Vert cool

DSCN0509.JPGDimanche dernier, sortant de mon expo sur Eugène Atget en plein Marais avec en plus un beau temps inespéré, j’ai flâné sans plan, au gré de mes envies dans ce Paris presque médiéval. Promenade délicieuse qui débute dans le jardin du musée Carnavalet.

J’avais fait une halte parisienne le mercredi précédent et j’avais vu les colonnes de voitures sur les voies sur berge quitter la capitale. La plate-forme Méditerranée de la gare de Lyon était prête à exploser même à 21h, heure de mon TGV pour Avignon. Pas de soucis, me suis-je dit, l’exode sera compensé par les touristes qui vont arriver. Que nenni!

Au retour, ce dimanche à Paris, c’était le calme plat. Oui, quelques touristes faisant la dorsale « Place des Vosges-Beaubourg » mais en prenant les tangentes, rien que du bonheur! Quand je vous dis du bonheur, oui, du vrai bonheur! Les familles qui déambulent, les enfants qui jouent dans les rues que la préfecture avait rendues piétonnes…

Je me suis vite donné un but: partir à la découverte des multiples squares du quartier. Et alors, on découvre que Paris, outre ses grands espaces verts, est jonché au sein de ses quartiers les plus peuplés, de milliers de petits espaces qui font la joie des enfants, des parents, des touristes qui s’y reposent…

Une grande cheminée  a attiré mon attention et m’a conduite au jardin Francs-Bourgeois-Rosiers derrière la maison de l’Europe. Havre de paix à deux pas de la cohorte de touristes pressés :

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 J’ai enchaîné avec le jardin de l’hôtel Lamoignon, celui du musée Cognac-Jay et bien d’autres…

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DSCN0520.JPGDes familles, des enfants, des promeneurs solitaires, des rêveurs, que c’est beau à découvrir dans cette ville tentaculaire. Une vie de quartier faite d’enfants qui jouent dans la rue, à la patinette, au roller, au foot… en plein Paris, on croit rêver! 

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Et c’est ainsi que j’arrive tout en douceur au square du Temple et à son Carreau en pleine rénovation. 

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Je me promène dans le « vrai » Paris, celui des familles qui se baladent en ce bel après-midi dominical, celui des copains et copines qui boivent un coup de blanc, des amoureux qui se bécotent sur des bancs publics. Tout est calme, joyeux, apaisé. Farniente parisien, quel luxe!

Je vais de vert en vert, au gré des rues, je repère les îlots et je saute de l’un à l’autre avec un savoureux plaisir. Puis les balcons prennent le relais, avec des trésors d’ingéniosité. 

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 Il y a aussi des paradis bien cachés…

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DSCN0528.JPGDes terrasses insoupçonnées, toutes de fraîcheur et d’incognito!

Quelles merveilles pour ceux qui peuvent en profiter mais surtout pour nous qui en rêvons!

C’est ainsi que je me suis laissée « couler » vers le Forum des Halles.

Je l’avais quitté l’été dernier en ruines, il n’existe plus aujourd’hui. Une sorte de grand vide. Pas vraiment de regret car il finissait par devenir hideux de vieillesse. L’espoir de le voir renaître avec le grand projet de la canopée…

 

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DSCN0570.JPGRemontée par la rue Montorgueuil, une grande faim m’a envahie et j’ étais sûre d’y trouver de quoi me sustenter: un Monop’ , petit relent du ventre de Paris.

Et pourquoi pas remonter la rue du Faubourg Poissonnière? Chiche pour mes pieds endoloris!

La Gare du Nord n’est pas loin mais le jardin de l’église Saint Vincent de Paul place Franz Liszt avec son joli jardin d’enfants me permet une dernière halte hautement appréciée!

 

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 Pas de doute, Paris est une ville verte pour qui sait prendre les chemins de traverse ! 

Paris, quels clichés !

Paris en photos…

Et on pense Robert Doisneau (1912-1994). Sans doute le plus célèbre des photographes français à l’étranger. Avec ses photographies en noir et blanc, il illustre les petites histoires et les anecdotes des rues de Paris et de sa banlieue d’après-guerre. Témoin tantôt humoristique, tendre, nostalgique des habitants: gamins des rues, amoureux, clochards…

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DSCN0503.JPGMais hier après-midi, une visite au musée Carnavalet à Paris m’a fait découvrir l’oeuvre incroyable d’un autre grand photographe parisien: Eugène Atget (1857-1927). Il nous livre des milliers de clichés de Paris au début du XXème siècle. Après les travaux haussmaniens certes, mais le témoignage d’un monde qui disparaît puisqu’il est admis aujourd’hui que la Grande Guerre marque le tournant d’une époque, l’entrée dans la modernité telle que nous la concevons aujourd’hui. Des photos d’avant 1900, ça fait rêver, non?

Atget fut une personnalité reconnue de son vivant, vendant notamment ses clichés aux peintres mais aussi aux imprimeurs de cartes postales, et léguant beaucoup d’autres de son vivant aux archives nationales. Témoin des petits métiers, d’un habitat miséreux avec ses arrière-cours,  ses égouts à ciel ouvert, des magasins, des vêtements, mais aussi de la Seine, des lieux célèbres de Paris et du parc et du château de Versailles.

On découvre les conditions techniques rudimentaires – appareil, négatifs sur plaques, tirages extrêmement délicats présentés aujourd’hui sous conditions de lumière et d’hygrométrie rigoureuses. Mais c’est miraculeux!

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A bien regarder ces photos, on en voit beaucoup débordantes de vie simple, parfois misérable, toujours authentique. Par contre, ses clichés de rues de Paris sont vides d’habitants : il les prenait très tôt le matin.

