Un nez littéraire

Pas celui démesuré de Cyrano, je vous rassure!

Non, ce petite livre que j’ai entre les mains, je passerais bien ma nuit à vous le retranscrire dans son intégralité tellement il m’a enivré les fosses nasales malgré un rhume persistant. Une merveille. Quelques extraits pour vous mettre en appétit littéraire et olfactif.

Voici la description de cinq parfums (ou odeurs). Jouons, voulez-vous, un peu comme à ce loto pour enfants. Que décrit l’auteur?  En pleurs

  • C’est le mufle d’un monstre qui nous souffle à plein visage sa trop chaude haleine de tropique[…] On grelotte un peu, et on sourit, tandis que, bien à l’abri, on inspire le fumet que le massacre délivre, humus de marais, tourbe, sève, sucre des corolles des lys, poils de bêtes aux abois, soupe de terre relevée par le frisson des lavandes vertes. Le vent revanchard brasse tout cela  tout en poussant vers l’est, encore paisible à cette heure, le fatras des nuages crevés et les coups de tonnerre.

Turgescentes, fendues par endroit sous la poussée de leur chair, renflées, kysteuses, superbement inégales, elles sont déposées dans des paniers d’osier.[…]Ma mère nettoie des casseroles en fer-blanc si grandes que l’on pourrait m’y cuire. Massacre aztèque : ma mère a les mains ensanglantées. Son couteau tranche, écrase, sépare, fait sourdre la pulpe, met à nu pépins, chair et alvéoles. […] Ne restent que leurs sangs mêlés, lissés, unis, brûlants, dont les vapeurs montent jusqu’à moi et me font du charme. Sucre et soleil. Condensé estival…

  • Au travers de ce gâteau, c’est elle qui me hante, son entêtante musique olfactive d’hiver et de fête, stupéfiant licite propre à rendre élégante la plus française des pâtes, à lui donner en vérité la beauté d’un accent. Même le vin rouge ordinaire, pour peu qu’on le laisse frémir longuement dans une casserole sur un coin du fourneau se mue grâce à elle en un diable ensorcelant […]. Les langues se mettent à tisser contes et fantasmagories. On se met à parler soudain de minaret, de toundra, de caravansérails, de petits chevaux et de steppes… 

J’ouvre grand les fenêtres pour que l’odeur puissante entre dans toutes les pièces. Il me semble qu’elle me parle de mes ancêtres, pour la plupart paysans. Mon père bêche. je transporte les seaux, pousse la brouette jusqu’à lui. À coups de fourche, mon père referme la tranchée. Le froid de la terre, son humidité compacte, sa noirceur pesante absorbent la matière organique et l’étouffent. On est au-dessus d’un ventre digérant sans bruit, un repas considérable. Et tandis que je tends à mon père un grand mouchoir à carreaux pour qu’il s’essuie le front, et que je savoure cette complicité d’hommes qui à ces instants nous unit, je ne serais pas plus surpris que cela d’entendre un rot souterrain, grave, comme un remerciement à nous adressé par des divinités telluriques, coprophages et repues.  

  • Un réverbère lui tient lieu de lampe de chevet, éclairant les nuits de printemps ses frondaisons de jade d’une lumière de chandelle […]. Il déploie au-dessus de nos têtes son immense ombrelle de feuilles neuves, de pétales pâles et de pollen farineux d’un jaune sourd. Les respirant, on se gorge déjà d’un miel qu’il ne reste qu’à produire, comme une transmutation de matière, le gaz devenant le solide, et ces grands soirs de juin auront ainsi dans le mois de décembre gelé et neigeux leur prolongement blond, étalé au retour des parties de luge, sur des tranches de pain chaud, ainsi que dans la tisane brûlante où les fleurs de l’arbre, quittant leur condition de prisonnières desséchées se morfondant dans un bocal de verre, par le miracle d’un réhydratation fulgurante, ouvriront de nouveau leurs corps dans l’eau chaude en donnant à celle-ci, pour tribut votif, leurs senteurs préservées.

Trouvés? Il y en a ainsi un peu plus d’une soixantaine, décrits en deux cents pages environ. De quoi s’enivrer le nez, les yeux, l’esprit !

9782253175391-T.jpeg« En dressant l’inventaire des parfums qui nous émeuvent – ce que j’ai fait pour moi, ce que chacun peut faire pour lui-même –, on voyage librement dans une vie. Le bagage est léger. On respire et on se laisse aller. Le temps n’existe plus : car c’est aussi cela la magie des parfums que de nous retirer du courant qui nous emporte, et nous donner l’illusion que nous sommes toujours ce que nous avons été, ou que nous fûmes ce que nous nous apprêtons à être. Alors la tête nous tourne délicieusement. » P.C.

 Philippe Claudel.

J’avais résisté à La petite fille de Monsieur Linh, et aux Âmes grises mais je crois que je vais courir vers elles et bien d’autres écrits!

J’aime les textes courts, concentrés comme ceux de Philippe Delerm dont j’ai souvent parlé ici. À la différence de Delerm qui nous confronte à des clichés instantanés, aveuglants et percutants, Claudel nous prend la main pour de lents travellings somptueux. Le mélange me convient parfaitement. 

