Namur revisitée (1): Vite, vite !

Avec Bruxelles et Liège, Namur est une des villes de mon enfance. J’en avais gardé le souvenir d’une atmosphère morne et compassée et ce ne sont pas deux visites plus récentes en plein hiver et sous la pluie qui m’avaient fait changer d’avis.

Mais samedi dernier lors d’une excursion organisée par Art&fact, voilà mon jugement revu du tout au tout ! Et je n’ai pu en admirer qu’une toute petite partie, je me réjouis donc dans l’avenir de pouvoir partir à une redécouverte plus approfondie avec une amie namuroise qui m’a dit être ravie de m’accueillir « chez elle »…

La joie était de mise, c’était le premier voyage culturel depuis un an que nous refaisions avec Art&fact, notre équipe favorite d’historiennes de l’art. Et s’il a beaucoup plu, c’était toujours lors de nos déplacements en car. Dès que nous mettions le nez dehors, le soleil revenait… Veinardes !

Un des buts de la journée : la découverte d’oeuvres venant des collections du musée d’Ixelles (fermé pour rénovation), réparties au TreM.a et au musée Félicien Rops.

Dès 10 heures, notre première visite nous mena donc au TreM.a, le musée d’arts anciens. Deux temps forts.

On y découvre tout d’abord le legs de Léon Gauchez, un éminent collectionneur belge (1825-1907), venant d’Ixelles.

Au fil d’un très beau choix de toiles, on découvre le développement de l’art du paysage et des marines, le portrait et ses canons selon que l’on se situe dans les Pays-Bas espagnols catholiques ou dans les Provinces-Unies protestantes, les natures mortes à la précision anatomique stupéfiante dans le traitement des plumes et des fourrures. La gravure préparatoire de la cigogne par Dürer est stupéfiante quand on voit sa place minuscule au sein du tableau.

Malheureusement, l’obligation de scinder les groupes en deux limite le temps de la visite et ne permet pas de s’attarder, les autres attendent qu’on leur cède la place… Pas simple de faire des photos avec tous les reflets parasites. je privilégie donc cette présentation.

Mais le TreM.a a d’autres atouts ! Il possède avec ses collections permanentes des trésors absolument fantastiques qui laissent pantois.

Au rez-de-chaussée, voilà le Trésor de l’abbaye de Floreffe qui a la particularité d’être resté complet de sa création à aujourd’hui. Les métaux précieux y ruissellent littéralement dans une orfèvrerie virtuose…

Au premier étage, l’atmosphère est toujours religieuse et on y découvre notamment le stupéfiant retable de Belvaux du maître de Waha (Marche-en-Famenne) et d’autres splendeurs du gothique tardif. On en prend plein les yeux et j’avoue avoir été émue, non par le côté religieux, mais par l’extrême expressivité des oeuvres.

On a presque l’impression d’être rassasiées par tant de splendeurs quand c’est alors que le parcours nous fait redescendre dans l’autre aile du rez-de-chaussée pour faire la connaissance d’Henri Bles (1500?-1550) ayant vécu à Bouvignes près de Dinant. Le maître du « paysage-monde » au thème toujours religieux mais avec un foisonnement de vues et de tout petits personnages. On s’approche et on découvre des merveilles en miniature ! Oserais-je dire que le sujet religieux devient alors entièrement anecdotique, juste un prétexte ? Mille excuses pour les clichés approximatifs mais pas simple de faire des gros plans nets avec juste un téléphone portable. Il n’empêche, quelle virtuosité dans le détail !

Si vous désirez découvrir toutes ces merveilles, vite, vite ! comme le dit le titre. C’est jusqu’au dimanche 12 septembre. Après, le musée est fermé jusqu’en février 2022 pour travaux…

Levées à 5h30 et avec déjà deux grandes visites au compteur, nous voilà repues de beautés pour la matinée. Petit tour au marché, rencontre impromptue avec les Molons avec qui je chante « Li bia Bouquet » que ma maman namuroise aimait tellement entonner, et casse-croûte en face du building où vécurent mon oncle Willy et ma tante Maine, rue de Fer. Si je me sens Liégeoise pur jus, j’ai pourtant une moitié de mes racines à Namur et bien des lieux me rappellent ma famille maternelle et les visites de mon enfance.

Incorrigibles, entre deux sandwiches, on exerce notre oeil au jeu des sept erreurs proposé par la ville… sympa! Ensuite, en route pour de nouvelles découvertes. Ce sera pour le chapitre suivant, question de ne pas abuser des bonnes choses…

Petit rappel : en cliquant sur une photo, vous pouvez la voir en grand !