Don Juan

amour.jpeg« Don » en espagnol, c’est comme « Sir » en anglais ; ça se combine avec le prénom et ça marque le respect… ajoutons ici une réminiscence du Burlador de Séville, nous sommes à l’opéra que diable! et le thème du concert n’était ni plus ni moins que l’amour! Voici le programme :

Prendre le dessin d’un bijou (Lakmé – Delibes) – À la voix d’un amant fidèle (La jolie fille de Perth – Bizet) – Ô nature, pleine de grâce, Pourquoi me réveiller? (Werther – Massenet) – Un ange, une femme inconnue (La Favorite – Donizetti) – Ô blonde Céres (Les Troyens – Berlioz) – Ah, lève-toi, soleil! (Roméo – Gounod) –  Au mont Ida (La belle Hélène- Offenbach)

Ajoutez-y 5 bis… : La Fille du Régiment, Jérusalem, La Dame Blanche, Rigoletto et une dernière Belle Hélène

Repus, nous étions repus ! La salle croulait sous les bravos, les battements de mains et de pieds, les cris ; lui, nous la jouait épuisé, titubant contre le pupitre du chef… Que c’est bon, ces escarmouches et ces clins d’oeil entre un artiste et son public!

Dans les couloirs du théâtre, l’ivresse passée, certains voulurent revenir à la raison et déjà ergoter sur telle ou telle chose. C’est de bonne guerre chez certains amateurs d’opéra, jamais contents!

Certes s’ils étaient venus pour la pyrotechnie notamment rossinienne, ils s’en sont allés un peu déçus même si la rafale des contre-ut de La fille du Régiment les réconforta. Mais ce soir, le propos de Juan Diego Flórez n’était pas pas celui-là, peut-être même plus jamais celui-là.

Il arrive un moment où un chanteur, quand il est artiste, ne peut plus se satisfaire de ce qu’il fait depuis des années : il a envie de partir à l’aventure. Surtout quand sa voix le condamne à des emplois tellement typés. Je me souviens de Natalie Dessay à Orange, alors en pleine gloire, confier qu’elle ne se voyait pas à 50 ans encore roucouler la poupée Olympia. Elle s’essaya avec plus ou moins de bonheur à des rôles plus en adéquation avec son tempérament dramatique puis inassouvie et frustrée, décida de tourner la page de la représentation d’opéra. La contralto Nathalie Stuzmann a créé son ensemble Orfeo 55 et conjugue direction d’orchestre et chant. Cecilia Bartoli, elle, est devenue une vraie musicologue et met sa voix si particulière au service d’oeuvres redécouvertes par elle. Même Philippe Jarrousky n’a pas craint de faire un merveilleux détour vers la mélodie française ou carrément la chanson française. Oui, une voix trop typée peut devenir un véritable carcan qui met en souffrance vos aspirations artistiques !

Alors notre cher Juan Diego, pour s’échapper, il a devant lui un superbe boulevard : les rôles de ténor de l’opéra français. Et c’est qu’il fait avec succès. S’il ne parle pas le français, il le dit superbement sans aucune faute rédhibitoire de prononciation mais bien avec cette chaleur de timbre qui manque si souvent à ces voix françaises trop formatées par la prosodie. Il sait s’alanguir avec le Werther du premier acte dans une ferveur presqu’écologique, avec Roméo dans une extase amoureuse, avec Gérald dans une rêverie exotique du plus bel effet. Certains le comparent déjà à Alfredo Kraus. Pour ma part, j’espère qu’il ne suivra pas le chemin sec, décharné et outrecuidant de celui-ci, s’étant auto-proclamé la statue tutélaire sans aucun rival possible de Werther notamment… Notre cher Péruvien a suffisamment d’intelligence et d’humour pour éviter l’écueil, son interprétation d’Offenbach en fait foi! 

Werther justement, revenons-y ! N’est-ce pas la magie de la voix humaine et de l’opéra que d’entendre interpréter les mêmes airs par des voix aussi dissemblables que Flórez et Kauffmann !!!

Si vous me permettez moi-aussi d’ergoter, j’ajouterais qu’il y a une palette encore un peu monochrome dans son chant français comparé, oui, à Alain Vanzo ou plus proche de nous, à Roberto Alagna quand il ne faisait pas n’importe quoi et qu’il était le digne successeur de Georges Thill. Mais Juan Diego a encore toute une carrière devant lui pour assurer ce virage et approfondir ces rôles qui lui vont déjà si bien!