Les réponses, au cas où…: pluie d’orage, sauce tomate, cannelle, fumier, tilleul.

Une petite dernière, très évocatrice, et moralisatrice en passant…

On sait en y pénétrant qu’on ne se rend pas chez un fleuriste. L’urine rancie, les excréments, le Crésyl et la Javel composent des miasmes qui peuvent figurer la litanie de notre misère. On y prend un cours de morale à moindre frais. Les respirer vaut acte d’humilité et de contrition. Notre monde rêve d’être inodore, c’est-à-dire inhumain. Dans les siècles qui ont précédé le nôtre, tout sentait, le pire et le meilleur. Nous traquons les odeurs, celles de nos corps, celles de villes, comme de hauts délinquants qui nous rappellent trop que nous produisons des humeurs et qu’elles empestent… (Pissotières)

Bonne lecture odorante !    

À la sauce normande

S’appeler Madame Capet, reine de France puis devenir Madame Plantagenêt, reine d’Angleterre au 12ème siècle, c’est tout de même un destin extraordinaire !

Bravo à Aliénor d’Aquitaine qui a ainsi permis aux Anglais de posséder de quoi passer des week-end très variés en France : le duché d’Aquitaine, terre d’une éblouissante  civilisation avec ses troubadours développant la langue d’oc. Et d’y prendre goût jusqu’à nos jours, je me souviens d’un banquet organisé en 1997 sur la grand-place de Duras par un ami vigneron où tous les convives et touristes s’exprimaient dans la langue de Shakespeare.

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Aliénor aimait récompenser ses fidèles serviteurs, par exemple un certain Robert. Ce serviteur était le saucier de la reine, c’est-à-dire l’officier de cuisine chargé de préparer ou de surveiller la salaison, les saumures et les sauces, une mission de confiance à l’époque ; il exerçait également la fonction de bailli de Domfront, une petite ville de Normandie, avec des attributions comptables et fiscales.  

Robert le Saucier reçut donc en récompense de nombreuses terres à Domfront, dont les marais de Rouellé-la Haute Chapelle. À  cet emplacement complètement isolé et en cette fin du XIIème siècle, il y fit construire une première demeure seigneuriale sur une motte défensive.

photo-634236390346250000-1.jpegAu XVème siècle, une résidence très militaire fut édifiée par la famille Doynel. Le manoir de Saucier prend alors l’allure d’une tour-porche en grès armoricain parée de granit et de tours rondes percées de meurtrières et coiffées d’un pavillon carré. Fin du XVIème siècle, les parties hautes furent remplacées par l’ouvrage actuel en pans de bois supportant des toitures en forme de carène de navire renversée.

Au XVIIème siècle, à l’arrière de cette porte-châtelet, un second manoir fut construit, disparu aujourd’hui. Car malgré l’extraordinaire conservation de la porte monumentale, le site seigneurial de la Saucerie a été profondément bouleversé au fil des siècles et reste mal connu. Les vestiges actuels sont surprenants mais ne donnent sans doute qu’une vision très partielle de l’ensemble fortifié, encore en place au milieu du XIXe siècle. 

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Construction tout à fait extraordinaire dont la photo atterrit mystérieusement il y a peu sur ma page Facebook, envoyée par l’office du tourisme de l’Orne. C’est que tout cela est à vendre. Le propriétaire, pourtant aidé par des subventions de l’état et des associations de bénévoles, n’y arrive plus et jette l’éponge. Scandale dans les journaux locaux, et on cherche un repreneur pour une somme approchant les 700.000€. Tout de même ! me direz-vous ; oui, mais il s’agit là d’un monument précieux historiquement parlant.  

« La porte monumentale constituait à elle seule une unité d’habitation et de défense, un véritable manoir. Sans doute bâtie au XVIe siècle, elle comporte, sur chacune de ses deux principales façades, une porte charretière et une porte piétonne, équipées chacune, à l’origine, d’un pont-levis. L’habitation se développe sur quatre niveaux et trois étages, avec un grand nombre de postes de tir intérieurs pour arbalètes ou armes à feu. L’impression qui s’en dégage est une impression de force. Les couvertures en bardeaux de châtaigner, en forme de carène de navire renversé surmontées d’un élégant clocheton, sont en cours de restauration. Elles confèrent à l’ensemble une personnalité et un pittoresque incontestables. »

Envie d’une résidence secondaire sortant de l’ordinaire? Manifestez-vous vite car chef d’oeuvre en péril.

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D’autres étonnants vestiges de tels manoirs existent dans cette région du département de l’Orne.

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Le site de la Saucerie (proche de Domfront, dans le coin inférieur gauche de la carte) est notamment voisin de Juvigny-sous-Andaine où on trouve sur les restes du château de Bonvouloir (1485), une tour appelée « le Phare » culminant à 27 mètres.

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Une région dont la richesse monumentale est peu connue chez nous. À visiter donc d’autant qu’on peut s’y rendre en évitant les périphériques parisiens!

 Et si vous me permettez une comparaison avec le patrimoine de chez nous, j’ai tout de suite pensé au Château de Crupet, en province de Namur, même époque et même démarche architecturale, non?