Abbott_Berenice_Eugene_Atget-219x300.jpegAtget croisa la route de deux Américains : Man Ray, qui lui acheta des photographies revenues d’Amérique pour l’exposition, et Berenice Abbott qui le photographia et s’inspira de ses travaux. Comparons le cliché d’Atget à gauche et le célèbre Flatiron d’Abbott à droite…

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Le lien de l’exposition du musée Carnavalet :

http://carnavalet.paris.fr/fr/expositions/eugene-atget-paris

Un autre chouette lien avec des centaines de clichés à couper le souffle : 

http://expositions.bnf.fr/atget/index.htm

Si vous passez par Paris, allez voir l’expo! L’émotion de contempler en vrai ces précieux témoignages fragiles et centenaires donne des frissons et tire des larmes! Dans la maison de Madame de Sévigné en plus, quel luxe!

Jusqu’au 29 juillet – 7€ – un superbe catalogue vendu à la boutique reprenant toutes les photos exposées (45€)

Berenice Abbott vaut aussi le détour… Le maître et « l’élève » avec cette fois, en toile de fond, New York. Regardez ses clichés à l’aide de Google images, le top, vous allez raffoler!

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Demain, je vous mets au vert. Tchuss, les amis!

Une émouvante première

DSCN0385.JPG6 mai 2012

Un dimanche pluvieux qui fut ensoleillé par la première visite que nous fîmes au Théâtre Royal de Liège en pleine rénovation. Ce week-end permettait de visiter 3 sites liégeois sauvés par les fonds européens.

C’est avec beaucoup d’émotion que nous avons attendu la visite : on partait à la redécouverte d’un lieu qu’on connaissait par coeur. Du monde, plusieurs guides se succédaient avec environ 20 personnes. Un quart d’heure pour découvrir le chantier, pas assez pour se repaître de l’ambiance des lieux mais assez tout de même pour se rendre compte de l’immensité de la tâche. Quel merveilleux travail a été accompli mais combien il en reste à faire ! Le délai de septembre sera-t-il tenu? Cela nous semble impossible mais comme toujours à l’opéra, le miracle aura lieu!

La visite : Nous sommes partis de l’ancienne librairie, avons arpenté le couloir du rez-de-chaussée, sommes entrés dans la salle, avons pu la contempler : plafond, lustre et dorures sont superbes. Réfection de toutes les parois toujours à nu. Le sol du rez-de-chaussée est toujours en béton brut avec l’installation d’un système pour les personnes handicapées. Quelle ambiance sous les projecteurs de chantier, on se sent voleur de beautés et de mystères ! Petits pas dans le couloir, on passe la porte vers le plateau. On découvre le squelette de la fosse d’orchestre et on rejoint la scène. Dorénavant vertigineuse de hauteur. Les machines élévatrices des futurs différents plateaux sont garées bien en parallèle, la machinerie sous-plateau est visible avec d’impressionnants pistons… On termine par la partie « foyer de l’orchestre » et sortie par l’arrière.

On se retrouve dehors un rien abasourdis de ce qu’on a aperçu, j’aurais bien refait la file pour un second tour! Mais ce petit tour de piste nous a donné les crocs pour la découverte totale en pleine lumière et en pleine gloire, un grand événement dans la Cité Ardente d’autant qu’on inaugure avec une oeuvre de César Franck, célèbre enfant du pays. 

De nouvelles visites sont prévues lors des journées du patrimoine. Complètes, cette fois, puisque les travaux seront terminés. Ne les manquez pas, la découverte de la partie scène ultra-moderne et vertigineuse de hauteur avec la pose du cube vaudra notamment son pesant de cacahuètes!

Une visite trop courte à notre goût mais qui fut extraordinaire dans le sens premier du terme – on ne voit pas tous les jours un théâtre d’opéra à nu et en pleins travaux… Elle fut émouvante car nous nous sommes rendu compte que bien des artisans ont mis leur sens aigu de l’art et du travail bien fait à la renaissance de notre bien-aimé Théâtre Royal. 

Rendez-vous en septembre 2012 pour les retrouvailles! 

Un album photos vous attend (tout au-dessus colonne de droite) . Ce n’est pas du grand art car j’ai pris les photos dans la précipitation de la courte visite et à la lumière des projecteurs de chantier avec mon petit appareil numérique. Mais l’ambiance unique est perceptible! 

Si vous regardez les photos une par une, un petit titre vous permet de situer. Si vous voulez éviter les manipulations, optez pour le diaporama (clic coin supérieur droit) mais sans titres. Dans la présentation de l’album, je vous annonce aussi deux petits clips mais je ne les ai pas encore téléchargés. Il faudra revenir! 

Fidèles lecteurs visiteurs, amis liégeois, amis de l’opéra, amis « tout court » mais tout aussi chers et les autres aussi… Regardez comme c’est beau, un théâtre qui renaît!

Dans mon précédent blog, un article vous présentait également la renaissance d’un autre monument liégeois emblématique… Liège se fait belle pour 2017, ne boudons pas notre plaisir! 

http://tempolibero.skynetblogs.be/apps/search/?s=piscine

Tursan, c’est français?

On pourrait le prononcer de bien des façons, je vous l’accorde, avec un des accents qui vous donne le frisson de l’exotisme… oui, mais c’est français, vin du pays landais.

GeneImage.jpegQuoi, du vin dans les Landes, des vignobles entre pins et plages?

Tout d’abord, sachez chers amis, que la forêt landaise telle que nous la connaissons est une invention humaine, une simple plantation. Peu avant la Révolution Française, Nicolas Brémontier comprit qu’il fallait soutenir les sables mouvants et les dunes atlantiques après l’ensevelissement de quelques villages.  La zone pastorale où les bergers landais surveillaient leurs troupeaux sur des échasses fut lentement  mais sûrement boisée de pins dont la résine était utile à l’industrie. En 1857, une loi institua ce changement de paysage.1419.jpeg

Mais derrière cette barrière verte, existe un pays vallonné et bocager avec une exposition et un climat très intéressants pour l’installation de vignobles. Ainsi la Chalosse et le Tursan, dont j’ai fait mention dans mon précédent post.