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Après une telle débauche d’efforts, il nous a reçus gentiment au Foyer Grétry pour une séance de dédicaces. Les appareils photos crépitèrent comme on disait dans le temps !

Comme il nous a enchantés, merci à lui !  

Cuisine et dépendances

Beaucoup, parmi mes lecteurs fidèles, se sont inquiétés durant cette dernière année, que mon blog n’ait pas beaucoup bougé. « Mais sacrebleu, fais-nous de nouveaux posts intéressants comme avant, tu manques d’inspiration ou quoi? » Non. J’ai manqué de temps.

J’ai mené une politique de grands travaux dont la première tranche se termine. Et je me dis maintenant avec le recul que j’ai été un peu folle d’entreprendre tout cela seule. J’ai côtoyé ainsi de nombreux ouvriers en qui j’avais entière confiance et qui ont mené tout à bien, en respectant à l’euro près les devis. Merci à eux!

Tout a commencé en août 2013. Une immonde buanderie a lentement commencé sa métamorphose. D’abord le toit, fallait se remettre au sec.

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Avec mes petits bras tout musclés, j’ai tout vidé et lentement mais sûrement, et au fil des mois…

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Waouh, c’est devenu ça!

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Ce fut ensuite, à la fin de l’hiver, le remplacement de tout le grand toit.

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Et puis au mois d’août 2014, tatatam, la cuisine ! Châssis, plans de travail, carrelage, électroménager, restauration des murs et plafond, peintures, transformation des meubles, éclairage, déco… j’arrive au bout de trois mois d’une grande aventure où j’ai appris par moi-même à poncer, forer, scier, visser, tapisser, peindre, réorganiser l’espace.

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Pas mal, non?

Vous comprendrez que mener à bien cela tout en travaillant, ce ne fut pas une sinécure et que cela a bouffé toute mon énergie physique et mentale. Derniers petits travaux dans cette cuisine qui m’enchante pendant ces congés de novembre ; pendant l’hiver ce sera l’organisation d’un petit couloir, rien de bien méchant, du ludique. Faut reprendre de l’énergie pour attaquer les salon/salle à manger au printemps mais là, la retraite sera au bout du chemin, donc du temps, du temps, encore du temps… Cool!

Maintenant, je ne joue plus à l’égoïste, promis, vous allez avoir de la lecture, de la vraie, de la bonne! Salut à tous, les amis!

Tout feu, tout flamme

Un coeur qui s’enflamme, logique me direz-vous… Surtout celui de la Cité Ardente ! Chaque année le premier samedi d’octobre, tous les Liégeois et les autres se retrouvent pour déambuler à la lueur de petites bougies bien à l’abri dans leurs boîtes en plastique. Effet magique pour cette alliance au départ assez rudimentaire.

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Cette 21ème édition de la Nocturne des Côteaux de la Citadelle fut presque victime de son succès : une foule immense et compacte a envahi le coeur historique. Ce fleuve humain, parallèle à la Meuse, se fit ensuite ruisseau pour monter à l’assaut de ces fameux côteaux. L’escalade se transforma presqu’en chemin de croix avec de multiples stations, corps contre corps agglomérés sur la pente raide et dans les lacets assombris: les milliers de pieds cachant les bougies ou les ayant déjà malencontreusement piétinées. Mais le panorama découvert au sommet en valait…la chandelle! 

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Rien ne vaut la découverte à l’oeil nu, photos de nuit difficiles à faire dans une pareille foule impatiente de découvrir, elle aussi, cette vue magique. Les quais de Meuse et les ponts illuminés, la grande roue de la foire, la gare Calatrava, la Cité administrative, manque juste le phare, peut-être pour l’an prochain? Le boulevard circulaire était ponctué de groupes musicaux, de baraques de restauration, les remparts soulignaient leur lignes militaires et le monument nous surplomba, épée fantasmagorique…

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Mais que se passait-t-il tout en dessous? Dès l’obscurité tombée, la foule s’était pressée tout d’abord pour admirer l’embrasement de la Montagne de Bueren, clou de la soirée.