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Week-end de réglements de comptes et autres contes

On a oscillé entre Shakespeare et Hoffmann, pas mal me direz-vous. Avec des cantatrices à la sauce Nicolaï et Offenbach.

Vendredi, ce fut le jour des commères dont on connaît à l’opéra les aventures génialement racontées par Verdi dans Falstaff, son ultime chef-d’oeuvre lyrique. Cette fois, c’était l’oeuvre peu jouée d’Otto Nicolaï, compositeur allemand dont le testament musical fut réduit (il mourut jeune) mais cependant important, faisant le lien entre Weber et Wagner avec un zeste de Rossini.

La production proposée à Liège venait de Lausanne et en a surpris plus d’un. Le metteur en scène transpose l’oeuvre au 20ème siècle et introduit un nouveau personnage : un psychologue de couple. Car Madame Fluth (Mrs Ford chez Shakespeare et Verdi) n’en peut plus de la jalousie maladive de son mari, se met à fantasmer sur ce Falstaff qui lui envoie des mots doux et finit par lui céder. Ce n’est donc plus le gros homme qui fantasme sur ces femmes mais bien les commères qui rêvent de lui et s’en expliquent auprès du psychologue. Tout cela fonctionne très bien au premier acte mais devient peut-être un trop répétitif au second. De plus, la confrontation entre Falstaff et Monsieur Fluth devient un cauchemar névrotique vécu par celui-ci. Bref, ce Falstaff qui enflamme les coeurs et les corps reste invisible à nos yeux, tout le temps caché dans un lit à baldaquins, apparaissant seulement réellement au dernier tableau déguisé en animal à cornes lubrique. Personnellement, j’ai toujours un peu de mal avec ces scènes de cache-cache dans les bosquets que ce soit à la fin des Noces de Figaro ou du Falstaff de Verdi. 

Si on accepte le parti-pris osé et le rythme genre folle journée, on s’amuse beaucoup -ce qui fut mon cas- mais le public liégeois a moyennement apprécié si on en juge aux applaudissements assez tièdes au rideau final. Musicalement, Christian Zaccharias mena de main de maître un orchestre irréprochable mais froissa peut-être un peu le public en lui refusant d’applaudir notamment à la fin de la célèbre ouverture et lors des très belles performances vocales des chanteurs (Franz Hawlata, Werner Van Mechelen, Anneke Luyten). Pourquoi également faire chanter le sublime choeur du 3ème acte par des choristes massés dans la fosse d’orchestre sous le plafond ? Ils en sont devenus presqu’inaudibles. Que dire du vase chinois symbolisant l’habituel imposant panier d’osier, on peut juste y glisser la chemise et le slip de Falstaff…

Quelques incongruités qui n’entachèrent pas notre plaisir musical, la partition étant très belle, dans ce réglement de comptes conjugaux à Windsor. 

 

Samedi, nous avions rendez-vous avec Hoffmann en direct du Met de New York. Réglement définitif de contes ici puisqu’on est apparemment arrivé à ficeler une histoire cohérente avec la version Oeser de 1986.

En effet, Offenbach mourut pendant la composition de son seul opéra. Il laissa de multiples versions, avec ou sans dialogues, ne sachant choisir si ce serait Antonia ou Giulietta la dernière femme de son héros. Le plus intéressant, c’est l’ampleur prise par le personnage de Nicklausse : muse du poète, protecteur contre ses démons, critique plein de bon sens de son aveuglement romantique. Kate Lindsey remplit parfaitement ce rôle avec une élégance, un humour et une voix digne de grands rôles de Berlioz. Petit extrait datant de 2009, son français est bien meilleur en 2015…

J’avais beaucoup aimé Joseph Calleja en 2009 (petit extrait ci-dessus)  avec ce timbre si particulier qui engendre la douceur et la mélancolie, et un physique empathique. Vittorio Grigolo, lui, est vif comme l’argent, emporté. La voix est est certes plus légère, idéale pour Puccini ou certains opéras de Verdi mais endurante, et l’artiste tient le coup avec panache jusqu’au bout d’un rôle vraiment assassin! Les quatre vilains de Thomas Hampson rivalisent superbement de cynisme et d’humour noir mais la voix m’a semblé un peu fatiguée à certains moments et nous eûmes droit à quelques bribes de phrases en langage yaourt, pas très habituel chez ce chanteur de lieder à la diction d’habitude exemplaire. Mais son séjour à New York était bien rempli : master classes et concerts, sans doute un petit coup de mou humainement parlant bien excusable. Il a cependant parfaitement chanté le fameux « Scintille, diamant » avec couleurs et nuances vocales sophistiquées et une intelligence du texte sans reproches. La mise en scène est colorée, inventive, mélangeant les thèmes chers à Offenbach dans ses opérettes, bref on ne voit pas le temps passer. 

   

J’aurais dû conclure dimanche avec le conte-film Paddington mais la tempête de neige eut raison du petit ours.

Comptes ou contes, qu’importe! Ce fut un bien beau week-end musical, qui tous comptes faits, nous combla! 

Un petit livre blanc

Comment ce petit livre, best-seller mondial, est-il entré dans ma vie?

