Saint-Valentin en voyage égoïste à Vérone

Vous vous rappelez de cette publicité pour le parfum de Chanel ? Le feu de la passion !

Cela date de 1990 (!), Jean-Pierre Goude avait reconstruit en plein désert d’Amérique du Sud l’hôtel Carlton (de Cannes !) – 4 semaines de travail pour 300 personnes. 

Et avec ce parfum, la musique de Prokofiev retrouva une nouvelle jeunesse : aujourd’hui un vrai tube, ce ballet de Roméo et Juliette. 

Roméo et Juliette, les célèbres amants de Vérone immortalisés dans ma jeunesse par le film de Franco Zeffirelli avec l’angélique Olivia Hussey et … les jolies fesses de Leonard Whiting qui nous donnaient des frissons, filles et garçons, des frissons toujours partagés aujourd’hui par mes élèves quand ils voient la scène de la nuit d’amour ! Shocking à l’époque, certaines scènes furent coupées pour la version enfants admis, on croit rêver… Superbe musique de Nino Rota. Remontez, beaux souvenirs, par la grâce de ce clip…

Respect scrupuleux du texte shakespearien chez Zeffirelli mais aussi dans la version de Baz Luhrmann avec Leonardo di Caprio. Vous voulez faire découvrir à vos ados ce mythe éternel? C’est cette version survitaminée qu’il vous faut mais il est nécessaire bien tout leur expliquer car le cinéaste a pris le parti que le spectateur connaissait le drame de Shakespeare dans ses moindres détails… La comparaison avec le film de Zeffirelli est très enrichissante, les deux entrant en résonance.  

Vérone, cité de l’amour parée de rouge, couleur des amoureux en Italie et de la lingerie un peu coquine que l’on porte au réveillon de la Saint-Sylvestre, un rien kitsch mais cela ne fait de mal à personne, surtout pas à ceux qui assistent au concert Piazza dei Signori.

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Presque le retour du Flower power !

Allez, un petit Signac pour vous reposer les yeux, la piazza delle Erbe, la place du marché, la plus ancienne de la ville, l’ancien forum romain. Lors de notre dernier séjour, nous logions dans un petit hôtel sur la gauche du tableau et après l’opéra, dans la douce nuit italienne, nous sirotions un délicieux Cuba libre sur la terrasse avec face à nous (à droite du tableau) les superbes fresques de la Renaissance.  Et la maison de Juliette est toute proche, retournez-vous, vous y êtes ! 

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Un mort à Venise

Oui, un mort people en plein Carnaval, il y a tout juste 130 ans aujourd’hui.

D’accord avec vous, c’est plutôt le bicentenaire de sa naissance qu’on fête cette année mais enfin, vous parler de lui  ce 13 février, c’était décidément trop tentant.

Et puis venir s’éteindre à Venise, la patrie de Giuseppe, enfin Richard, ça fait désordre ! On comprend qu’on vous ait rapatrié illico à Bayreuth…

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Amoureux de Venise, Richard Wagner fit de nombreux séjours dans la Sérénissime. De 1858 fuyant un mari jaloux et cocu et y travaillant à Tristan et Isolde, jusqu’à ce funeste mois de février 1883 où il y mourut d’une crise cardiaque, logeant dans différents endroits de l’hôtel Danieli jusqu’au palais Vendramin, et y fréquentant assidûment les célèbres cafés.

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Les cafés. Voilà pourquoi le musicien, jazzman et compositeur américain Uri Caine et son ensemble décidèrent de revisiter son oeuvre de façon originale et décapante en enregistrant au Grand Caffè de la Place Saint-Marc, une vision minimaliste qui sert, à mon humble avis, à merveille le génie pur de Wagner. Tristan, justement…

Et quelle chevauchée des Walkyries, irrésistible et un rien iconoclaste, le zeste qui fait tout  !

  

D’autres choses aussi très belles – voyez la playlist – je vous conseille le Lohengrin à tirer des larmes dans un tableau digne d’Otello… destins parallèles.

 

Pour mieux connaître Uri Caine et ses musiciens ainsi que ses nombreuses démarches étonnantes:

 http://www.citizenjazz.com/Uri-Caine-Ensemble.html

 http://www.uricaine.com/

Pour la prochaine redécouverte de Wagner, c’et Glenn Gould qui s’y collera…

Mais auparavant, un petit clin d’oeil : Jean-François Balmer en Wagner, c’était une tellement bonne idée ! 

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Dommage qu’apparemment le film n’ait tenu aucune des ses promesses et soit irrémédiablement catalogué « nanar » intégral…

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Leçons de choses

C’est pas sorcier a son camion de savoirs ; moi, j’ai mon bus universitaire.

