnériens avaient catalogué comme un rustre paysan… Verdi cherche à recomposer un univers musical antique qui nous reste inconnu encore aujourd’hui et pour moi par exemple, l’introduction de la scène du Nil est miraculeuse, impressionniste. On y entend le clapotis de l’eau, le bruissement des papyrus, les cris des animaux dans la nuit… Version Sir Georg Solti, un peu crachotante, je m’en excuse.

Dans ses explications musicologiques et… corporelles (!), JMO fit souvent référence à Don Carlos, l’opéra précédant Aida, et à sa modernité. Déjà aucune ouverture. Et puis le personnage éponyme de l’opéra est broyé par la raison d’état et la religion sans que le compositeur lui ait fourni en compensation un air de bravoure. C’est ce que constatait ironiquement Plácido Domingo dont c’était, malgré cela, un des rôles préférés pour sa puissance émotionnelle et humaine, disait-il. Avec cet opéra tout en noirceur, on entre ainsi de plain pied dans la modernité de l’opéra italien. Dans Aida, on retrouve le même cas de figure : Amnéris est sacrifiée, c’est un immense rôle de mezzo mais qui n’a aucun air de bravoure, elle non plus. Et pourtant, ce rôle, toutes les mezzos en rêvent!

Qu’Aida soit au départ une commande, une oeuvre « commerciale » n’empêche en rien qu’à l’arrivée, ce soit un chef-d’oeuvre d’une originalité absolue. On sait que Verdi poussera encore plus loin la modernité avec Otello et Falstaff. Mais Aida reste une oeuvre à part, par la recherche du compositeur à recréer une « couleur locale » un peu comme plus tard, Puccini fera des recherches sur les musiques japonaises et chinoises. Et à propos de Puccini, son héroïne Tosca faillit elle aussi ne pas avoir « d’air ». « La Prière » au 2ème acte résulte d’une concession à la créatrice du rôle, certains d’ailleurs pensent qu’elle casse la tension dramatique de la scène entre Scarpia et Tosca. 

13624776.jpegPour en revenir à Aida, JMO nous a proposé cette version vraiment  belle avec des Viennois en très grande forme.

Pour ma part, voici ma préférée. Elle a presque 40 ans mais n’a en rien perdu de sa modernité. Muti y crée une urgence en bousculant un rien les tempi, pense à Debussy dans l’évocation des rives du Nil et permet à Domingo de parler comme un acteur pour exprimer son désespoir dans le trio avec Aida et Amonasro. Et ma foi, la distribution est royale.

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Quel sera le choix de la production liégeoise? Pharaonique ou dépouillée?  Je me souviens d’une version il n’y a pas très longtemps à Orange (avec un Alagna superbe, bien remis du scandale de la Scala) où les chanteurs portaient des sortes de peplums plissés blancs et se dénudaient souvent. Simple et chic.

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Une autre version (peut-être à Liège?) où l’on assistait au triomphe installé comme dans un coin en ne voyant qu’une partie du défilé des troupes.

Quoi qu’il en soit, il nous restera la musique sublime de Verdi, l’essentiel.

(Mais j’aimerais tout de même qu’on nous évite les tanks comme à Paris, ça me gâcherait la fête)

Lanterne magique

J’ai toujours eu un peu de mal avec une distribution de cadeaux. Je suis souvent tellement émue que j’ai bien difficile d’exprimer ma joie et ma gratitude auprès des amis qui me fêtent. Et à l’avance, je stresse : vais-je être suffisamment expansive pour leur montrer combien leurs gestes d’amitié me comblent?

Que cet aveu ne les décourage pas, j’adore les cadeaux!

Hier donc, j’ai sauté la dizaine d’années qui conduit à la retraite. Et mon amie Barbara n’avait pas ménagé sa peine pour me fêter dignement (3 paires de chaussures usées, selon ses dires, à arpenter la ville en quête de ce qui me ferait plaisir).

Elle me réserva une jolie carte avec un émouvant compliment, des pralines Manon (mon petit péché de gourmandise…), une jolie écharpe pour « porter belle » aux spectacles, une jolie fleur en tons acidulés tout printaniers et puis.. une boîte à pizza!

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Pas de relent d’aïl, de poivrons ou autre parmesan… Alors, j’ouvre ! Je contemple dubitative et mon amie vole à mon secours : « C’est la lampe que tu aimes bien ! » Barbara, je veux bien te croire mais… d’accord, faut que je donne du mien, je dois construire!

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Et alors, et alors… le rêve absolu! Je déploie petit à petit ces petites lamelles de plastique qui se transforment en cette lampe que j’ai si souvent admirée à l’étalage d’un magasin de la rue Saint-Remy ! Merveille, je reste baba! 

