Musique et champs (1): une exception anglaise

Il est des choses anglaises absolument délicieuses. Uniques et révolutionnaires.

L’endroit où je vous emmène est de celles-là. Imaginez la verte campagne du Sussex entre vaches et moutons.

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Se cache ici un des plus vieux festivals. On y vient de Londres en train puis en car, tenue élégante de rigueur et champagne obligatoire, mais on emporte son nécessaire de pique-nique : plaids, chaises pliantes, paniers d’osier… 

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Incredible, isn’it? Comme je vous le dis! GLYNDEBOURNE, c’est là, cela ne peut être que là… 

Le festival de Glyndebourne est né de la volonté d’un homme, John Christie. Mélomane et propriétaire d’une fabrique d’orgues, il part en voyage de noces en 1930 à Bayreuth et à Salzbourg et en revient avec l’idée de faire de sa propriété un lieu de festival. Un petit théâtre est construit attenant à la résidence qu’il possède à Glyndebourne. Il y engage le metteur en scène Carl Ebert et le chef Fritz Busch qui avaient fui l’Allemagne nazie. La première: le 28 mai 1934. Interruption pendant les années de guerre. Il renaît en 1946 et depuis se taille une réputation internationale. De Mozart comme point de départ, la programmation s’est diversifiée jusqu’à aborder Wagner en 2003.

En 1992, l’ancien théâtre ferma et la construction d’une nouvelle salle de mille deux cents places commença. Elle ouvrit en 1994.

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Au-delà de l’excellence des productions de ce festival, c’est le cheminement vers ce lieu improbable qui enchante. Un joli film de 1956 vous explique l’odyssée…

 

Celle d’aujourd’hui filmée avec un Iphone…

 

Et ce documentaire vous retraçant une si belle aventure musicale! Sorry, only in english without subtitles, a good opportunity to revise it again…

 

Un festival d’une vitalité et d’une versatilité merveilleuses, qui accueille tout au long de son histoire les plus grands chanteurs, les musiciens les plus célèbres, des metteurs en scène et designers réputés. Comme d’autres maisons d’opéras, il s’est tourné vers la projection en direct des spectacles dans les cinémas anglais. Les CD et DVD permettent aussi d’immortaliser ces spectacles de très haute qualité. On en trouve sur le Net des centaines d’extraits plus beaux les uns que les autres. Ne vous privez pas!

Et puis un lien incontournable où vous trouverez des trésors anciens et à venir: www.glyndebourne.com

Je vous conseille d’aller faire un tour à la boutique (shop) : des cadeaux so british!

Glyndebourne est bien l’ancêtre de tous ces festivals d’été, où l’on peut goûter la musique et le théâtre sans le stress de la vie quotidienne, une parenthèse enchantée.

Il existe chez nous des tas de manifestations d’été d’excellente tenue artistique. Le festival de Wallonie avec ses diverses villes qui ont chacune leurs spécificités musicales, le Printemps de Valdieu, les Musicales de Beloeil où la tradition du pique-nique a été reprise. Alors, ne nous en privons pas d’autant que les prix sont très démocratiques, que le public s’y rend en toute décontraction vestimentaire et que les après-spectacles sont des plus conviviaux. Une excellente façon d’aborder la musique classique et de commencer à l’aimer, un plaisir pour la vie!

Et puis si votre bourse le permet, cap to The Glyndebourne Experience! Assurément mémorable. 

Des liens utiles:

www.festivaldewallonie.be

www.festivalstavelot.be

www.concertsduprintemps.be

www.lesmusicalesdebeloeil.be

 

Un commentaire sur “Musique et champs (1): une exception anglaise

  1. Que de souvenirs! il y a 25 ans, il n’y avait ici que la plus parfaite gentry so british. Forêts et écuries, chasse à courre devant ma propriété, tout de rouge vêtus, la meute de chiens colorés de beige-brun-blanc comme il se doit, et tari-tara, trompète en tête et le pauvre renard devant. Mais aussi, fin juin, dans un grand pré valonné, juste ici à côté se tenait après le concours hyppique du jour, une grande assemblée étonnante dont nous faisions partie: tables pliantes en teck, nappes en dentelles, argenterie et cristaux, champagne bien frais dans des seaux en argent, et nourritures célèstes, bien qu’anglaises…….chapeaux et gants blancs, nous étions tous attablés, délicieusement environnés par 1 violoncelle et 2 violons nous faisant la ritournelle de « scotish » et autres airs typiques et joyeux. Le tout dans les odeurs de crottin et les nuées de moustiques! mais personne n’y faisait attention. Et je vais vous dire: nous avions  » une gros fun nouer ( noir) » autrement dit un grand plaisir sans mélange!
    J’ai l’impressions d’avoir 120 ans!
    Hormis l’envie que l’on a d’aller voir ce festival de Glyndebourne, 2 choses m’ont frappé: les compartiments du train à l’ancienne que j’ai bien connus pour les avoir pris quand j’avais à peine 12 ans: j’avais l’impression à l’époque d’être dans Alice au Pays des merveilles, dans ces compartiments vieillots uniques et veloutés. Et iconoclasme impardonnable: du champagne dans des verres en plastique, alors là, c’est vrai, les anglais perdent leurs origines et leur bienséance!

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