Je vous avais promis une chronique oenologique : la voici, la voilà! Elle n’est point de mon cru (!) mais de mon oenologue de mari. Lisez donc jusqu’à plus soif!

Tursan !

Vous avez dit Tursan ?

Oh oui Madame, absolument cher Monsieur !

Vous êtes un amateur éclairé du monde du vin. Vous vous targuez d’être un œnophile averti alors, cette appellation ne doit pas vous être inconnue.

Nous avons découvert cette appellation lors de vacances dans le plus grand département français, les Landes.

Un repas de midi (un déjeuner comme disent les Français) pris dans un petit restaurant en bordure d’un petit lac a fait que j’ai choisi un petit Tursan blanc pour accompagner notre entrée.

Belle et honnête découverte, prémices à d’autres nettement plus intéressantes.

Je ne suis pas curieux mais j’aime bien de savoir, donc…

Je possède la collection (presque complète) du seul guide des vins qui vaille à mes yeux : le Hachette.

Pas élitiste mais parlant des vins accessibles à tout le monde, j’y découvre en 1983 que l’appellation date du 17 juillet 1958 et qu’elle classe les vins en A.O.V.D.Q.S.

Dans l’esprit des gens, une sous catégorie. Erreur, erreur grave, erreur profonde.

Les vins de cette appellation confidentielle sont produits sur 450 ha de vignes par 8o Vignerons, regroupés au sein de la cave coopérative sauf, car à toutes règles il y a trois exceptions : le Château de Perchade, propriété de la famille DULUCQ depuis plusieurs générations. Ils étaient les seuls Vignerons Indépendants jusqu’à ce que deux jeunes Vignerons quittent la cave coopérative pour voler de leurs propres ailes.

Il faut aussi les féliciter de la belle promotion qu’ils viennent de conquérir de haute lutte (débutée en 1974) : la fameuse A.O.C. !

En effet, en date du 19 mai 2011, ils seront autorisés à étiqueter leurs vins Appellation Tursan Contrôlée pour les vendanges de la même année.

Ces vins se déclinent en trois robes : des vins rouges, des vins rosés et des vins blancs.

L’encépagement des vins rouges est généralement constitué de Cabernet-Sauvignon, de Cabernet franc, de Fer Servadou et de Tannat.

Les vins rosés utilisent les mêmes cépages que les vins rouges.

Les vins blancs utilisent un cépage typiquement landais que l’on ne trouve pas ailleurs, le Baroque. Il est généralement associé au Sauvignon blanc et au Gros Manseng.

Alain DULUCQ et son épouse, que je salue ici, viennent régulièrement présenter leurs vins en Belgique. Si vous souhaitez connaître les lieux et dates de leurs passages, rendez-vous sur leur site Internet :

http://www.tursan-dulucq.com

ou alors, adressez-leur un petit courriel à l’adresse :

<tursan-dulucq@wanadoo.fr>
et si vous passez par là :

CHÂTEAU DE PERCHADE

Au Bourg
40320 PAYROS – CAZAUTETS

Vous y découvrirez les 6 vins qui font la réputation de ces Vignerons sympathiques et attachants :

Tursan rouge – Tursan rosé – Tursan blanc – Cuvée Passion – Cuvée Argiléus Rouge – Cuvée Symphonie.

Vraies petites merveilles dont je suis fier d’avoir partagé la découverte avec mes amis œnophiles.

Après avoir lu ma modeste prose, si vous vous posez la question de savoir si Alain et son épouse sont des Amis, je mentirais si je disais non.

Mais si je me suis lié d’amitié avec ce couple de Vignerons c’est parce qu’ils sont sympathiques, d’un contact très chaleureux et parce qu’ils élaborent des vins magnifiques (Cuvée Argiléus – élevée en fûts de chêne mais pas du tout, jus de cure-dents – et la Symphonie, vin du type des meilleurs Sauternes mais moins sirupeux).

Voilà ce que je souhaitais partager avec les lecteurs du « Nouveau Tempo Libero ».

Christian Delfosse-Leclercq alias Dr Six-Roses©

 

vignobles.jpegJusqu’à plus soif, disais-je… Pas si sûr! je pense que vous avez, au contraire, les papilles en émoi.

Voici les adresses Internet où vous trouverez le bonheur pour étancher votre soif virtuelle… http://www.tursan-dulucq.com/   http://www.tursan.fr/

Mais rien ne vaut une dégustation dans un salon des vins où vous aurez repéré cette appellation, et mieux encore une escapade dans la région. Pays chaleureux et multiple, à l’accent du Sud-Ouest, avec les immenses plages, l’océan atlantique, le surf, les forêts, les courses landaises, l’écologie, le patrimoine architectural extrêmement riche des fermes landaises et autres bastides, la gastronomie – vous vous rappelez de Maïté?

Et les vins, les alcools avec ce merveilleux Armagnac dans la Bastide du même nom, une merveille!img-1335-_640x480_.jpeg

De quoi vous rendre heureux tout un été et plus si affinités! Ce dont je ne doute pas, il y a de quoi faire pour toute une vie ! 

Et merci à mon oenologue de mari pour son bouquet de six roses un rien psychédéliques après dégustation!

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Chalossement bien!