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Nous allons nous amuser à la triturer, elle accepte toutes les positions ! Cette lampe géniale, c’est « Eclipse » du designer Maurício Klabin.

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Mais nous n’avions pas encore tout expérimenté. Le soir venu, la métamorphose nous a subjuguées. Nous nous sommes amusées à tourner autour, la photographiant à qui mieux mieux et nous esbaudissant du miracle des formes toujours changeantes!

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Lampe fascinante ! Merci, chère Barbara, voilà la beauté qui reconquiert petit à petit mon logis avec en plus et surtout, la lumière de l’amitié!

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Je vous propose un petit album de photos pour que vous partagiez notre éblouissement et puis un commentaire sur le designer qui a conçu cette lanterne magique!

Eclipse est une création brésilienne, qui rappelle un peu les créations de Panton. La lampe est constituée d’une unique bande de plastique blanc enroulé que l’on peut positionner comme on veut. Les pieds aussi sont positionnables dans différentes positions, grâce à des petits patins mobiles.
L’emballage est original aussi car il s’agit d’une boîte à pizza blanche avec une sérigraphie spécifique.
L’éditeur est Objekto, société marseillaise qui s’est joliment spécialisée dans la distribution de mobilier et objets design brésilien.
[url]www.objekto.fr[/url]

Mauricio Klabin, parti trop tôt en 2000 à l’âge de 48 ans a créé du mobilier pour Cassina entre autres. Il avait dessiné cette lampe en 1982, avec un souci principal : garder le design accessible.
Eclipse fait partie de la collection permanente du MoMa de New York.

A propos de la lampe Eclipse, Mauricio Klabin déclarait : « Je pense que le travail d’un designer doit être de bonne qualité, beau et bon marché. Avec la lampe Eclipse j’ai surmonté le trauma du design cher. Cette lampe était prête de nombreuses années avant que je ne la produise en série. J’avais l’idée mais ne souhaitais la lancer qu’à partir du moment où j’étais en mesure de la fabriquer à un coût réduit. Le design doit être accessible par la plus grande majorité d’entre nous. Je ne pense pas qu’il soit bon ni même souhaitable de créer des objets pour une demi-douzaine de personnes seulement. J’ai besoin qu’existent des objets populaires. ».

Venise évidemment

Pardon à mes fidèles lecteurs qui se rendaient sur mon blog (le compteur tournait) et qui ne voyaient rien de nouveau venir. Un vilain refroidissement dans l’épaule droite depuis la fin de la semaine dernière a condamné ma souris au repos – je pouvais juste pianoter sur ma tablette. Aujourd’hui, ce n’est pas encore la gloire mais à coup de paracétamol et d’anti-inflammatoire, on sort, elle et moi, de notre torpeur.

Condamnée au repos donc dans le canapé avec plaid et bouillotte, j’ai découvert et lu avec bonheur une auteure bien plaisante : Donna Leon.  À vrai dire J’étais tombée amoureuse de sa création, le commissaire Brunetti grâce à la série télévisée qui passait sur France 3 tous les dimanches de cet été. Tout pour me plaire, cet homme-là: Italien, Vénitien, un rien mélancolique et désabusé tempérant cela grâce à une bonne dose d’humour, sillonnant la Cité des Doges en tous sens et fin gastronome (il cuisine fort bien à l’occasion). Série allemande mais vraiment très italienne, on est loin de Derrick, je vous rassure!

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Il a une famille : sa femme Paola professeure d’anglais et descendante de doges vénitiens par son père et de papes florentins par sa mère, des enfants, un appartement improbable avec une terrasse sur un canal enchanteur ; un fidèle collaborateur : Vianello et un sous-questeur d’anthologie :Patta.

J’ai donc décidé de passer à la version livresque. J’ai choisi « Mort à la Fenice », une enquête tournant autour du meurtre d’un célèbre chef d’orchestre. C’est le premier de la série, quelle chance! Et j’adore…

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 Donna Leon est Américaine, vit depuis plus de quarante ans à Venise, aime la cuisine italienne, la musique classique et Cecila Bartoli. Si vous appréciez aussi tout ça, vous allez adorer ses livres que je vous recommande chaudement. En ces temps de carnaval, embarquez donnc sur une gondole ou un vaporetto!

Et si au détour d’une rediffusion vous retrouvez la version télévisée, laissez-vous aller… c’est bien aussi, de se promener de visu dans Venise ! 

Quelques liens pour faire sa connaissance:

http://www.lefigaro.fr/livres/2014/02/20/03005-20140220ARTFIG00008-donna-leon-la-dogaresse-du-crime.php 

 http://www.donnaleon.fr/