Il y a du Purgon dans l’air

Loin de moi l’idée de remettre en cause les bienfaits de la médecine moderne et les miracles qu’elle accomplit chaque jour. Mais enfin les praticiens, tout au besoin de fixer un diagnostique précis, n’oublient-ils pas quelque humanité à l’égard de leurs patients?

Que je vous conte rapidement le souci qui nous occupe pour l’instant, mon époux et moi-même. 

Depuis quelques semaines, il a perdu le goût de manger, souffre de nausées et de ce fait, perd du poids et des forces. Il se rend donc chez son médecin traitant qui s’inquiète et prescrit une prise de sang, mais rien pour le soulager ou le requinquer un brin. Les résultats obtenus, il prend rendez-vous chez son diabètologue qui lui conseille de voir un gastro-entérologue. C’était lundi dernier, au plus fort de ses nausées. Aucun médicament prescrit pour les atténuer, il faut attendre de savoir « d’où ça vient »…

Attendre, « patient-er », c’est bien le mot, le spécialiste conseillé ne peut le recevoir… qu’au mois de mai 2013! Rébellion de mon mari qui fait valoir ses antécédents professionnels à la faculté de médecine, alors on accepte de l’intercaler ce vendredi. Je me rends à la consultation avec lui. La gastro-entérologue consulte ses analyses, l’interroge sur ses symptômes, lui cherche des rendez-vous pour deux examens exploratoires. Pour la fin du mois… Ici non plus, aucun médicament prescrit, même pas une poudre de perlinpinpin vitaminée. Cela dure une petite demi-heure, son oeil la plupart du temps vissé à l’écran d’ordinateur. Et juste avant de clore la consultation, elle pose cette dernière question de fait très anodine : « Et vous avez mal quelque part? » 

Je crois rêver !

J’ai la chance de pas être souvent malade mais à me souvenir de mes précédentes consultations médicales, le généraliste commençait toujours par vous demander: « Vous avez mal où? » !

Je sais aussi qu’il fut un temps où les médecins avaient la main leste avec les prescriptions mais quoi, il n’y aurait pas un petit antinauséeux générique, un petit cocktail vitamines-protéines pas cher qui feraient l’affaire?

Le parcours médical de mon mari dure depuis un mois sans que personne n’ait songé à le soulager de désagréments bien banals tout compte fait, en attendant d’en savoir plus. Faut être patient comme patient ! 

Enfin depuis quelques jours, l’appétit revient petit à petit. Grâce à mes petits plats. Zut, j’suis pas médecin!

Rions un peu avec cet effarant Purgon de Georges Descrières anéantissant le pauvre Jacques Charon…  et bonne santé à tous!

 

Un commentaire sur “Il y a du Purgon dans l’air

  1. Effectivement Molière est encore parmi nous. Invraissemblable et universel. Ici, même avec un cancer dépisté, on vous invite à ne pas vous énerver pendant l’année qu’il faudra avant de vous opérer. Et encore ton chéri bénéficie d’antécédents méritoires en médecine…mais ceux comme nous qui ne s’occupent que des cailloux, et autre géologie, nous n’allons pas loin et attendons indéfiniment. Il a fallu attendre 3 ans et demi pour que Simon passe son test d’audition, car il se plaignait souvent de ne pas bien entendre…..
    Meilleure santé à mon gentil cousin et, toi ma chère cousine à ton fourneau avec enthousiasme!
    Bon courage à vous deux.

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