Quittant le CHU, le 48 collecte tous les étudiants du campus, salmigondis de disciplines qui se frottent à la promiscuité du lieu. En voilà un qui s’installe à mes côtés et qui papote tout d’abord avec une copine, rien de bien folichon, des histoires de laboratoire, merci je donne depuis 35 ans avec un mari chimiste… Ah si, tout de même, la découverte d’une expression répétée à l’envi par l’un et l’autre : « Ce prof, il est chaud », « les autres étudiants, qu’est-ce qu’ils sont chauds ! ». Je traduis dans mon français de presque sexagénaire que les uns et les autres en veulent, qu’ils sont pleins d’ardeur au travail, totalement investis dans leur cursus. Merci, les jeunes pour cette découverte lexicale!

Mais c’est la suite qui va me ravir. La copine laisse la place à un copain, pas scientifique si on en juge par le livre qu’il tient à la main: « Histoire et philosophie de l’argent ». Appétissant, ce titre, pour le prof d’histoire que je suis. Attention, dressons l’oreille : ça papote entre le scientifique assis à mes côtés et le philosophe debout, d’un troisième larron qui semble déchirer grave les évidences les plus fondamentales. Il a mis en lambeaux les théories des créationnistes, mais renie aussi l’évolutionnisme de Darwin, remettant en lumière Lamarck… Pour le coup elles frétillent, mes feuilles de chou : Darwin, tout juste ce dont je parle au cours d’histoire à mes élèves de 3ème. Continuez les amis, vous m’intéressez, je suis totale chaude (dans l’acception expliquée plus haut s’entend !). Ce Lamarck, moi aussi, je pense qu’il fut un beau looser aux yeux de la postérité, victime collatérale de la haine franco-britannique.

Et puis le philosophe tombe dans une sorte d’extase : il revient de 3 jours à Paris où il s’est fait une overdose… de musées. Le Louvre, Beaubourg, Jacquemart-André. Il s’enflamme pour son odyssée au Louvre : toute une journée plus la nocturne à déambuler avec frénésie avec notamment la luxueuse tente du nouveau département des arts de l’Islam.

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« À la sortie, j’étais soulagé de pouvoir me reposer les yeux devant un mur blanc ». Comme je le comprends, mais c’est si bon d’avoir les pupilles en lévitation comme dans un kaléidoscope ! Pas encore rassasié de beautés, il commence le récit du Centre Pompidou. Dali, il va nous raconter Dali? Ouuuiiiî, j’adore ses commentaires ! Flûte, voilà le terminus, tout le monde descend et mon philosophe amateur d’art se perd dans la foule, me laissant sur ma faim.

Allez, ma fille, ne sois pas trop gourmande, ce trajet fut déjà bien riche. Comme une Chantilly légère et savoureuse.  J’en ai appris des choses en prenant le bus ! Transports en commun, connaissances en commun : tentez l’expérience !           

Ardeurs

Une fin d’après-midi de la semaine dernière ; détour par la salle des profs, un sas incontournable avant le retour à « la vie civile ».

Ca papote d’abord bébés. Une collègue jeune maman explique de façon péremptoire à celles au bébé toujours en gestation, combien leur enfant sera une véritable éponge psychologique. « Le moins de stress possible, les filles, il faut la jouer cool ! » Facile à dire, difficile à réaliser dans notre métier… 

Là-dessus son portable sonne. Demi-conversation audible qui nous fait comprendre qu’elle a demandé sa mutation vers une école plus prestigieuse. On s’étonne de son choix.

« Ben oui, une opportunité à ne pas rater. J’en ai marre de préparer pendant des heures des leçons pour des élèves à toujours stimuler, à qui il faut rappeler sans cesse d’avoir leur cours avec eux et en ordre, d’être intéressés par ce qu’on leur apprend, d’être simplement à l’heure. J’en veux de ceux qui aient de l’ardeur au travail… »

On comprend très bien ses aspirations, on les partage. Mais enfin, nos élèves souvent cabossés par la vie, ils sont attachants. Sûr qu’elle risque d’être déçue sur ce plan par ces petits génies qu’elle imagine déjà… Bien sûr, il y aura pour compenser leur ardeur intellectuelle ! On l’espère pour elle en tout cas…

La conversation glisse (hum) vers la neige sans cesse annoncée. Mais demain, c’est sûr, elle sera là. Les jeunes futures mamans ont décidé de laisser sagement leur voiture au garage, demain matin elles prendront le bus, donc lever une demi-heure plus tôt au minimum.  