Je ne le sais plus très bien si ce n’est qu’il était question de te faire un cadeau, chère Micheline fidèle lectrice et contributrice de ce blog… Authentique connaisseuse de la littérature anglo-saxonne et parfaite bilingue bien que professeur de français, sans doute est-ce toi qui m’as conduite vers lui… 34021943.jpegJ’avais acquis la première édition traduite en français chez Autrement, couverture blanche, d’où le titre de mon post Embarrassé  Un pour toi, un pour moi. J’attends impatiemment ton commentaire si tu as plus de souvenirs que moi!

Mais ce dont je me souviens, ce sont nos commentaires enthousiastes. Et lorsque je l’ai retrouvé, ce petit livre blanc, lors d’un rangement il y a peu, j’ai voulu savoir si la magie allait encore opérer. Affirmatif!

Pourtant sur Internet, j’ai lu bien des comptes-rendus déçus de lecteurs francophones. Sans doute y cherchaient-ils des avis sur certains chefs-d’oeuvres indiscutables et connus des francophones : Shakespeare, Dickens, Jane Austen… Et que non, ils se coltinent des listes de livres et d’auteurs inconnus et rébarbatifs !

Alors ?

Ce n’est pas ça qu’il faut aller chercher dans le livre épistolaire d’Hélène Hanff. Ce qui le rend jouissif, c’est tout d’abord la personnalité de son auteur : une New Yorkaise originale et rigide qui fait son shopping par correspondance dans une petite librairie londonienne au 84, Charing Cross Road. Son envie de posséder des ouvrages rares dans des éditions improbables, ses difficultés de paiement – elle envoie les dollars dans ses courriers , les mandats, elle ne connaît pas. Mais insensiblement les rapports épistolaires très secs, presqu’autoritaires et puritains glissent vers l’empathie, l’amitié et même l’amitié amoureuse. Les Londoniens meurent de faim en ces années d’immédiate après-guerre, Hélène déniche alors un catalogue américain qui peut envoyer des denrées alimentaires et ses colis d’oeuf en poudre et de jambon par exemple font la joie de ses amis libraires du bord de la Tamise. Comme elle se met en rage devant les crédits américains grassement allongés pour la reconstruction de l’Allemagne et du Japon, ennemis d’hier, et l’abandon financier de l’Angleterre, alliée fidèle ! On plonge dans cette époque pas si lointaine pourtant où des opérations banales sont encore bien risquées et souvent mortelles, où l’approvisionnement de la boutique en livres intéressants oblige à des voyages incessants et périlleux dans l’arrière-arrière-arrière pays de la campagne anglaise et du Royaume-Uni. Oui,  tout cela est bien savoureux et émouvant d’humanité.

Bien évidemment, tout cela n’aurait pas existé sans l’amour de la littérature et des livres ! 

Mais ce qu’il faut  aller chercher dans ce petit livre, ce n’est pas vraiment ce qui est écrit mais ce qui y est sous-entendu par la transformation des formules de politesse, des signatures, le croisement des interlocuteurs… C’est pudique, discret, imperceptible.

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L’équipe des libraires correspondants d’Hélène

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La boutique fermera en 1968, sans qu’Hélène puisse jamais s’y rendre, faute d’argent, elle était en effet scénariste de séries pour la télévision américaine au travail bien aléatoire.  Elle finira tout de même par enfin découvrir Londres et racontera ce voyage tant de fois rêvé dans La Duchesse de Bloomsbury Street. 

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D’autres infos

kevs-presents-001.jpgCharing Cross Road est une rue du centre de Londres, pas loin de St Martin-in-th-Fields. Ell est réputée pour le nombre de librairies que l’on y trouve. (C’est aussi là que se trouve un des plus vieux pubs « Au Chaudron baveur » célèbre aujourd’hui grâce à Harry Potter et où nous sommes allés de temps en temps boire des coups, mon homme et moi !)

Hélène Hanff, née le 15 avril 1916 et morte le 9 avril 1997, est une écrivaine américaine. Auteur de pièces de théâtre, elle a également écrit de nombreux livres et des scénarios pour la télévision. Son livre a fait l’objet notamment d’une adaptation cinématographique en 1987 avec Anne Bancroft et Anthony Hopkins dans les rôles principaux.

 

 

Voic un site où vous trouverez toute la production littéraire d’Hélène Hanff (notamment de nombreux livres pour enfants)   

http://www.helenehanff.com/index.html

Et le site du Livre de poche où il est possible de lire quelques pages…

http://www.livredepoche.com/84-charing-cross-road-helene-hanff-9782253155751

Une lecture insolite que je vous recommande, un de ces livres dont le souvenir et le charme vous  accompagneront longtemps!

 

Le rustre magnifique

Comme un air de famille, non ?

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Sauf que, à droite, nous avons deux oeuvres bien connues de Claude Monet, peintre impressionniste ayant vécu le premier quart du 20ème siècle ;  

et à gauche, les oeuvres d’un peintre né avant la Révolution française, donc au 18ème siècle : TURNER.

William Turner, Mr Turner selon le titre du superbe film de Mike Leigh.