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Par la rue Hors-Château, elle avait pu ensuite découvrir les impasses, la Cour Saint-Antoine que je vous avais présentées l’an dernier. Et puis un lieu chic et élégant –  piano et bar à champagne –  qui, avec la complicité de la lune, prit tout de même un petit aspect à la Stephen King…

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Nos amis n’ayant jamais visité l’église Saint-Barthélemy, nous y sommes entrés pour admirer les fameux Fonts baptismaux mais aussi un curieux agneau sacrifié réalisé par Jean Marais (de circonstance en ce soir de l’Aït!) que je vous propose de découvrir dans l’album de photos ci-contre.

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Trop de monde pour espérer voir le feu d’artifice, nous nous sommes réfugiés sur la place du Marché devant La Violette, tout enorgueillie de sa superbe restauration.

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Alors que la soirée était celle d’un véritable été indien, quelques bourrasques annoncèrent soudain la pluie. Terrasses lentement désertées sous le regard presqu’heureux des garçons de café épuisés. Demain sera un autre jour avec La Batte, la Foire d’Octobre et les magasins ouverts. Décidément fidèle à sa réputation, Liège ne dort jamais !

Sur un plateau

Le plateau du Heysel, un lieu historique de Bruxelles.

Propriété du roi Léopold II, le plateau du Heysel fut acquis par la Ville de Bruxelles afin de créer un parc plus grand que celui du Cinquantenaire pour fêter le centenaire de l’indépendance du pays. L’architecte Joseph Van Neck y construisit donc pour l’occasion le Palais du Centenaire, le futur Palais 5, une prouesse extraordinaire pour l’époque avec des voûtes en béton d’un seul tenant dues au génie de Louis Baes. Pour la petite histoire, le sculpteur Égide Rombeaux fut chargé de la statuaire allégorique du fronton, aidé dans ce travail par Zhan Chongren – mieux connu sous le nom de Tchang, l’ami d’Hergé. Une exposition s’y tint donc en 1935.

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Mais pour nous tous, le plateau du Heysel symbolise l’Exposition Universelle de 1958 qui sacra la petite Belgique comme une grande puissance coloniale, économique et industrielle des trente glorieuses. Ne reste de cet événement extraordinaire dont nous avons encore tous la nostalgie que l’Atomium, représentation d’un atome de fer. Pas étonnant alors qu’il se présente sous cet aspect au petit matin de ce samedi de septembre…

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Sur le plateau du Heysel donc. Nous étions là pour découvrir l’exposition sur le Titanic.

Nous avons cheminé pendant 3 heures dans la reconstitution d’une histoire mille fois racontée et pourtant qui prend ici toute sa force émotive. Plus efficace qu’un scénario catastrophe hollywoodien: un fleuron de technologie et de luxe qui va anéantir ou marquer à jamais la vie de ses passagers. Certes on y voit de nombreuses pièces remontées du fond des mers, de la vaisselle, des effets personnels mais rien de spectaculaire sorti des eaux, l’essentiel de la carcasse étant resté à presque 4000 m de fond. On joue ici plutôt la carte de la découverte de ce paquebot luxueux, de la vie quotidienne à son bord et des destins brisés.

À l’entrée, on vous remet une copie de la carte d’embarquement d’un passager et au bout du voyage, vous pourrez rechercher son nom dans les victimes ou les rescapés. Le hasard a voulu qu’on me remette celle du seul homme de couleur à bord…

 

 

 

 

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Il périt mais sa femme et ses deux petites filles survécurent. Tout comme eux, la majeure partie des passagers de deuxième et de troisième classes avaient réservé leur traversée sur d’autres bateaux mais ils furent tranférés sur le Titanic en raison d’une grève des mineurs qui bloquait la livraison de charbon indispensable aux machines à vapeur. Tout le combustible disponible avait été réquisitionné pour le Titanic afin qu’il puisse entamer son voyage inaugural le jour dit…

monumentgkrins2-265x300.jpegL’exposition a aussi le grand mérite de nous faire partager le destin des Belges à bord. Ils étaient 26 et 7 survécurent. Un seul Wallon: Georges Krins, brillant violoniste dans l’orchestre qui continua de jouer pendant tout le naufrage. On voit à la fin de l’expo ce projet de stèle. Une souscription fut ouverte, le projet avança jusqu’en 1914. Apparemment les pierres furent stockées à Angleur puis dans le jardin de l’église Saint-Jacques à Liège et enfin disparurent pendant la Première Guerre mondiale… Des traces de sa vie et de sa famille demeurent cependant à Spa.