J’ai épousé un homme qui fut marin mais qui n’aime pas trop la mer vue de la terre. Moi, j’adore. Mon signe astrologique : poisson, j’aime l’eau sous toutes ses formes (sauf un peu de mal avec les piscines couvertes et chlorées à outrance…). La Méditerranée pour son bain culturel (facile…)  mais la vraie mer pour moi, ce sont les côtes atlantiques, j’ai vécu ma jeunesse sur les plages belges pendant les vacances de Pâques, soleil, embruns, vent et parfois neige, lumière et couchers de soleil pyrotechniques… C’est tout ce que j’aime!

situation-landes-01.jpegEn 2003, l’objectif des vacances d’été: le pays des Landes. 2003, ce fut « la canicule ». Oui, il fit chaud, nous faillîmes périr corps et biens à Mont-de Marsan, superbe ville mais surchauffée par un soleil de plomb. Près de Mimizan où nous campions, nous y échappâmes un peu par la brume du matin et l’inévitable pélerinage à la plage le soir pour voir le soleil sombrer dans la fraîcheur marine. Grandes promenades également sous les pins en bord de mer avec mon chien Bacchus qui me faussait compagnie en escaladant les dunes et en se jetant avec frénésie dans les vagues fraîches! 

 

La région est sublime mais si vaste, toute visite demande des kilomètres de voiture. Amateurs de vin, nous fûmes un beau jour attirés par la région du Tursan.

Le vin de Tursan, c’est près de la Chalosse. Un territoire assez atypique dans l’image qu’on se fait des Landes. Un paysage bocager verdoyant qui nous fit tout de suite penser à la région de la province de Liège qu’on nomme Pays de Herve.

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C’est la région de Dax, ville d’eaux au charmant parfum désuet, et de Saint-Sever où on voit vraiment courir les poulets en toute liberté. Mais pas seulement, une superbe petite ville construite autour d’une abbaye bénédictine sur la route de Saint-Jacques de Compostelle, un véritable joyau inscrit au patrimoine de l’Unesco.

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1438183915.jpegPar de petites routes rafraîchies par les bocages (un luxe cet été-là), nous avons atteint le vignoble de Tursan.

Escale mémorable à la cave coopérative où France 3 tournait un documentaire sur les vins de l’endroit. Au fil des prises et donc des dégustations obligées, le président sombra dans des propos vineusement décousus… un grand moment!  J’aurais tant voulu vous retrouver la séquence… Mais ses efforts ne furent point vains puisqu’aujourd’hui, l’appellation a obtenu son A.O.C.

 

gamme_chateau_2.jpegPar la suite, rentrés au pays les papilles aiguisées par cette appellation peu connue mais décidément intéressante, nous avons rencontré au salon de Lille un couple de vignerons charmants, présentant de superbes produits: Monsieur et Madame Dulucq du domaine La Perchade. Au fil du temps, ce sont devenus des amis. Un de ces jours, nous irons leur rendre visite dans leur beau pays!

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J’apprécie tous leurs vins, nés sous le signe de la passion et du terroir, mais ma préférence va à leur cuvée Symphonie, un vin moelleux mais pas trop, juste ce qu’il faut pour vous emballer les papilles avec une fraîcheur fruitée exotique, un délice à un prix décomplexé! 

 

 

 

 

Je ne vous en dis pas plus car mon oenologue de mari a accepté de vous concocter une rubrique dégustation que je vous livre dès que possible! Vous allez aimer!

La prochaine chronique sera donc vinicole et oenologique, avis à tous!

Chalossement vôtre en Tursan!     

Histoires de clochettes

Il est bizarre, notre 1er mai, cette année… Le muguet se fait rare et la lutte contre la maladie a remplacé la lutte des classes. Quoique… avec la colossale crise économique qui pointe le bout de son nez, les syndicats ont de « beaux jours » devant eux.

Mais qu’importe. On se souhaite peut-être plus fortement encore, en ces temps incertains, tout le bonheur du monde!

Je vous repropose un petit article que j’avais écrit en 2012. L’histoire n’a pas changé!logotipo-del-colibrí-aislado-en-el-fondo-blanco-contorno-eps-ilustración-vector-139390445Bon 1er mai ! Un brin virtuel de muguet et le bonheur qui va avec pour tous, fidèles lecteurs et autres ! 

Du muguet, pourquoi du muguet, et depuis quand? Et pourquoi le 1er mai? Voyons voir… 

1732.jpegLe mois de mai a toujours été un moment charnière, célébré par différentes civilisations. Pour les Celtes, il s’agit de la fête de Beltaine, le passage de la saison sombre à la saison claire, de l’hiver au printemps en quelque sorte, qui signifie la reprise des activités, le retour dans les champs et le début des expéditions guerrières. De grands bûchers sont allumés pendant que les druides récitent des incantations. Chez les Romains, la période est encore plus festive avec le déroulement des Jeux floraux fêtant l’efflorescence de la nature dans toute son exubérance. Pendant plusieurs jours d’affilée, orgies et danses rythment la vie des Romains en l’honneur de la déesse Flore, dont la statue est représentée chargée de fleurs. Désormais, l’arrivée du mois de mai gardera cet aspect exceptionnel et festif. Au Moyen Âge, c’est celui des accordailles ou des fiançailles entre jeunes gens : on dépose les premières fleurs de la saison devant la porte de la promise, en fonction de ses qualités. À Toulouse, un grand concours de poésie prend le nom de Jeux floraux pour célébrer la langue d’oc : dès le XIVe siècle, troubadours et ménestrels rivalisent de rimes pour décrocher les premiers prix, des fleurs d’argent telles que la violette, l’églantine, le souci ou encore l’oeillet.

