Collés !

Voici quelques semaines – et ci plus bas pas bien loin -, je vous avais proposé un petit jeu de reconnaissance d’une vue de Paris. J’avais misé sur l’omniscience de quelques ami(e)s à propos la capitale française.

Mais que nenni !

Dominique de Saint-Lazare a été la plus courageuse, me proposant Saint-Germain puis le jardin Anne Frank près de la rue Rambuteau, bel effort qui nous rapprochait du but… Micheline a tenté Montmartre. J’ai rectifié le tir en parlant de Picasso restauré… Plus rien d’autre. Les amis Bruno et José sont restés muets. Un peu déçue.

Alors entre les deux frénésies de fin d’année, je m’octroie une petite plage de calme pour vous donner la solution.

L’endroit, tellement secret, mérite vraiment découverte et explications !

DSCN0500.JPGIl s’agit du jardin Francs-Bourgeois-Rosiers situé sur le site de la Maison de l’Europe, au 35 de la rue des Francs-Bourgeois dans le Marais.

C’est en sortant d’une exposition au Musée Carnavalet en juin 2012 que, à la recherche d’un endroit calme afin d’échapper aux hordes de touristes arpentant le quartier, j’ai traversé une cour, passé une porte et découvert ce havre de paix. L’immense cheminée le surplombant avait également attiré mon attention, une telle cheminée en plein 4ème arrondissement, incongrue!

De retour a casa, j’ai creusé le sujet. Je vous livre le fruit de mes recherches.

 

Pour l’atteindre au départ de la rue des Francs-Bourgeois, il faut donc entrer dans l’Hôtel de Coulanges au n°35.

Ce bâtiment en soi est déjà chargé d’une histoire peu banale.

Construit au bord de l’enceinte de Philippe Auguste (dont on peut voir de nombreux vestiges dans cette rue), il appartint tout d’abord au Prieuré de Saint-Catherine du Val des Ecoliers. Puis en 1391, aux frères d’Estouteville qui aménagèrent le jardin. En 1639, Phlippe de Coulanges en devint propriétaire. Cet homme est l’oncle de Marie de Rabutin-Chantal, une jeune orpheline qu’il recueillit et qui y vécut jusqu’à son mariage qui lui conféra alors le nom de Madame de Sévigné. L’hôtel subit des travaux au XVIIIème siècle, connut de nombreux propriétaires pour être enfin inscrit en 1926 à l’inventaire des Monuments historiques. Il échappa à la démolition en 1961, fut rénové et devint la Maison de l’Europe en 1978.

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Le jardin maintenant. Plus de 1000 m2 ouverts au public depuis 2007 : une grande pelouse, des arbustes, des jeux pour enfants, des bancs, le calme, pas de touristes, quelques habitants âgés du quartier… Oui, un lieu improbable! Il porte également le nom de Rosiers car on peut depuis cet été 2014 y accéder par la rue des Rosiers. Une deuxième partie du jardin (elle aussi de plus de 1000 m2) s’étend à l’arrière de l’hôtel d’Albret et accueille une végétation plus exotique et odorante. Pas de nouvelles photos à vous proposer malheureusement car lors de notre passage dans la rue un dimanche d’août, tout était clos.

Et la grande cheminée, me direz-vous… Ah, là aussi, c’est une histoire « abracadabrantesque » comme disait le Grand Jacques ! Elle était la propriété de la Société des Cendres sise au 39…

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Usine qui recueillait les scories de métaux précieux auprès des orfèvres, bijoutiers et autres dentistes et qui les traitait en les brûlant dans un haut-fourneau, étonnante activité retracée dans cet article :

http://pietondeparis.canalblog.com/archives/2012/08/21/24934268.html

Le bâtiment restauré abrite aujourd’hui la marque de vêtements japonais UNIQLO. En se promenant sous la verrière, on peut voir la base de la fameuse cheminée spectaculaire à souhait !

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Si l’on compte dans une même rue des endroits aussi exceptionnels que le Musée Carnavalet, le Crédit Municipal et les Archives Nationales, celui que je vous ai permis de découvrir ne manque pas non plus d’intérêts historiques multiples, mélangeant les origines du quartier, son développement au 17ème siècle, un épisode de la vie de notre grande épistolière, un passé industriel étonnant, une présence européenne qui est devenue le point de chute des étudiants Erasmus, et un espace vert labellisé « Espace vert écologique ». Pas mal sur si peu de place…   

8 commentaires sur “Collés !

  1. Desolé, Rita… j’avais perdu de vue cette énigme! Cela dit, je ne connaissais pa (encore) ce joli coin, mais il nous reste un peu plus de 2 mois pour le découvrir
    A+
    José

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  2. Petit moment rarissime de calme ici, et on entend la pluie sur mes velux, hélas.
    Je me demandais quand tu aurais enfin le goût de nous révéler l’énigme! Étonnant. La cheminée m’épate encore plus que le jardin, quel colonne! Incroyable ce quartier, qui vaut bien le détour. Bises, et cours y voir!

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  3. Et bien voilà! Je n’y étais pas du tout mais je compte bien aller voir cet endroit la prochaine fois que j’irai là tout près manger au Marché des Enfants Rouges, rue de Bretagne.

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  4. Tu connais les romans à quatre mains de Claude Izner ? Enquêtes policières de Victor Legris, libraire dans le Paris du 19ème siècle. Le quatrième tome : le secret des Enfants-rouges… Bisous et mes meilleurs voeux pour 2015, chère Micheline, la quille dans six mois!!!

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  5. Je ne sais pas comment je fais, plus le temps de rien… Je procrastine pour tout, je sature un peu, j’aurais bien envie de partir à la mer pour changer d’air mais avec mon gros loulou, pas facile de voyager et de trouver une location…

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