http://www.sparealites.be/georges-krins-le-musicien-spadois-du-titanic

Les autres passagers étaient pour la plupart des paysans flamands saisonniers. Mais pas tous…

http://www.lesoir.be/29950/article/actualite/belgique/2012-08-23/26-belges-%C3%A9taient-%C3%A0-bord-du-titanic

 

Au total, une belle expérience que je vous recommande, l’expo est prolongée jusqu’au 30 novembre et franchement, il n’y a plus foule, idéal pour déambuler à l’aise avec un audio-guide (compris dans le prix d’entrée) deux versions : adultes et enfants. Commentaire très bien fait.

À la sortie au milieu de l’après-midi, il faisait beau et l’Atomium nous a fait de l’oeil…

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On y a eu notre petit quart d’heure narcissique auprès de la sculpture RockGrowth Atomium et le travail de l’artiste Arik Levy…

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Et puis sur les conseils de notre guide Michel, nous sommes partis vers The Village, une sorte de reconstitution de « La Belgique joyeuse » de l’Expo 58. 

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Cela me permit de faire pas mal de photos que je vous présente dans un album ci-contre à droite. L’Atomium, comme la Tour Eiffel, inspire les photographes… Je vous y réserve quelques clichés assez spectaculaires. 

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Chat perché!

Juste un petit aparté.

Je suis en train de vous rédiger un article bien sérieux (!) et voilà que soudain, le chien s’ébroue, couine doucement, entame une danse chaloupée au milieu de la cuisine, sous la bulle. 

Je quitte mon clavier, fais quelque pas et… galope vers mon appareil photo : le spectacle en vaut la peine !

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Tranquille, bien au milieu de la bulle!

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L’observatoire étant immanquable sur les jardins, la scène dure, dure, dure. Le chien va et vient, de la cuisine  vers la cour et de la cour vers le living où j’ai repris ma rédaction. Impatient, il piétine jusqu’à me faire relever. Ah! il a raison  : le spectacle a changé!

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La nuit tombe. La sentinelle demeure.

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Le chien s’est lassé.

Je suis retournée à mon clavier.

Les oiseaux se sont tus et sont bien à l’abri dans leur nid.

Na! Le chat perché!   

Impression, civilisation indienne

Une journée à Paris née de deux envies : la mienne, de visiter l’exposition « Les impressionnistes en privé » au musée Marmottan ; celle de mon amie Barbara, de découvrir « Les Indiens des plaines » au musée du quai Branly.

P1030396.JPGArrivée à Paris à 10h – retour à 17h25. Merci Thalys d’avoir été à l’heure, de nous avoir proposé un excellent plateau de petit-déjeuner et un en-cas bienvenu à l’heure du tea-time.

Sept heures pour mener à bien nos deux projets, il allait falloir la jouer serré. Heureusement pour nous, les deux musées n’étaient pas trop éloignés l’un de l’autre et les connexions du métro simplissimes.

Première étape donc, le musée du Quai Branly. Nous sortons à la surface place Maria Callas, en face du mémorial à Diana au pied du pont de l’Alma. Le temps n’est pas vraiment de la partie, il pluvine mais ce n’est pas très grave puisque l’essentiel de notre journée se passera dans les musées et le métro. Le bitume parisien, ce sera pour une autre fois ! 

Pas le temps d’admirer l’architecture, le mur végétal, les superbes jardins ; il est 10h45 et il y a déjà une file de plus de 100 mètres. Notre billet de réservation FNAC nous sert de coupe-file et nous entrons presque les premières… 

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Mus%E9e%20des%20civilisation%20la%20grande%20galerie%201.jpegJ’avoue mieux connaître les civilisations indiennes de l’Amérique du sud (cours d’histoire oblige) que celles des plaines du nord. Je me souviens simplement d’être allée dans une réserve aux environs de Montréal et surtout d’avoir visité le superbe musée des civilisations d’Ottawa qui m’avait  impressionnée par son architecture sans aucun angle et sa collection extraordinaire de totems. Si ma mémoire est bonne, ce musée reconstituait notamment des habitats et mettait en situation les pièces  présentées.