 

Certes dans les dernières années de sa vie présentées dans ce film, Turner n’a pas la conversation facile, comme un accent de sanglier ardennais coincé aux entournures. Mais comment pourrait-il en être autrement quand on est tellement en avance sur son temps, donc victime de railleries, soupçonné d’avoir la vue basse ou l’esprit dérangé par la société anglaise amidonnée à la sauce victorienne… 

Sans doute pour beaucoup d’entre nous, se souvient-on de ces deux tableaux quand on pense Turner :

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Mais prendre conscience que cette énorme production novatrice est née 40 ans avant le début de l’impressionnisme français m’a absolument sidérée. Car si l’on sent dans cette peinture, une force sauvage et tellurique en accord avec le personnage, d’autre part la délicatesse et l’originalité de l’aquarelliste sont stupéfiantes. Infatigable voyageur comme tout intellectuel de son temps, Turner se promena en Allemagne, en France, dans les Alpes, en Italie, en Hollande. Voici deux recueils des aquarelles sur Venise et la Loire.

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Quel long chemin artistique Turner fit-il, comme en témoignent ces deux tableaux : à gauche, celui de Turner ; à droite, celui de Willem Van de Velde daté de 1672.

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Pour en arriver à ceci, pas loin de l’abstraction! Une abstraction lyrique.

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Très loin du courant des Préraphaélistes en vogue à la fin de sa vie !

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John Ruskin, son exécuteur testamentaire, fut sans doute le seul lien entre le courant néo-gothique de ces jeunes peintres et Turner déjà en route vers l’impressionnisme. 

late-turner-banner.jpegL’exposition à la Tate Gallery se terminant le 25 janvier,

http://www.tate.org.uk/whats-on/tate-britain/exhibition/ey-exhibition-late-turner-painting-set-free

il reste donc à la plupart d’entre nous la possibilité d’aller voir ce très beau film regroupant toutes les qualités anglaises : superbes images, vrai documentaire, scènes familiales. Ou de se plonger dans les livres et autres documentaires, la passion est au bout!

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Partez à la découverte de cette oeuvre immense et révolutionnaire. Ce site vous présente des centaines d’oeuvres. Bon voyage! 

http://www.william-turner.org/ 

Ô sainte B…

Sainte B… au pif, dans la foulée, on pense à : 

– Sainte-Barbe, la patronne martyre des mineurs et des carriers, si familière en nos régions (une potale la représentant avait été installée dans le tunnel de Cointe pour protéger les ouvriers chargés du percement) 

– Sainte-Bernadette (Soubirous) qui veille à la prospérité de Lourdes

– Sainte-Beuve, c’est un homme ! l’écrivain et critique du XIXème siècle

– la Sainte-Baume, le gros caillou entre Toulon et Marseille qui approvisionna notamment ces deux grandes villes en glace naturelle  

La Sainte Bible ? En ces temps de Noël… Mais non, ce n’est pas dans mes idées, comme on dit pudiquement ici!

Alors, cette B… que je révère aujourd’hui, qui peut-elle être? Oh, un objet au départ pas tellement glamour qui glougloute et fait immanquablement penser aux papys et aux mamys frileux, un peu comme le Damart… Sauf que, comme le Damart justement, elle a pris un sacré coup de jeune, LA BOUILLOTTE! On en voit de toutes les formes et de toutes les couleurs, écolo et bio qui carburent à toutes sortes d’énergies.

Par ces temps de grand froid, je vous offre donc une parenthèse calorifère !

Mais attention! Si vous tapez « Bouillotte » dans votre moteur de recherche, vous trouverez des tables et des lampes Louis XVI et Empire. On se souvient que Marie-Antoinette avait la passion du jeu et qu’elle contracta des dettes qui mirent en péril plus d’une fois le règne de son mari. À l’époque apparut le jeu de cartes « Bouillotte » et avec lui le mobilier adéquat…

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Mais revenons à nos confortables calories.   

C’est que la bouillotte a toujours existé et bon nombre de ses antiques déclinaisons se trouvent encore sans problèmes sur les brocantes ou chez les antiquaires. En cuivre, en laiton, en grès, en fonte  

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Fonctionnant avec des braises, de l’eau chaude ou à mettre au four

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Portative pour le voyage… de toutes les sortes, souvent de très beaux objets!

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La bouillotte ringarde et démobilisée par la modernité, c’est ce que je croyais jusqu’à ce mois de mars de l’an dernier où une douleur vraiment atroce me coinça plusieurs jours durant l’épaule droite. Rien de la pharmacopée moderne n’en vint à bout, j’en pleurais à chaudes larmes à chaque petit centimètre de déplacement de mon bras. Jusqu’à ce que mon amie Barbara m’apportât une bouillotte à eau sous fourrure polaire. Cette frileuse à 200% me persuada que c’était le remède miracle, je confirme! La douce chaleur irradia dans mon articulation endolorie et m’apporta enfin un vrai soulagement!

Un premier miracle.

Qui me fit voir la bouillotte à papa sous un autre oeil et franchement, je suis entrée dans une modernité du produit que je ne soupçonnais pas. Alors si vous avez froid, voilà de quoi vous réconforter, il y en a pour tous les goûts, je vous fais le catalogue ?

Les plus modernes: aux noyaux de cerise ou aux graines de blé enveloppés d’huiles essentielles relaxantes de lavande provençale, au gel chauffant. De toutes les formes, doudous pour petits et grands. On les passe au micro-ondes et hop! 

