Dimanche dernier, sortant de mon expo sur Eugène Atget en plein Marais avec en plus un beau temps inespéré, j’ai flâné sans plan, au gré de mes envies dans ce Paris presque médiéval. Promenade délicieuse qui débute dans le jardin du musée Carnavalet.
J’avais fait une halte parisienne le mercredi précédent et j’avais vu les colonnes de voitures sur les voies sur berge quitter la capitale. La plate-forme Méditerranée de la gare de Lyon était prête à exploser même à 21h, heure de mon TGV pour Avignon. Pas de soucis, me suis-je dit, l’exode sera compensé par les touristes qui vont arriver. Que nenni!
Au retour, ce dimanche à Paris, c’était le calme plat. Oui, quelques touristes faisant la dorsale « Place des Vosges-Beaubourg » mais en prenant les tangentes, rien que du bonheur! Quand je vous dis du bonheur, oui, du vrai bonheur! Les familles qui déambulent, les enfants qui jouent dans les rues que la préfecture avait rendues piétonnes…
Je me suis vite donné un but: partir à la découverte des multiples squares du quartier. Et alors, on découvre que Paris, outre ses grands espaces verts, est jonché au sein de ses quartiers les plus peuplés, de milliers de petits espaces qui font la joie des enfants, des parents, des touristes qui s’y reposent…
Une grande cheminée a attiré mon attention et m’a conduite au jardin Francs-Bourgeois-Rosiers derrière la maison de l’Europe. Havre de paix à deux pas de la cohorte de touristes pressés :

J’ai enchaîné avec le jardin de l’hôtel Lamoignon, celui du musée Cognac-Jay et bien d’autres…

Des familles, des enfants, des promeneurs solitaires, des rêveurs, que c’est beau à découvrir dans cette ville tentaculaire. Une vie de quartier faite d’enfants qui jouent dans la rue, à la patinette, au roller, au foot… en plein Paris, on croit rêver!

Et c’est ainsi que j’arrive tout en douceur au square du Temple et à son Carreau en pleine rénovation.


Je me promène dans le « vrai » Paris, celui des familles qui se baladent en ce bel après-midi dominical, celui des copains et copines qui boivent un coup de blanc, des amoureux qui se bécotent sur des bancs publics. Tout est calme, joyeux, apaisé. Farniente parisien, quel luxe!
Je vais de vert en vert, au gré des rues, je repère les îlots et je saute de l’un à l’autre avec un savoureux plaisir. Puis les balcons prennent le relais, avec des trésors d’ingéniosité.

Il y a aussi des paradis bien cachés…


Des terrasses insoupçonnées, toutes de fraîcheur et d’incognito!
Quelles merveilles pour ceux qui peuvent en profiter mais surtout pour nous qui en rêvons!
C’est ainsi que je me suis laissée « couler » vers le Forum des Halles.
Je l’avais quitté l’été dernier en ruines, il n’existe plus aujourd’hui. Une sorte de grand vide. Pas vraiment de regret car il finissait par devenir hideux de vieillesse. L’espoir de le voir renaître avec le grand projet de la canopée…


Remontée par la rue Montorgueuil, une grande faim m’a envahie et j’ étais sûre d’y trouver de quoi me sustenter: un Monop’ , petit relent du ventre de Paris.
Et pourquoi pas remonter la rue du Faubourg Poissonnière? Chiche pour mes pieds endoloris!
La Gare du Nord n’est pas loin mais le jardin de l’église Saint Vincent de Paul place Franz Liszt avec son joli jardin d’enfants me permet une dernière halte hautement appréciée!

Pas de doute, Paris est une ville verte pour qui sait prendre les chemins de traverse !


Mais hier après-midi, une visite au musée Carnavalet à Paris m’a fait découvrir l’oeuvre incroyable d’un autre grand photographe parisien: Eugène Atget (1857-1927). Il nous livre des milliers de clichés de Paris au début du XXème siècle. Après les travaux haussmaniens certes, mais le témoignage d’un monde qui disparaît puisqu’il est admis aujourd’hui que la Grande Guerre marque le tournant d’une époque, l’entrée dans la modernité telle que nous la concevons aujourd’hui. Des photos d’avant 1900, ça fait rêver, non?