Dans l’expo parisienne, c’est peut-être une des critiques que je formulerais : on est devant une sorte de catalogue d’objets pour la plupart présentés sous verre, c’est un peu trop répétitif et trop traditionnel à mon sens. L’autre remarque étant le manque de lumière. Pour quelle raison, cette pénombre? Il est bien difficile de faire des photos et même de lire les commentaires imprimés souvent en blanc sur fond ocre. Ceci étant dit, les pièces présentées (robes, mocassins, pipes et calumets, coiffes, armes…) sont d’une richesse artisanale fabuleuse. Voir ces milliers de toutes petites perles de verre de quelques millimètres cousues avec une telle régularité, c’est absolument incroyable.

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Certaines pièces présentent également une recherche artistique avec expressivité et pureté des formes.

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Je vous propose ci-contre un album-photos avec beaucoup d’autres objets ainsi que des réalisations d’artistes contemporains s’étant inspirés des techniques de leurs ancêtres.

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http://www.quaibranly.fr/fr/programmation/expositions/a-l-affiche/indiensdesplaines.html

Il est 13h30. Un bref passage par la librairie du musée et nous démarrons vers Marmottan.

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Nous sommes dans les beaux quartiers mais cela ne nous empêche pas d’avoir quelques sueurs froides : l’angle du musée est ceinturé par une file compacte. Si nous devons faire la queue, ce n’est pas la peine, il sera l’heure de notre TGV lorsque nous atteindrons l’entrée, surtout qu’on ne laisse entrer qu’un contingent  bien précis de visiteurs à la fois… Là encore, miracle FNAC, nous entrons tout de suite ! Voilà un bon plan à retenir, chers amis : réserver ses tickets d’entrée aux expos donne droit à un coupe-file ô combien appréciable, la petite commission réclamée vaut vraiment le coup!

Comme me l’avait expliqué une amie fan de ce musée, il s’agit d’un hôtel particulier meublé, avec ses couloirs et ses petites pièces dans lesquels sont exposées les toiles. Première pièce, première toile et premier coup de coeur : mon cher Caillebotte!

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Le côté intimiste des pièces  crée le charme du lieu mais devient vite un handicap quand une exposition draine autant de visiteurs et malgré le filtre opéré à l’entrée, pouvoir se reculer pour admirer un tableau devient vite une utopie… Et si vous avez le recul possible, il y a toujours un visiteur indélicat qui se glisse entre le tableau et vous et stationne, stationne… Mais la plupart du temps, vous ne pouvez que défiler, le nez dans la couleur, les yeux perdus dans les détails. Dommage. Mais ne boudons pas notre plaisir : il y eut notamment ce Caillebotte mystérieux et ce Monet annonciateur des vacances toutes proches.

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Cent toiles, du pur bonheur, j’aurais juste voulu que nous soyons toutes seules à pouvoir nous imprégner de ces chefs-d’oeuvre! Les deux affiches de l’expo : Renoir et Caillebotte. 

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Il est quinze heures, encore une heure et demie et on fonce découvrir tout le reste du musée. À l’aise, enfin!

Ce musée a ceci de particulier que ses collections permanentes sont des legs de collectionneurs. Il y a de l’amour qui imprègne ces toiles, de l’admiration, du respect pour les artistes.

Tout d’abord les salles consacrées à Monet et son fameux « Impression, soleil levant » qui m’apparaît bien plus chatoyant que sur les reproductions. La mer me semblait toujours un peu grisouille, ici elle se pare de beaux reflets verts. Et puis la grande salle avec les toiles préparant les nymphéas. 

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Nous visiterons également à l’étage les salles consacrées à l’oeuvre de Berthe Morisot, une artiste dont j’ai découvert toute l’originalité lors d’une exposition l’an dernier au Château de Waroux à Ans. On zappera les salles Empire et on terminera, éblouies, par la section des enluminures. À ne rater sous aucun prétexte!

Dans ce musée, photos interdites. Je me contente donc de quelques photos trouvées sur le web. 

Vite, vite, on se rue vers la sortie, il est 16h40. Le TGV part de la gare du Nord à 17h25… Tout se passe bien, la RATP est avec nous. Nous arrivons juste quand le train est affiché, no problemo ! Et la suite est tout aussi cool : rentrées a casa à Ans à 20h30 avec la tête et les yeux en kaléidoscope!    

Le très beau site du musée (peut-être la section sur l’exposition va-t-elle disparaître car c’est le dernier jour…)  

http://www.marmottan.fr/page.asp?ref_arbo=2507

Cet article paru dans La Croix, expliquant la structure de l’expo.