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 Les bouillottes pour les mains, pour les pieds, pour le dos, pour le cou…

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Et toujours à l’eau chaude, aux céréales, au gel et le chauffe-lit antique reconverti à l’éléctricité. Quelles que soient les parties du corps, le confort est là! Et on peut même se la jouer petit renard tour de cou sans sacrifier le moindre goupil…

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Mais vous aimez l’eau chaude ; le plaisir de sentir le liquide se déplacer, gouglouter, ronronner, c’est déjà bien relaxant. Pour ne pas gâcher le plaisir esthétique, il existe aujourd’hui des merveilles de poésie, d’humour et de design !

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On peut faire dans le plus traditionnel et même se tricoter une jolie housse perso…

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Un deuxième miracle !

Celui qui me fait vous écrire ce post… Depuis presque deux ans, le sommeil me fuit. Moi la grande dormeuse devant l’éternel! Dormir était depuis toujours un des mes grands plaisirs et bien des fois, mon mari me disait que me voir dormir le rassérénait, lui l’insomniaque… Mais le veiller pendant quatre mois dans un fauteuil inconfortable à quelques centimètres de son lit, l’esprit toujours en éveil au moindre souffle, au moindre mouvement m’ont fait perdre le sommeil. Des pilules, je n’ai pas osé, il faut que tous les matins à 8 heures, je sois opérationnelle pour mes élèves. Alors, que faire ? J’en étais épuisée il y a une semaine encore. Et puis j’ai repensé à la bouillotte, à sa chaleur enveloppante et ça marche! La chaleur irradiante facilite la relaxation profonde et l’endormissement, j’apprécie pendant ces vacances sans réveil barbare. On verra à la rentrée scolaire mais en attendant, je savoure. Et je récupère.

Bouillotte.jpgAvis à vous tous les amis en délicatesse avec le sommeil, la bouillotte, la bonne vieille bouillotte peut vous permettre d’apprivoiser le doux dodo tant recherché. Sous la couette, un demi-litre d’eau chaude qui vous accompagne doucement jusqu’au réveil, quoi de plus simple? Et si vous êtes frileux, ça marche tip-top et c’est pas cher!  

Ô sainte Bouillotte, merci!

   

 

Collés !

Voici quelques semaines – et ci plus bas pas bien loin -, je vous avais proposé un petit jeu de reconnaissance d’une vue de Paris. J’avais misé sur l’omniscience de quelques ami(e)s à propos la capitale française.

Mais que nenni !

Dominique de Saint-Lazare a été la plus courageuse, me proposant Saint-Germain puis le jardin Anne Frank près de la rue Rambuteau, bel effort qui nous rapprochait du but… Micheline a tenté Montmartre. J’ai rectifié le tir en parlant de Picasso restauré… Plus rien d’autre. Les amis Bruno et José sont restés muets. Un peu déçue.

Alors entre les deux frénésies de fin d’année, je m’octroie une petite plage de calme pour vous donner la solution.

L’endroit, tellement secret, mérite vraiment découverte et explications !

DSCN0500.JPGIl s’agit du jardin Francs-Bourgeois-Rosiers situé sur le site de la Maison de l’Europe, au 35 de la rue des Francs-Bourgeois dans le Marais.

C’est en sortant d’une exposition au Musée Carnavalet en juin 2012 que, à la recherche d’un endroit calme afin d’échapper aux hordes de touristes arpentant le quartier, j’ai traversé une cour, passé une porte et découvert ce havre de paix. L’immense cheminée le surplombant avait également attiré mon attention, une telle cheminée en plein 4ème arrondissement, incongrue!

De retour a casa, j’ai creusé le sujet. Je vous livre le fruit de mes recherches.

 

Pour l’atteindre au départ de la rue des Francs-Bourgeois, il faut donc entrer dans l’Hôtel de Coulanges au n°35.

Ce bâtiment en soi est déjà chargé d’une histoire peu banale.

Construit au bord de l’enceinte de Philippe Auguste (dont on peut voir de nombreux vestiges dans cette rue), il appartint tout d’abord au Prieuré de Saint-Catherine du Val des Ecoliers. Puis en 1391, aux frères d’Estouteville qui aménagèrent le jardin. En 1639, Phlippe de Coulanges en devint propriétaire. Cet homme est l’oncle de Marie de Rabutin-Chantal, une jeune orpheline qu’il recueillit et qui y vécut jusqu’à son mariage qui lui conféra alors le nom de Madame de Sévigné. L’hôtel subit des travaux au XVIIIème siècle, connut de nombreux propriétaires pour être enfin inscrit en 1926 à l’inventaire des Monuments historiques. Il échappa à la démolition en 1961, fut rénové et devint la Maison de l’Europe en 1978.

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Le jardin maintenant. Plus de 1000 m2 ouverts au public depuis 2007 : une grande pelouse, des arbustes, des jeux pour enfants, des bancs, le calme, pas de touristes, quelques habitants âgés du quartier… Oui, un lieu improbable! Il porte également le nom de Rosiers car on peut depuis cet été 2014 y accéder par la rue des Rosiers. Une deuxième partie du jardin (elle aussi de plus de 1000 m2) s’étend à l’arrière de l’hôtel d’Albret et accueille une végétation plus exotique et odorante. Pas de nouvelles photos à vous proposer malheureusement car lors de notre passage dans la rue un dimanche d’août, tout était clos.