Alors la collègue en mutation, tout de go: « Mais vous êtes folles, les filles! Moi, je prendrai ma voiture, je mettrai le temps qu’il faudra pour arriver mais jamais je ne partirai plus tôt pour arriver à l’heure. Jamais, ça jamais ! » On la regarde, éberluées.

Ardeur au travail, elle disait, non ? Oups…

Petit coup de gueule pas très solidaire professionnellement parlant, je vous l’accorde. Mais ça me démangeait d’un peu vous venger, chers élèves, et puis vous remercier de vos si gentils et quotidiens « Comment y va votre mari aujourd’hui, ‘dame? ». L’ardeur solidaire, ça fait chaud au coeur… 

Ce matin, la neige est là, même à Padoue… sublimant l’ardeur artistique qui sommeille en  nous ! Bon dimanche à tous.

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Cacophonie

virgin-megastore-cessation-paiement1-287x331.jpegOn est bien loin aujourd’hui en France de ce slogan…

S’il est toujours dramatique de voir être en danger de fermeture des fournisseurs de biens culturels, beaucoup de commentateurs parlent d’une mort annoncée depuis longtemps et je ne suis pas loin de partager leur avis.

Certains mettent en cause la plate-forme internet plutôt indigente, les caisses des magasins vieillottes, les efforts financiers demandés au personnel, le manque d’investisssements…

Personnellement en tant que cliente, je n’ai jamais vu une chaîne de grands magasins de cette importance enchaîner autant de bévues, peut-être anodines pour certains mais qui  ont eu le talent de m’énerver !

Le premier Virgin Megastore que j’ai fréquenté fut celui de Liège dans l’îlot Saint-Michel.

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Il était situé à l’angle du piétonnier, dans une sorte de cul de sac, où se trouve aujourd’hui une salle de sport. Qui avait eu l’idée saugrenue de l’installer là, quasiment invisible, alors que son grand rival, la FNAC, profitait de tous les chalands de la Place Saint-Lambert ? Un lent suicide annoncé qui dura deux ou trois ans, tout au plus. Pas de librairie, juste des CD, des cassettes video et les premiers DVD, vraiment pas de quoi affoler les Liégeois et puis il y avait ce truc absolument rédhibitoire pour un amateur de musique classique, commun à tous les Virgin que j’ai fréquentés…

 

Mon deuxième Virgin, ce fut celui des Champs-Elysées, l’emblématique, le mégalo. Sublime lieu.

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J’ai adoré fréquenter le rayon musique classique de ce magasin lorsqu’il se trouvait au fond de l’allée ci-dessus à droite. Il était baigné de la lumière cascadant des fenêtres donnant sur les Champs… c’était magique, enfin un grand magasin où l’on pouvait choisir ses disques à la lumière naturelle ! Hélas lors de mon dernier passage, le rayon classique avait été relégué après l’angle, dans une partie aveugle du magasin avec des plafonds écrasants et une chaleur étouffante. Et là aussi, ce truc très rédhibitoire… 

Le troisième  : celui du Carrousel du Louvre, en face de la pyramide inversée.

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Grand espace avec une très chouette librairie (un beau rayon de littérature jeunesse et de bouquins sur Paris), une papeterie sympa et le rayon de CD classiques au fond, très vaste avec des promos incessantes. On y trouvait des CD assez récents à des prix imbattables, des versions anciennes de référence, un très très beau choix de coffrets d’opéras, de récitals et de DVD… mais je n’y ai jamais rencontré un vendeur à qui demander un renseignement. Et là aussi…

Oui, là aussi, ce truc rédhibitoire comme dans les deux autres magasins : un son tonitruant contre lequel tentait de se faire entendre un air de classique, une pauvre petite mélodie fluette perpétuellement emportée par un flot ininterrompu de rock, de pop ou autre… une cacophonie énervante et frustrante à laquelle je ne pouvais résister. Pour ceux qui se souviennent de Liège, ils avaient tenter de résoudre le problème en enfermant le rayon classique dans une sorte d’aquarium, tout juste efficace pour croire avoir les oreilles au fond d’une piscine.

Cacophonie musicale généralisée avant-coureuse d’un mégastore au vrai choix de cris de colère. 