Musée Marmottan-Monet, Paris, jusqu’au 6 juillet.
Beau cadeau pour les 80 ans du musée Marmottan : une centaine d’œuvres venant de collections particulières du monde entier, pour certaines jamais exposées. Une occasion de faire quelques belles découvertes, y compris chez Monet, ou de survoler le mouvement des impressionnistes.

On suit un parcours chronologique :
Aux origines de l’impressionnisme. Des Corot, Boudin, Jongkind : la touche se libère peu à peu, la captation de l’instant et la lumière sont là, principalement dans ces paysages d’Île-de-France et de Normandie, les chevalets sortent de l’atelier. Un rare Bazille, un Manet nettement sous-représenté vu l’importance de sa critique de l’académisme pictural, mis à part une belle esquisse du Bar aux Folies-Bergère.
L’impressionnisme vers 1874, date de la première exposition de groupe de ces peintres en révolte contre le goût imposé. Ils sont tous là : Monet, Renoir, Pissarro, Degas, Sisley, Berthe Morisot, et même Cézanne. L’accrochage fait la part belle au maître des lieux Monet, ainsi qu’à Berthe Morisot ; des Sisley, des Renoir ; ici trop peu de Cézanne, mais de beaux paysages structurés de Pissaro.

L’impressionnisme de 1880 jusqu’à 1886. Des années très difficiles, le groupe se disperse en province et Paris, chacun suit sa propre voie.

Gustave Caillebotte  : le bourgeois très parisien, véritable mécène des impressionnistes dont il lègue de nombreuses œuvres à l’État et que l’on ne cesse de redécouvrir, l’an passé à Paris, cette année à Yerres jusqu’au 20 juillet.

Edgar Degas : l’ardent défenseur du mouvement qui se définit lui-même comme l’impressionniste réaliste. Quelques beaux pastels et une superbe sculpture.

Au-delà de l’impressionnisme : le succès enfin, tardif et individuel, à partir de 1890 et jusqu’à la mort de Monet dont les œuvres tardives sont d’une grande modernité, à la limite de l’abstraction. On peut aussi aller revoir par la même occasion l’Impression soleil couchant et les célèbres Nymphéas dans les collections permanentes de Marmottan.
Rien ou presque sur le rayonnement international : après les expos sur  les Macchiaioli et les Slovènes l’an dernier, il convient d’aller à Giverny jusqu’au 29 juin pour admirer « les Impressionnistes et les Américains ». 
Une superbe expo donc, un peu limitée aux impressionnistes les plus orthodoxes, au risque de réduire l’impressionnisme à un style, au détriment de son impact novateur et subversif dans l’art moderne. 

 

Fleurie, mais pas la barbe…

J’avais présumé de mes forces et surtout de mon temps… Entre la préparation des révisions et les révisions elle-mêmes, la confection des examens et leurs corrections, les cotes à remettre et l’organisation des délibérations, toutes les occupations domestiques et familiales, les aiguilles ont tourné, tourné comme des folles sans que je puisse jamais souffler. Mais un courriel reçu ce matin de ma chère cousine québecoise m’a décidée à prendre un peu de temps de cette matinée de congé pour résoudre l’énigme proposée dans le post précédent !

P1030239.JPGIl s’agissait du nouveau sigle de la ville de Liège caché dans la frise d’un monument célèbre de la ville récemment restauré.

Si certains mauvais esprits ont vu dans ce sigle la reproduction d’un geste très grossier, il s’agit en réalité d’un perron stylisé, le perron étant le monunent emblématique des libertés liégeoises (Charles le Téméraire punit la révolte liégeoise non seulement en pillant et en brûlant la ville mais surtout en exilant le Perron à Bruges…). Il orne dorénavant tous les monuments et tous les documents officiels.

Il se retrouva donc ici… Hum, nous avons bien ri, mon amie Barbara et moi, en tournant autour du monument, la tête levée et en découvrant ceci…

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Plus sérieusement, oui, il s’agit d’une statue équestre, de « la statue » la plus célèbre de Liège  :  celle de Charlemagne, sur le boulevard d’Avroy.