Et la grande cheminée, me direz-vous… Ah, là aussi, c’est une histoire « abracadabrantesque » comme disait le Grand Jacques ! Elle était la propriété de la Société des Cendres sise au 39…

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Usine qui recueillait les scories de métaux précieux auprès des orfèvres, bijoutiers et autres dentistes et qui les traitait en les brûlant dans un haut-fourneau, étonnante activité retracée dans cet article :

http://pietondeparis.canalblog.com/archives/2012/08/21/24934268.html

Le bâtiment restauré abrite aujourd’hui la marque de vêtements japonais UNIQLO. En se promenant sous la verrière, on peut voir la base de la fameuse cheminée spectaculaire à souhait !

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Si l’on compte dans une même rue des endroits aussi exceptionnels que le Musée Carnavalet, le Crédit Municipal et les Archives Nationales, celui que je vous ai permis de découvrir ne manque pas non plus d’intérêts historiques multiples, mélangeant les origines du quartier, son développement au 17ème siècle, un épisode de la vie de notre grande épistolière, un passé industriel étonnant, une présence européenne qui est devenue le point de chute des étudiants Erasmus, et un espace vert labellisé « Espace vert écologique ». Pas mal sur si peu de place…   

Le fond des fonts

Tout le monde à Liège (et au-delà, j’espère) connaît ce monument emblématique, ce chef-d’oeuvre du Moyen Âge : les Fonts baptismaux de Saint-Barthélemy.

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Ayant dû rassembler tant bien que mal mes souvenirs pour expliquer l’originalité de ce monument lors de deux visites impromptues, je me suis dit qu’il était peut-être temps de faire le point. Mes recherches m’ayant conduite sur une piste inattendue, je les partage ! Car, oui, cet extraordinaire objet représente le savoir-faire des orfèvres mosans sauf que… Vous allez voir!

Ces fonts baptismaux avaient à l’origine pris place dans l’église Notre-Dame-aux-Fonts, baptistère de la Cathédrale Saint-Lambert, la petite chapelle à l’avant-plan sur ce dessin à l’intersection des trois chemins.

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Ah, la cathédrale Saint-Lambert ! fantasme de tous les Liégeois qui la pleurent encore et toujours au point de l’avoir symbolisée sur la nouvelle Place Saint-Lambert. À droite du tunnel routier, la place des deux tours séparées par un dallage en croix. Plus loin, les colonnes traversant même la route et filant vers la place du Marché et le Perron, sur l’ancienne esplanade du Tivoli…

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Cet exceptionnel vaisseau de pierre pouvait contenir 4000 personnes ; avec sa flèche de 135 mètres de haut, elle était la  plus grande cathédrale du monde nord-occidental au Moyen Age. Sa destruction commença en 1794, lors de la Révolution liégeoise.

Les fonts baptismaux échappèrent au même sort (sauf deux boeufs du socle et le couvercle disparu – on chuchote qu’il se trouverait dans les combles du Victoria and Albert Museum de Londres) et furent transférés à la Collégiale Saint-Barthélemy toute proche en 1803, où on peut encore aujourd’hui les admirer.

 Pour tout le monde, ces fonts baptismaux sont l’oeuvre de Rénier, orfèvre de Huy entre 1107 et 1118. La pièce est en laiton, confectionnée d’un seul tenant à la cire perdue, avec un moule en argile dans lequel on a coulé le métal en fusion. Après le refroidissement, le moule fut brisé et la pièce parachevée (surfaces lissées, inscriptions gravées…). Pour réaliser cette pièce maîtresse de l’art mosan, l’artiste a dû faire la synthèse des techniques antiques, byzantines et mosanes.

Sauf que…

Sauf que des voix s’élèvent aujourd’hui pour contester tout cela!

Il y aurait notamment la composition de l’alliage qui semblerait être espagnole et sarde ; l’origine serait alors caroligienne et byzantine et non pas seulement mosane… ou alors romaine car les figurines sont réalisées comme celles de la colonne trajane. On parle même d’un butin de rapine lors d’un sac de Rome… 

 Voici ce que l’on trouve comme informations sur le site de la Ville de Liège :

L’origine de ces fonts suscite bien des questions. Les sources sont rares, et les informations sont soit incomplètes, soit suspectes. Deux noms d’auteurs possibles ont été cités : Lambert Patras, batteur dinantais, et Renier, orfèvre hutois. Mais ces attributions ne reposent pas sur des bases scientifiques satisfaisantes.

Depuis 1984, deux hypothèses s’opposent quant à l’origine même des fonts :

  • selon l’une, ils seraient le chef-d’œuvre de l’art mosan, fabriqués dans nos régions à l’époque où ils furent placés dans l’église (1107-1118).
  • selon l’autre, ils seraient l’œuvre d’artistes byzantins de la fin du Xe siècle, et auraient pu être fondus à Rome sur ordre de l’empereur Otton III, puis razziés en Italie par une armée liégeoise à l’époque de leur apparition en l’église baptistère.