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Un autre Strauss

Pour commencer l’année tout en douceur, Richard Strauss cette fois, le bel enchanteur! et le souvenir de deux soirées mémorables au Palais des Beaux-Arts de Bruxelles. Un Thomas Hampson qui nous fit naviguer et chavirer de bonheur entre Schubert et Mahler. Et « notre » Renée comme on aime le dire chez nous puisqu’elle fut découverte au Concours de chant de Verviers et qu’elle n’est pas ingrate envers ceux qui la soutinrent à l’époque. Nous l’avions applaudie à la réouverture du PBA, nos fauteuils n’étant pas encore installés, nous l’avions écoutée installés sur des chaises… avec ravissement ! Schubert et Strauss. À eux deux, quelle merveille !  Allons-y pour Arabella, moment de grâce dans ce monde de brutes… Goloso piacere, amici miei!

Encore une larme de Liu ?

 3091485317_1_3_LJnh1SqH.jpegCe n’est pas une maison de champagnes mais une maison de parfums qui va fêter ses 185 ans d’âge. C’est rare, c’est GUERLAIN. Une dynastie de parfumeurs créateurs de jus mythiques.

L’histoire commence au temps de Musset et de Victor Hugo, vertigineux au sens premier du terme… Pour les amateurs d’histoire, un lien incontournable :

http://espritdeparfum.com/histoire-de-guerlain

Celui qui m’intéresse aujourd’hui, c’est Jacques Guerlain, créateur du mémorable « Shalimar ».

 

  

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La fascination de l’orient dont nous parlions dans le post précédent va ici encore fonctionner au début du 20ème siècle. En pleine période « art déco », on a le goût de l’ailleurs, de la sophistication de la Chine et du Japon. Également dans l’univers de la mode: des silhouettes féminines avec des vêtements aux coupes très droites et des parfums.

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Après Shalimar, en 1929, Jacques Guerlain crée LIU, un parfum en hommage à un personnage de l’opéra Turandot de Giacomo Puccini, une jeune servante chinoise amoureuse du prince Calaf qui préfère périr plutôt que de révéler son surnom : « Amour ».

nd_6323.jpegSon flacon en verre noir de Baccarat fait référence aux boîtes à thé chinoises. Parfum extraordinaire très daté (fleuris aldéhydes en vogue à l’époque) mais encore disponible aujourd’hui dans la série « Les Parisiennes ».

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Pour les fêtes de cette fin d’année 2012, la maison Guerlain a ressuscité LIU en une ligne complète de maquillage avec notamment les fards TURANDOT:

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Ainsi le monde de la mode rejoint une fois encore celui de l’opéra. Petit hommage à cet ultime chef d’oeuvre de Giacomo Puccini :

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Laissons couler une larme capiteuse de Liu alors que son beau prince Calaf la supplie de ne pas pleurer. Pour les amateurs, voici une version assez incroyable de cet air célèbre. Capté en live par un amateur aux Arènes de Vérone en juillet 1975, vous y entendez un flamboyant Plácido Domingo de 34 ans. J’y étais ! Souvenir d’une très très chaude soirée sur les gradins antiques.

 

Nourritures terrestres

Quelle débauche de nourriture, ce réveillon! On a tous essayé de rivaliser d’originalité et de bon goût. Depuis que la télévision met les petits plats dans les grands espaces de la téléréalité, depuis que la gastronomie française est devenue patrimoine immatériel de l’humanité, on se sent tous une âme d’un Bocuse moderne. Cuisine moléculaire, nouvelle cuisine, cuisine bourgeoise, cuisine végétarienne, cuisine familiale, cuisine authentique, la déclinaison file vers l’infini. Sans compter tous ces goûts venus d’ailleurs qui flattent nos palais. Symphonies gustatives.

Mais comment faisaient-ils avant? Que mangeaient nos ancêtres?

Dans ce domaine, j’aime provoquer mes grands élèves en leur disant que s’ils étaient nés il y a 500 ans, ils seraient morts de faim, leur alimentation de base étant inconnue… Regards interrogateurs puis affolés, j’adore ! (bourreau d’enfants, je sais) 

mauvaises_habitudes_info.jpegLa preuve? L' »ado vulgaris » se nourrit de frites et de chips, de ketchup et de pizza, de pop corn et de barres chocolatées. La tomate, la pomme de terre, le maïs et le cacao, produits américains, furent seulement proposés aux palais européens bien après la découverte du Nouveau Monde par Christophe Colomb en 1492. 

Cris, exclamations, stupéfaction : mais que mangeait-on alors en ce temps-là? Bonne question qui nous interpelle tous. Éliminons tout ce que nous aimons où peu ou prou on rencontre la sauce tomate et la pomme de terre… Que nous reste-t-il de nos plats quotidiens ?

