Au fil des mots (108) : « paix »

Aujourd’hui 11 novembre, je fais une exception. Je vous présente un auteur que je n’ai pas lu : Maurice Genevoix. Lui et ses compagnons d’armes de la guerre 14/18 viennent d’entrer au Panthéon.

Érik Orsenna et Philippe Torreton lui ont rendu un vibrant hommage en cette fin d’après-midi lors d’une superbe émission sur France 2. La cérémonie d’entrée au Panthéon fut émouvante.

Après son témoignage des horreurs de la Grande Guerre, Genevoix construit une oeuvre littéraire en résonance avec la nature. La Meuse et la Loire, deux fleuves qui lui furent familiers, qui me sont familiers et que j’aime. Voici un tout petit extrait de son dernier livre (testament) « Un jour ».

Et tout en dessous, (j’ai un peu attendu la mise en ligne de cet article pour pouvoir vous la proposer, l’ayant suivie en direct à la télévision et l’ayant trouvée émouvante), la cérémonie de panthéonisation qui a eu lieu il y a deux heures. Une cérémonie bouleversante comme sait le faire la République française… Hommage de haut vol à un écrivain et à tous les Poilus.

La nature consolatrice

Au lieu de suivre le bord de la Loire, j’avais marché à l’opposé du fleuve vers une pinède où je savais trouver le silence grave, la lumière doucement amortie qui me mettrait quelque apaisement au cœur.
La mousse feutrait le sable du chemin que je suivais. De part et d’autre la foule des pins sylvestres espaçait ses hautes colonnades d’un rose ardent peu à peu mauvissant sur les profondeurs bleues du sous-bois.
Le silence même et la sérénité. L’essor brusque d’un ramier dans les cimes, le déboulé d’un garenne hors d’un roncier, le saut rebondissant d’un écureuil dans la perspective de l’allée s’intégraient parfaitement à ce silence et à sa paix.

Maurice GENEVOIX, Un jour