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Personnage historique présent partout dans la région, depuis Herstal et Jupille, proche banlieue de Liège (où il serait peut-être né) jusqu’à Aix-la-Chapelle, en Allemagne où il fit construire un palais et où il est enterré (à une quarantaine de kilomètres et faisant partie de ce qu’on appelle ici l’Eurégio, zone touristique et économique regroupant Maastricht aux Pays-Bas, Liège en Belgique et Aachen donc en Allemagne).

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Charlemagne est mort à Aix-la-Chapelle le 28 janvier 814, il y a donc 1200 ans. Un anniversaire qui donne l’occasion de redécouvrir ce grand homme par la taille mais aussi par l’action politique. 

calligraphie caroline.jpgMais non, ce n’est pas lui qui a inventé l’école même s’il est à la base d’une nouvelle écriture simplifiée et codifiée, la caroline, qui correspond à notre écriture minuscule actuelle.

Mais non, son cher neveu Roland n’est pas mort à Roncevaux sous les coups de ces méchants Sarrasins. Il fut victime d’une attaque des Basques. La Chanson de Roland, poème épique qui raconte ses exploits contre les Maures, date du début des Croisades quand il fallut doper le moral des chevaliers partis guerroyer en Terre Sainte… 

Vous voulez en savoir plus ?

http://www.histoire-france.net/moyen/charlemagne

Et tordre le cou à certaines contre-vérités ?

 

http://www.levif.be/info/actualite/international/les-secrets-de-charlemagne-devoiles/article-4000662776520.htm

Hé non, il n’avait pas la barbe fleurie ! Cela n’empêcha pas notre ville de couvrir de fleurs son escalier le plus célèbre, la montagne de Bueren, pendant tout un week-end au début de ce mois. Beaucoup de photos ont circulé sur Facebook mais pour mes lecteurs qui ne fréquentent pas les réseaux sociaux, en voici quelques-unes de mon cru. Le thème: l’abeille.

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Pas belle, notre ville? Et ce week-end, elle s’apprête à fêter la musique comme il se doit, de la musique partout! 

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Un long silence

Bonjour, chers amis lecteurs!

Au vu du compteur qui tournait, je me suis rendu compte que vous avez été nombreux à venir aux nouvelles sur mon blog, à peut-être vous demander pourquoi ce mois silencieux… Ceux qui me suivent sur Facebook connaissent déjà la raison et je les remercie encore de leurs innombrables messages de soutien. 

En effet, un an et 20 jours exactement après le décès de mon mari, il m’a fallu faire face à celui de mon frère. Prendre soin de ma maman et la soutenir, elle qui à 85 ans a assisté à la brève agonie d’un de ses enfants, organiser les funérailles, et maintenant gérer toutes les formalités, vider l’appartement, reprendre contact avec la famille qu’il avait délaissée… Peu de temps et peu d’envie dans ces conditions pour faire vivre mon blog.

Mais petit à petit, la vie quotidienne reprend heureusement ses droits et avec la fin de l’année scolaire toute proche, le goût de communiquer avec vous me revient.

Certes pendant ce mois, je n’ai pas vécu en ermite et j’ai malgré tout pu participer à quelques sorties musicales et amicales. Par exemple ce vendredi, j’ai pour la première fois participé à un apéritif urbain dans le magnifique jardin botanique de Liège. Organisation impeccable, atmosphère un peu british avec tous ces groupes installés sur les pelouses pour pique-niquer ! La météo était de la partie et ce fut un début de soirée délicieusement convivial.

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un petit air de nymphéas…

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La saison ne fait que commencer, vous trouverez les prochains rendez-vous sur http://www.aperosatliege.be/

Nous sommes revenues, mon amie Barbara et moi, à pieds vers la place Saint-Lambert, tout simplement heureuses. Nous avons flâné le nez au vent, admirant maisons de maîtres et monuments fraîchement restaurés, nous disant que décidément notre ville réussissait la renaissance de sa vie festive et la métamorphose de son riche patrimoine. Et soudain à un endroit improbable, nous avons découvert ce sigle moderne…

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Où? Mais où? Donnez-moi votre avis… Je vous dirai simplement que c’est sur un monument connu de tous, emblématique de notre ville et à l’honneur en cette année 2014. Alors? Bonne recherche!   

Fluctuat nec mergitur

Devise de Paris que l’on voit écrite partout fièrement dans la ville et notamment sur le fameux pont Mirabeau.