Alors que mangeaient donc nos ancêtres ? Pas grand-chose de goûteux à se mettre sous la dent sauf ces brouets immondes à base de choux et autres tubercules relevés d’un bout de gras comme on aimait nous le détailler dans les chapitres sur le Moyen Âge de nos livres d’histoire? Pas si sûr…

Précisons d’abord bien les choses : Christophe Colomb ne s’est pas embarqué uniquement pour découvrir l’ancêtre du Nutella et du Heinz Ketchup. Certes, mais son but était tout de même de découvrir une nouvelle route vers la Chine et l’Inde, terres de précieuses épices. Oui, un des moteurs des grandes découvertes du XVIème siècle fut effectivement la recherche de nouveaux itinéraires pour rejoindre l’Extrême Orient au nez et à la barbe des Arabes et des 0ttomans.

Un peu d’histoire : En Méditerranée, au Moyen Âge, le commerce des épices appartenait aux Arabes et aux Vénitiens avec comme lieu d’échange l’Égypte et Constantinople.

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Les Ottomans menaçant cette ville, les Portugais cherchèrent dès le milieu du XVème siècle à contourner l’Afrique sous l’impulsion d’Henri le Navigateur. Gênes, contrairement à Venise, sentit aussi le vent tourner, misa sur l’Atlantique et installa des comptoirs à Madère et aux Açores. La chute de Constantinople en 1453 se fit dans une certaine indifférence politique tellement elle était prévisible. Mais elle entraîna avec elle le déclin de tout le commerce méditerranéen des épices et la ruine de Venise. C’est pourquoi Christophe Colomb (Gênois d’origine, rappelons-le, et élève d’une école de navigation portugaise) décida, non pas de chercher à contourner l’Afrique – le projet était déjà bien avancé par ses compagnons d’études – mais de partir droit devant vers les Indes et leurs trésors culinaires.

Car les Hommes du Moyen Âge avaient un pressant besoin de ces fameuses épices, en tant que condiments mais aussi de médicaments. Tout cela vous est raconté dans un livre passionnant. Catalogué « polar gastronomique », c’est surtout le côté culturel qui vous contentera, l’intrigue policière étant un peu mince. Vous y découvrirez les luttes religieuses, la façon de voyager de cette époque, la lutte entre apothicaires et médecins, la gastronomie et sa révolution avec l’apparition des produits du Nouveau Monde, une nouvelle façon de vivre en Italie : la Renaissance. Vous y rencontrerez aussi Michel de Notre-Dame alias Nostradamus ! Bonne lecture! 

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Insolite parisien

J’aime Paris, amis lecteurs, vous en doutiez encore? Et toujours à l’affût de ce qui se dit, s’écrit, se regarde pour le redécouvrir encore et encore le jour et la nuit, à la surface, sous-terre ou dans les airs…

Alors là, j’ai du lourd à vous proposer: la Tour Eiffel qu’on déshabille, le siège de l’Opéra Garnier par le GIGN, les grands hommes refroidis du Panthéon, les greniers du musée d’Orsay. Trop courus à votre goût (quoique vous en verrez des belles sous leurs faces cachées !) ? Alors le Paris de Boris Vian, de Jacques Prévert… celui d’Hemingway, de Gustave Moreau ou des Trois Mousquetaires, plus original, non? Et les lignes et les stations de métro devenues fantômes… ou le sous-sol glauque du boulevard Richard Lenoir.

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detours-en-france_n-164_octobre-2012.jpegTextes intéressants, belle iconographie et carte détaillée avec tous les lieux indiqués. Courez acheter le numéro de décembre 2012 de Détours en France. Vous voulez feuilleter le début?

https://kiosque.uni-editions.com/flipbook/bookflip.php?b=419_low

 

 

 

 

 

Je vous avais présenté précédemment le numéro consacré au Paris 1900: http://nouveautempolibero.skynetblogs.be/archive/2012/07/05/reves-de-papier.html

 

affiche%20hopper.jpegEt si vous êtes à Paris pour les fêtes ou les vacances scolaires, ne ratez sous aucun prétexte l’exposition Hopper au Grand Palais dont je vous avais parlé dans mon précédent blog :

http://tempolibero.skynetblogs.be/archive/2012/01/20/hop-hopp.html

Il faut s’armer de patience, vu le succès et les inévitables files. Jusqu’au 28 janvier. Je ne désespère pas de m’y rendre, escapade d’une journée, si l’état de mon homme le permet. Toutes les infos ici et surtout de superbes petits films, faites dérouler à gauche ou à droite, il y en a pas mal.  

http://www.grandpalais.fr/grandformat/exposition/edward-hopper/

Sur ce, bon réveillon et joyeux Noël à tous ! Ne vous chargez pas trop l’estomac car la prochaine fois, je vous parle de nourritures terrestres…