Églantine rouge contre muguet blanc

Le muguet pointe le bout de ses cloches à la Renaissance, lorsque le tout jeune roi Charles IX le popularise à la cour de France. La légende veut que le chevalier Louis de Girard ait offert au monarque un bouquet de cette fleur embaumante et encore assez méconnue, de retour d’une mission. Charles IX apprécie tellement la fleur qu’il décide d’en offrir à toutes les dames de la cour la veille de son sacre, le 1er mai 1561, comme gage de bonheur. Le geste s’oublia quelque peu : il faut dire que le massacre de la Saint-Barthélemy ne fut pas la marque d’un règne fort heureux et que le muguet reste une plante potentiellement toxique…

À ld-eglantine-2.jpega fin du XIXe siècle, en pleine révolution industrielle, les clochettes n’ont pas encore investi les rues. La fleur d’églantine règne en maître lors du 1er Mai : sa couleur rouge reste le signe de reconnaissance des ouvriers qui défilent sur le pavé pour réclamer l’abaissement de la journée de travail à huit heures. Pas question pour les socialistes de choisir le muguet blanc, surtout connu des Parisiens et associé depuis trop longtemps au culte de la vierge Marie fêtée au mois de mai – les clochettes symbolisant les larmes de la mère du Christ. Les fleurs d’églantine, cultivées au nord de la France, là où se déroulent les premiers rassemblements massifs d’ouvriers, deviennent naturellement le signe de reconnaissance des manifestants, et les policiers commencent à surveiller de près ces contestataires à la « boutonnière fleurie » en tête des cortèges.

muguet%20brin.jpegLe muguet symbole de la réconciliation nationale

Mais le marketing va finir par gagner la partie. Dès 1900, les couturiers distribuent des brins de muguet à toutes leurs clientes à l’occasion du 1er Mai. La fleur devient le symbole du printemps, de l’amour et des beaux jours. Elle orne peu à peu corsages et chapeaux des employées, la presse s’en mêle avec des articles pittoresques, les cartes postales se multiplient comme autant de porte-bonheur. Au même moment, la parfumerie parvient à recréer de manière artificielle sa fragrance si particulière dont les femmes raffolent. En 1910, les deux fleurs sont au coude à coude : on compare les « églantinards des boulevards », ferments de la Révolution, aux amoureux tranquilles avec leur brin de muguet. Et lorsque les jeunes filles des halles apportent leurs bouquets de clochettes au président de la République, la messe est dite : la France entière adopte rapidement les couleurs vertes et blanches d’une fleur délicate. L’églantine ne peut plus lutter contre la production quasi industrielle, notamment autour de Nantes, du nouveau symbole du 1er Mai. En 1936, un compromis est trouvé : les manifestants mettront un petit ruban rouge autour de leur brin un peu trop blanc. Cette fois, le muguet a conquis toute la France, des catholiques aux socialistes.

L’immigration, quelle chance!

Loin de moi l’idée qu’à notre époque de mondialisation, les états doivent fermer les yeux sur le problème bien réel de l’immigration. À l’heure où les populations se déplacent à toute vitesse en quête d’un eldorado, une régulation est absolument nécessaire dans l’intérêt de tous, le nôtre comme le leur.

Pourtant ce qui me chiffonne dans cette histoire, c’est que certains dirigeants européens se posent en Dame Vertu et redresseuse de torts, en quelque preux chevalier sans peur et sans reproches.

Sans reproches? Sommes-nous si sûrs, nous les Européens, de n’avoir pas commis les erreurs pour lesquelles nous stigmatisons aujourd’hui certaines communautés?

L’Histoire et les hommes qui en ont souffert jugent sans ménagement notre attitude passée.

Reprenons les problèmes actuels.

 

Ce que nous voulons de la part des populations immigrées, c’est tout d’abord l’intégration. 

En avons-nous été capables lorsque nous, Européens fûmes nous-mêmes des immigrés économiques? Aux États-Unis notamment aux 19ème et 20ème siècles, qu’avons-nous fait? Nous nous sommes regroupés en quartier (Little Italy par exemple) afin de continuer à parler notre langue, à vivre selon nos coutumes, à nous entraider. Quoi de plus normal? L’instinct grégaire devient instinct de survie. Dans nos villes européennes, le phénomène fut le même: les Italiens, les Espagnols, les Portugais expatriés vécurent plusieurs générations en communauté. Pourtant on pourrait croire que leur assimilation ne devait pas poser de problème: venant du même continent, des racines communes, des langues romanes, une même religion… Mais chacun est resté chez soi un long moment avant d’oser s’affranchir puis de s’intégrer. Alors que dire des difficultés rencontrées par des peuples non européens  fraîchement débarqués ? Avons-nous fait mieux qu’eux?

 

Ce que nous reprochons aux plus radicaux d’entre eux, c’est de nous demander de reconnaître en partie leur façon de vivre, leurs us et coutumes.

Qu’a fait l’Européen en Amérique avec les Indiens? Qu’a fait l’Européen lors de la colonisation? Il a imposé à des populations qui ne lui avaient rien demandé une façon de vivre qui balayait toute une organisation millénaire au nom de « sa » civilisation et de « sa » religion. En terme d’imposer sa vision du monde aux autres, l’Européen a fait fort, non?

 

Ce que nous ne comprenons pas, c’est cette amertume, parfois cette rage intergénérationnelle.

S56.jpegL’Europe après les deux conflits mondiaux du 20ème siècle a eu besoin de main d’oeuvre bon marché pour relancer son économie. En Belgique, de la nourriture et de l’énergie à l’Italie dévastée en échange de bras vaillants. La population masculine de villages entiers a été recrutée pour venir travailler au fond de nos mines.

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  Comment les a-t-on accueillis et logés?

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Dans des baraquements récupérés des camps de prisonniers de l’est de l’Europe, baraques que l’on posait à même le carreau de la mine comme on le voit ici, au charbonnage de Saint-Nicolas dans la banlieue liégeoise. Sans chauffage, sans eau courante, sans sanitaires. Le chanteur Salvatore Adamo a souvent raconté l’épopée de son papa en ce temps-là.

camp_italiens2.jpegPlus tard les corons apparurent et grâce aux épouses et aux enfants, la vie quotidienne devint moins précaire, un peu plus douce…corons.png

   

 

 

 

 

 

En France également, l’industrie avait besoin de bras pour sa reconstruction et on alla puiser généreusement dans les colonies du Maghreb. On parqua ces pauvres bougres à l’extérieur de Paris, sans logement prévu à l’avance. Ils construisirent de leurs mains des bidonvilles à quelques minutes à vol d’oiseau de la tour Eiffel.