Atget croisa la route de deux Américains : Man Ray, qui lui acheta des photographies revenues d’Amérique pour l’exposition, et Berenice Abbott qui le photographia et s’inspira de ses travaux. Comparons le cliché d’Atget à gauche et le célèbre Flatiron d’Abbott à droite…


6 mai 2012
Quoi, du vin dans les Landes, des vignobles entre pins et plages?
Jusqu’à plus soif, disais-je… Pas si sûr! je pense que vous avez, au contraire, les papilles en émoi.

En 2003, l’objectif des vacances d’été: le pays des Landes. 2003, ce fut « la canicule ». Oui, il fit chaud, nous faillîmes périr corps et biens à Mont-de Marsan, superbe ville mais surchauffée par un soleil de plomb. Près de Mimizan où nous campions, nous y échappâmes un peu par la brume du matin et l’inévitable pélerinage à la plage le soir pour voir le soleil sombrer dans la fraîcheur marine. Grandes promenades également sous les pins en bord de mer avec mon chien Bacchus qui me faussait compagnie en escaladant les dunes et en se jetant avec frénésie dans les vagues fraîches! 



Par de petites routes rafraîchies par les bocages (un luxe cet été-là), nous avons atteint le vignoble de Tursan.
Par la suite, rentrés au pays les papilles aiguisées par cette appellation peu connue mais décidément intéressante, nous avons rencontré au salon de Lille un couple de vignerons charmants, présentant de superbes produits: Monsieur et Madame Dulucq du domaine La Perchade. Au fil du temps, ce sont devenus des amis. Un de ces jours, nous irons leur rendre visite dans leur beau pays!


a fin du XIXe siècle, en pleine révolution industrielle, les clochettes n’ont pas encore investi les rues. La fleur d’églantine règne en maître lors du 1er Mai : sa couleur rouge reste le signe de reconnaissance des ouvriers qui défilent sur le pavé pour réclamer l’abaissement de la journée de travail à huit heures. Pas question pour les socialistes de choisir le muguet blanc, surtout connu des Parisiens et associé depuis trop longtemps au culte de la vierge Marie fêtée au mois de mai – les clochettes symbolisant les larmes de la mère du Christ. Les fleurs d’églantine, cultivées au nord de la France, là où se déroulent les premiers rassemblements massifs d’ouvriers, deviennent naturellement le signe de reconnaissance des manifestants, et les policiers commencent à surveiller de près ces contestataires à la « boutonnière fleurie » en tête des cortèges.
Le muguet symbole de la réconciliation nationale
L’Europe après les deux conflits mondiaux du 20ème siècle a eu besoin de main d’oeuvre bon marché pour relancer son économie. En Belgique, de la nourriture et de l’énergie à l’Italie dévastée en échange de bras vaillants. La population masculine de villages entiers a été recrutée pour venir travailler au fond de nos mines.


Plus tard les corons apparurent et grâce aux épouses et aux enfants, la vie quotidienne devint moins précaire, un peu plus douce…


Et puis le théâtre de Bayreuth qui ne devait être qu’un théâtre éphémère, construit « léger » sur la colline verte, pour ne pas durer et qui offre encore aujourd’hui des solutions révolutionnaires pour canaliser le flot immense de la musique wagnérienne. Une salle frontale, cassant la tradition italienne, et surtout une fosse d’orchestre semi-couverte. Une étuve lors du festival d’été, les musiciens sont en t-shirt et le chef ne passe l’habit que pour aller saluer sur scène!
Ses opéras Don Carlo, Aïda, Otello et Falstaff sont prodigieusement modernes dans l’expression des sentiments de révolte, de racisme, de religion, d’auto-dérision. Et que dire du courage d’écrire La Traviata, premier opéra contemporain, où les chanteurs portaient les mêmes habits que les spectateurs; de Rigoletto, mettant en lumière un roi dépravé. La censure le traqua toujours, ne l’épargna pas mais ne réussit jamais à l’abattre. Il visita l’Europe en tous sens jusqu’à Saint-Pétersbourg, voyageur infatigable. Mais son pôle stratégique, la Scala de Milan.


Mais il y a une application à laquelle je n’avais personnellement pas pensé, c’est celle au profit des personnes malentendantes ou sourdes. Certains théâtres de comédie en Suisse notamment leur proposent des tablettes avec le texte de la pièce. Génial!
La nouvelle saison de l’Opéra de Wallonie au Théâtre Royal de Liège, dans la splendeur de sa rénovation! On en rêve déjà tous!