Certains spécialistes n’excluent pas qu’ils aient pu être fondus en pays mosan avec la collaboration ou sous l’influence d’artistes byzantins, vu l’importance du rayonnement culturel de Constantinople au coeur même de l’empire germanique. Des analyses de laboratoire, effectuées en 1993, n’ont pas permis de confirmer l’une ou l’autre hypothèse : elles démontrent seulement que le plomb présent dans l’alliage provient d’Espagne ou de Sardaigne, alors que d’autres oeuvres du XIIe siècle, d’origine mosane incontestable, ne contiennent que du plomb local.

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Au gré de mes recherches, j’ai trouvé des représentations de nombreux fonts baptismaux romans du même style aux alentours de Liège mais tous ont une cuve en pierre…

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Voulez-vous vous faire votre propre opinion? Voici quelques liens qui vous y aideront. Vous y trouverez également la description précise de l’oeuvre.

http://fr.wikipedia.org/wiki/Fonts_baptismaux_de_Saint-Barth%C3%A9lemy 

http://www.liege.be/culture/musees/les-musees-de-liege/fonts-baptismaux-de-saint-barthelemy

Vous voulez mon avis? Il y a là matière à un bien beau roman policier historique ! C’est la mode (et j’y ai succombé avec bonheur notamment avec le beau Nicolas le Floch!) avec des intrigues souvent situées en Italie ou à Paris. Pourquoi pas dans la capitale de notre Principauté épiscopale appelée à l’époque « la Rome du Nord », aux confins de la Germanie, dans le pays de Charlemagne, avec à sa tête un prince-évêque…Oh, les intrigues!!! J’aurais un talent de romancière que je démarrerais tout de go!

Le lieu d’hébergement des fonts, Saint-Barthélemy, a aussi subi de nombreuses restaurations ces dernières années. De son aspect connu de tous dans les années d’après-guerre

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Voici comment elle nous apparaît aujourd’hui en face du musée du Grand Curtius. Un enduit typique des églises rhénanes de la même époque a été posé, la protège et lui rend ainsi une nouvelle jeunesse.

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Et savez-vous, qu’en dehors du chef-d’oeuvre que je viens de vous présenter, il en existe un autre dans cette église? Un plus contemporain dû à la main d’un grand comédien!

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Cet agneau du sacrifice, oeuvre du sculpteur Jean Marais.

compostelle.jpegDécidément, oui, cette collégiale vaut le détour d’autant qu’elle était sur un des chemins de Compostelle. La conque symbolique à ses pieds. Et que ses orgues viennent d’être restaurées. Trop de trop…

 

 

 

 

Au calme dans Paris…

Un tout petit peu de temps libre en ce week-end de corrections, quelques moments qui me permettent de quitter ma tablette « vite fait, bien fait » pour revenir flâner dans mes favoris sur l’ordinateur. Ma souris fouineuse me conduit alors sur un des blogs d’un ami virtuel redevenu parisien; les photos qu’il y avait postées à la Toussaint me ramènent à ces délicieuses balades que j’aime tant : le nez au vent, l’appareil photo à la main, le plan en poche au cas où… et en route pour la liberté, le sentiment ineffable de se sentir au bon endroit au bon moment, et de pouvoir se sourire à soi-même tellement on est bien ! Si j’ai longtemps crapahuté avec émerveillement dans des milieux montagnards isolés et hostiles avec mon mari, je n’ai jamais perdu le goût du trek urbain. C’était ma chasse gardée, mon plaisir de célibataire momentanée, ma respiration égoïste revendiquée sans complexes.

Le printemps 2012 fut, en ce sens, exceptionnel, heureux : plusieurs voyages en TGV vers la Provence fleurie avec, chaque fois à l’aller comme au retour, une étape parisienne. Mon dernier retour début septembre avec Bacchus, quel bon moment de connivence avec mon compagnon à quatre pattes !

http://nouveautempolibero.skynetblogs.be/archive/2012/09/08/a-happy-dog-in-paris.html

Mais avec aussi l’impression douce-amère d’être deux, de n’être déjà plus que deux… Je ne peux m’empêcher aujourd’hui de me dire que ma nouvelle vie se mettait alors doucement en place, subrepticement. J’en ressentais l’émergence sans imaginer encore les épreuves à venir mais les pressentant. Mon père m’a toujours traitée de « sorcière » dotée d’un sixième sens…

Ainsi Paris fut toujours le cadre des grands bouleversements dans ma vie, de l’adolescence à aujourd’hui. C’est sans doute pour cela que j’ai avec lui un tel attachement.

Lorsque nous rêvions de ce que nous ferions avec un gros gain au Lotto, mon mari me disait toujours: « Toi, tu achèterais un studio à Paris… » Oh oui, un studio sur les quais pour voir la Seine se métamorphoser au gré des heures et des saisons, le rêve! 

Et si certains me disent que Paris, c’est trop bruyant, trop stressant, je leur propose cet endroit…

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Un havre de paix, une oasis verdoyante, bien à l’abri des flots de touristes qui déambulent pourtant sans discontinuer à quelques mètres! Où, mais où ? me direz-vous… Allez, bonne fille, je vous propose un indice :

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On joue? Vous avez trouvé? Faites-moi des propositions, en tout bien tout honneur s’entend!!!