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Ils y vécurent jusqu’au début des années 1970. Les grandes barres d’appartements construites alors pour la classe moyenne française se vidèrent de leurs habitants devenus propriétaires ou locataires dans des quartiers plus huppés, au profit de cette population des bidonvilles. Nombre d’habitants peuvent encore raconter leur arrivée et leur vie sur la terre de France!

Édifiant, non?   

Ajout ce 2 mai 2012 : Élise Lucet au 13h de France2 traite le problème du personnel marocain recruté par la SNCF dans les années 70. Voici ce qu’en dit L’express: http://www.lexpress.fr/emploi-carriere/emploi/discriminations-la-sncf-face-a-plus-de-700-plaignants-marocains_1109177.html

L’immigration, sujet sensible où les gens sont souvent traités de profiteurs, cela ne date pas d’aujourd’hui. Quand j’étais jeune, en pleine immigration italienne nécessaire pour faire tourner l’industrie minière et sidérurgique wallonne, une chanson devint très à la mode. Il y avait plus de 30 ans que certains Italiens descendaient au fond des puits de charbon qui rongeait leurs poumons… Je rassure tout de suite tout le monde : avec la teatralità qui les caractérise, les « tchitchos » comme on les appelle chez nous jouèrent l’auto-dérision. N’empêche…

Que savait-on de ces gens, de leur histoire, de leur misère? Ces gens que nos pays avaient embauchés en toute légalité et que l’on fustige aujourd’hui après en avoir bien profité. Comment ne pas comprendre la rage de leurs enfants et petits-enfants, discriminés bien que devenus Belges ou Français ?

Nous sommes au 21ème siècle. Il y a toujours des gens qui rêvent d’un monde meilleur pour leur famille, pour leurs enfants. Ils quittent tout, famille, village, traditions, fuient la guerre et la répression, mettent leur vie entre les mains de passeurs, bravent les dangers de la mer, voyagent entassés dans les faux-planchers de camions, sur les attelages de trains…

Lorsqu’ils ont la chance d’arriver sains et saufs chez nous, ne nous voilons pas la face (!), ils vont occuper des emplois que nos populations européennes refusent d’assumer aujourd’hui. Techniciens de surface pour nettoyer à toute vitesse et toute la nuit des plateaux entiers de bureaux, éboueurs, dans la construction dehors par tous les temps, personnel de maison, esclaves de familles richissimes…

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Mais le phénomène touche également des professions qui jouissaient naguère d’un certain prestige comme infirmière et même médecin généraliste, professions avec des contraintes d’horaires pour des salaires souvent peu attrayants dont se détournent des générations bluffées par l’argent facile des golden boys, traiders et autres vedettes du sport ou du spectacle… 

La France qui se lève tôt, le « vrai » travail. Oui, il y a des tas d’immigrés qui connaissent, déclarés ou pas. Qui apportent de la richesse à nos économies, une main-d’oeuvre dont elles ne sauraient se priver. Mais des hommes et des femmes qui ne sont plus aujourd’hui que des statistiques qu’on s’envoie à la gu… ou des repoussoirs pour les extrêmistes de tous poils.

Ces êtres humains nous donnent aussi en partage leur richesse culturelle. Que serait l’Europe – et de tous temps, la Renaissance vient bien d’Italie, non? – sans ces apports musicaux, artistiques, culinaires et philosophiques par exemple ? Un vieux continent desséché replié sur lui-même, sclérosé ! 

Rappelone-nous toujours ceci: il y a eu dans toutes nos familles des émigrés et nous sommes tous des émigrés en puissance ! 

Je ne résiste pas à vous faire partager cette version de Lily. Merci à Pierrot Perret d’avoir si bien tout exprimé!

 

Bicentenaire de rêve

Les amis, c’est pas pour dire mais on va être vachement péchus pendant deux saisons d’opéras! Ils vont nous mettre les petits plats dans les grands, ça va déchirer pour ces deux-là!

Giuseppe Verdi – Richard Wagner : nés en 1813. Le bicentenaire de rêve! 

Ah oui, c’est du lourd! La béatitude est au bord de nos pavillons auditifs et auriculaires… Ouvertes à fond, nos écoutilles !

L’ère de la guéguerre entre people ne date pas d’aujourd’hui. On connaît en littérature, en peinture et en musique bien des clashes entre fortes personnalités contemporaines, attisés par presse interposée. En musique, les castrats, les grands chanteurs d’opéras, les compositeurs. Le duel titanesque le plus proche de nous est sans conteste celui qui a opposé deux génies de l’opéra du XIXème siècle: Giuseppe Verdi et Richard Wagner.

Comme toujours, c’est la presse de l’époque qui a créé cette rivalité sanglante. Je ne sais pas trop ce que Wagner – dans son ego démesuré – pensait de Verdi mais Verdi, lui, tenait en très haute estime le maître de Bayreuth, même si leur démarche artistique était différente.

À bien y regarder, vraiment si différente?

Ils avaient tous les deux un profond amour de la dramaturgie. Wagner avait sans doute un certain avantage puisqu’il pouvait écrire ses livrets lui-même. Ce qui, aux yeux des adeptes du théâtre total, lui donne un prestige inégalé. Et de se gausser des livrets de Verdi…  Verdi qui chercha l’inspiration auprès des plus grands écrivains: Schiller, Victor Hugo, Alexandre Dumas fils, Shakespeare… Ses librettistes étaient les meilleurs de l’époque, Piave et Boïto notamment. Et quand le maître n’était pas satisfait, il lui arrivait de devenir poète pour mieux coller à sa musique.