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Il y eut un homme qui faillit bien la faire mentir : le général Von Choltitz dans la nuit du 24 au 25 août 1944. Car contrairement à ce que le titre d’un fameux film nous fit croire (Paris brûle-t-il?), ce qui menaça les Parisiens lors de la retraite des Nazis, ce fut surtout l’eau. La première phase du plan de destruction était en effet de faire sauter tous les ponts sauf le Pont Neuf et ces destructions allaient immanquablement endommager les berges et permettre aux flots de la Seine de tout envahir en très peu de temps. Impossible pour la plupart de la population piégée de se réfugier sur la Butte Montmartre ou la Montagne Sainte-Geneviève.

La seconde phase, elle, visait la destruction des monuments emblématiques: l’Opéra, le Louvre, les Invalides, Notre-Dame, la Tour Eiffel… en représailles des destructions de Berlin et de Dresde.

Ce plan diabolique ne put être exécuté grâce à l’avance plus rapide que prévu de la 2ème DB de Leclerc, à l’action de la Résistance et dans le film Diplomatie, à une subtile partie d’échecs psychologique entre Von Choltitz et le consul suédois Nordling.

Von Choltitz y apparaît tout d’abord comme un vrai Prussien, drapé dans la rancoeur accumulée contre la France d’un soldat qui fut battu en 1918 et fidèle aux ordres reçus du Führer qu’il n’a pas à discuter. Mais subtilement Nordling repère les failles de la cuirasse et tente d’y distiller de la raison, du sentiment, de l’humanité. Il y aura de part et d’autre de la rébellion, du découragement, des promesses (parfois non tenues)…

Tiré de la pièce éponyme de Cyril Gély, ce film est passionnant. En son centre : la désobéissance. De nombreux apartés hors de la chambre d’hôtel évitent un huis-clos qui aurait pu paraître à certains trop pesant mais c’est surtout la formidable confrontation des deux monstres sacrés que sont Niels Arestrup et André Dussollier qui donne au film son rythme haletant. On ne s’ennuie pas une seconde, on suit l’avance et le retrait des pièces sur l’échiquier qu’est devenu Paris, on guette dans les yeux et l’inflexion des voix les points gagnés, les renoncements, les arguments qui font mouche. Extraordinaires comédiens qui n’ont pas peur de la caméra scrutatrice de Volker Schlöndorff qui les mue en de formidables acteurs.

 

 

Certains vous diront que la réalité a été mise à mal, que la vérité historique est tout autre. Certes. L’argument mêle habilement réalité et fiction. Choix parfaitement assumé  et voulu comme le réalisateur l’explique dans l’interview passionnante ci-dessous. Hommage aussi à ses acteurs. Vous avez vu le film, regardez ceci !

 

 

Mais oui, la vérité historique n’est pas le propos. C’est un hymne à la beauté de Paris et tout amoureux de cette ville sort bizarrement comme soulagé. Réaction bien étrange alors que tout le monde sait que ce plan diabolique ne se réalisa pas mais on ne peut pas s’empêcher de dire « ouf! ».  Et puis tout amateur de théâtre et de cinéma passe un formidable moment devant ce numéro d’acteurs géniaux. Et pour ceux qui y sont sensibles, quelles voix! Enfin ces quelques notes de Beethoven…

Et si vous êtes curieux de la pièce… 

http://api.dmcloud.net/player/embed/4e709e80f325e11e5f000025/4ea24eed94a6f6461900138e/82631c1248104796983e42ed0066e73f?exported=1

Esprit musical

En ce 3ème Vendredi Saint que je partage avec vous sur mon blog et après vous avoir offert pour la circonstance les oeuvres colossales de Wagner, de Verdi et de Brahms, je vous propose cette année un peu plus d’intimité en partageant l’écoute d’un oeuvre de musique de chambre que j’adore : le quintette pour clarinette de Johannes Brahms.

Quoi de plus beau, pour susciter la méditation, que son sublime adagio?

Il est ici interprété par le Jérusalem Quartett et la clarinettiste Sharon Kam.

Bonne écoute à tous, religieusement recueillie pour les uns, musicalement émue pour les autres (c’est mon cas).

Permettez-moi d’y associer cet endroit où nous avions appris à aimer, mon mari et moi, la musique de chambre : le sublime réfectoire des moines de l’abbaye de Stavelot. Nous occupions traditionnellement les deux places à la gauche du poêle. Dernière photo faite ensemble le dernier jour du festival d’août 2012. Comme un adieu.

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