Dans le domaine politique de l’époque, on peut dire que Verdi tient la palme. Fervent adepte du Risorgimento, sénateur, propriétaire terrien très impliqué dans le développement de sa région natale. Un parcours honnête et rigoureux dont son nom deviendra le symbole: V.E.R.D.I Vittorio Emmanuele Re D’Italia et le Va pensiero, choeur de Nabucco, le chant d’union de tous les Italiens jusqu’à notre époque. Sa musique au service de la révolution populaire. Sa vie intime au service de la tolérance: il vécut longtemps en concubinage avec une ancienne chanteuse La Strepponi, inconcevable pour l’époque! 

Pour Wagner, c’est un rien plus scabreux. Personnage parfois haïssable, amoral, cupide et inamical, toujours en fuite couvert de dettes, peu reconnaissant auprès de ses mécènes et de ses amis, leur « piquant » souvent leurs épouses. Tout cela au nom de la recherche d’un idéal musical révolutionnaire. Pangermaniste? Peut-être mais pas au sens que lui a fait endosser le Troisième Reich. Antisémite, certainement, mais pas plus et pas moins que ses contemporains. Wagner est aujourd’hui victime d’une idéologie née bien après sa mort et qu’il n’a donc pas pu cautionner. L’opposition des Israéliens à l’interprétation de sa musique est stupide, comme l’a souvent expliqué Daniel Barenboim, juif, Israélien et grand chef wagnérien longtemps en poste à Bayreuth. Hitler aimait peut-être Wagner mais Wagner n’a jamais connu Hitler et donc n’a pas pu l’aimer!

Musicalement parlant..

Concernant Wagner, je me demande souvent quelle fut l’influence de Liszt, son beau-père, dans sa maturation musicale. Qui a influencé qui? Vaste question à laquelle je ne puis répondre, n’étant que simple mélomane. Mais je traque souvent les indices! Sa grande innovation: les leitmotives qui se croisent, s’éloignent, se rejoignent, se tressent. Merveilleuse trame, sublime canevas bien utile à l’auditeur dans le Ring notamment. Et ce fameux accord de Tristan:  

bayreuth-fosse.jpegEt puis le théâtre de Bayreuth qui ne devait être qu’un théâtre éphémère, construit « léger » sur la colline verte, pour ne pas durer et qui offre encore aujourd’hui des solutions révolutionnaires pour canaliser le flot immense de la musique wagnérienne. Une salle frontale, cassant la tradition italienne, et surtout une fosse d’orchestre semi-couverte. Une étuve lors du festival d’été, les musiciens sont en t-shirt et le chef ne passe l’habit que pour aller saluer sur scène!

Verdi, lui, avait une formation solide quant aux maîtres du passé et était très perméable aux nouveautés de son temps. Ce n’est pas lui faire offense que de dire que les idées notamment de Wagner mais aussi de ses contemporains italiens et la redécouverte des grands maîtres baroques ont fait évoluer sa pensée artistique « en toute italianità ».

6514687-world-s-famous-theater-scala-in-milan-italy.jpegSes opéras Don Carlo, Aïda, Otello et Falstaff sont prodigieusement modernes dans l’expression des sentiments de révolte, de racisme, de religion, d’auto-dérision. Et que dire du courage d’écrire La Traviata, premier opéra contemporain, où les chanteurs portaient les mêmes habits que les spectateurs; de Rigoletto, mettant en lumière un roi dépravé. La censure le traqua toujours, ne l’épargna pas mais ne réussit jamais à l’abattre. Il visita l’Europe en tous sens jusqu’à Saint-Pétersbourg, voyageur infatigable. Mais son pôle stratégique, la Scala de Milan.

(Rénovée, avec l’inévitable cube du rehaussement de la scène, comme à Liège…)  

 

Dans ma jeunesse, il était impossible d’aimer les deux. Très bêtement, il fallait choisir son camp! Aujourd’hui enfin, on peut se régaler des fulgurances de ces deux génies et les associer dans un même hommage.

Que l’année 2013, bicentenaire commun, soit la reconnaissance de l’immense contribution de l’un et de l’autre au patrimoine musical et humain de la civilisation européenne! La Scala de Milan a déjà fourbi ses armes!

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Donc on va s’en mettre plein les oreilles, vive l’overdose!

Une chronique sur Verdi sur mon ancien blog:

http://tempolibero.skynetblogs.be/apps/search/?s=Muti 

Un « petit Verdi » La Traviata (1853) et un « petit Wagner » Tristan et Isolde (1865)  pour commencer ce merveilleux bicentenaire! Que c’est beau!

 

Sur-titres, sous-titres ou rien?

Je vous pose la question, chers amis amateurs d’opéra après avoir lu l’excellent édito de Sylvain Fort sur le site de Forum Opéra, et j’attends vos avis, le débat est ouvert !

Voici quelques-unes de mes réflexions.

Les sur-titres à l’opéra sont souvent considérés comme la panacée pour faire venir les néophytes au spectacle et pour faire aimer les oeuvres en langue étrangère aux plus réticents.

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Pour ma part, je vois à cette pratique quelques avatars de taille:

Le spectateur, dont les yeux sont suspendus en permanence au texte qui défile, n’est plus attentif à ce qui se passe sur scène et même à ce qui est chanté. Ecouter, regarder et lire en même temps, dur, dur! 

Ces surtitres ne sont pas visibles depuis certaines places (dans les théâtres à l’italienne). Certaines directions le signalent, d’autres pas. 

La position physique du spectateur a aussi changé:  le cou arcbouté vers l’arrière, le menton dressé vers l’avant, il est beaucoup plus sujet à un vilain torticolis renforcé souvent par une climatisation pas toujours adéquate… (Il y a d’ailleurs un système de surtitres portant le nom de « Torticoli », découvert en préparant ce post).

Pour résoudre le problème, le texte affiché sur le dos du fauteuil d’en face, très prisé en Amérique… Mais a-t-on encore le temps de lever les yeux vers la scène???SeatbackLCD.jpeg

 

Écouter de la musique chantée dont on ne comprend pas les paroles, voilà le poncif qui ridiculise définitivement les amateurs d’opéra aux yeux des béotiens. Mais ces derniers comprennent-ils vraiment les paroles syncopées et autres onomatopées du rap, les textes des chansons des Beatles, d’Étienne Dao ou de Mylène Farmer ? Ils vous avoueront que non, que l’essentiel n’est pas là, il y a surtout le rythme de la musique et sa communion avec des syllabes. N’est-ce pas flagrant par exemple dans la chanson italienne? Ce que le bel Eros raconte, on s’en fout un peu, la langue italienne est si expressive… ça suffit à faire tout ressentir!

À l’opéra, c’est la même chose! Avec en plus, le soutien de l’action représentée sur le plateau (quoique, avec certains mises en scène modernes très tordues…). Lorsqu’on lit une biographie de Verdi, on est frappé par ses exigences en matière de prosodie, comment il torture ses librettistes, allant même souvent jusqu’à récrire certains vers lui-même lorsqu’ils ne lui fournissent pas ce qu’il veut, pour que les temps forts de sa musique correspondent à l’expressivité des mots… J’adore les opéras de Tchaikovsky, j’aime m’enivrer des sonorités douces et sauvages à la fois de la langue russe et me sentir émue en même temps par la profonde tristesse de la musique de Piotr Illich. Parfaite adéquation et ce que se disent exactement les personnages m’importe peu, je le ressens, c’est mieux! 

Mais pour être totalement honnête, j’ajouterai que les sous-titres (au cinéma ou sur DVD) et les sur-titres au théâtre me sont effectivement utiles pour apprécier un monologue interminable : certains passages du Ring de Wagner où le fait de pouvoir lire en français la traduction (même succincte ou approximative) m’a beaucoup aidée à ne pas me décourager. Les grandes tirades de Wotan par exemple dans la Walkyrie.

Sylvain Fort, l’éditorialiste, nous parle aussi du plaisir de préparer sa soirée à l’opéra. Mes parents faisaient cela quand nous étions petits et qu’ils nous emmenaient à l’opéra, ils nous racontaient plusieurs fois l’histoire et nous faisaient écouter les principaux airs regroupés sur un 33T de sélection. C’était le temps où il n’y avait pas la télé (à la maison), pas Internet, pas le rythme effréné de la vie d’aujourd’hui. J’ai moi-même souvent prêté des CD ou des vidéos à des amis pour les aider à se familiariser avec ce qu’ils allaient voir et entendre. On me les a souvent rendus en me disant qu’on n’avait pas eu le temps de… Certains ont décliné mon offre, préférant le plaisir de la découverte totale! Allez savoir ce veut le peuple…

Tout compte fait, ces sous-titres et sur-titres, on n’est pas obligé de les lire… Que ceux que cela aide à aimer l’art lyrique ne s’en privent pas et les autres, qu’ils laissent simplement leurs yeux se remplir de la beauté scénique.

1255937-1640624.jpegMais il y a une application à laquelle je n’avais personnellement pas pensé, c’est celle au profit des personnes malentendantes ou sourdes. Certains théâtres de comédie en Suisse notamment leur proposent des tablettes avec le texte de la pièce. Génial!

 

 

 

Ci-dessous, un des programmes informatiques permettant le sous/surtitrage.

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Et pour corroborer mes dires, un extrait de la Dame de Pique de Tchaikovsky, Dmitri Hvorostovsky à la réouverture du Bolshoi en novembre dernier. Le son n’est pas optimum mais c’est le seul extrait sans sous-titres dans le choix Youtube… J’y tenais! Bonne ivresse de sons à tous!

Le texte de l’édito: http://www.forumopera.com/index.php?page=Edito

 

House of dreams

house_of_dreams_100x100_0.jpegLa nouvelle saison de l’Opéra de Wallonie au Théâtre Royal de Liège, dans la splendeur de sa rénovation! On en rêve déjà tous!

Pour tout savoir sur les oeuvres jouées et les distributions…

http://www.operaliege.be/fr/activities/2012/operas

 

L’essentiel:

– Stradella* (César Franck), mise en scène par Jaco Van Dormael (19 > 29/9/2012)
– Jordi Savall, concert, 30/9/2012
– Edita Gruberova, concert, 4/10/2012
– Gala Verdi, concert, 13 et 14/10/2012
– L’Officier de fortune* (André-Modeste Grétry), concert, 20/10/2012
– Cavalleria Rusticana (Pietro Mascagni) & Pagliacci (Ruggero Leoncavallo), avec José Cura, 17/11 > 2/12/2012
– Une autre Traviata, 1/12/2012
– Nabuccolo (opéra participatif pour enfants), 10 > 15/12/2012
– La Belle Hélène (Jacques Offenbach), mise en scène de Shirley & Dino, 22/12/2012 > 6/1/2013
– L’Italiana in Algeri (Gioacchino Rossini), 18 > 26/1/2013
– L’Enfant et les sortilèges (Maurice Ravel) 15 > 19/3/2013
– La Fanciulla del West (Giacomo Puccini), avec Deborah Voigt et Carl Tanner, 22/2 > 5/3/2013
– La Forza del Destino (Giuseppe Verdi), avec Daniella Dessi et Fabio Armiliato, 18/4 > 2/5/2013
– I due Foscari** (Giuseppe Verdi), avec Leo Nucci et Fabio Sartori, 10 et 12/5/2013
– Guillaume Tell*** (André-Modeste Grétry), sous la direction musicale de Claudio Scimone, avec Anne-Catherine Gillet, 7 > 15/6/2013

Jean-Pierre Rousseau, le directeur général de l’OPRL, a visité aujourd’hui le chantier et nous envoie ses photos par mobile, merci à lui! On se régale devant la fraicheur des couleurs et la beauté des ors!

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