Chat perché!

Juste un petit aparté.

Je suis en train de vous rédiger un article bien sérieux (!) et voilà que soudain, le chien s’ébroue, couine doucement, entame une danse chaloupée au milieu de la cuisine, sous la bulle. 

Je quitte mon clavier, fais quelque pas et… galope vers mon appareil photo : le spectacle en vaut la peine !

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Tranquille, bien au milieu de la bulle!

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L’observatoire étant immanquable sur les jardins, la scène dure, dure, dure. Le chien va et vient, de la cuisine  vers la cour et de la cour vers le living où j’ai repris ma rédaction. Impatient, il piétine jusqu’à me faire relever. Ah! il a raison  : le spectacle a changé!

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La nuit tombe. La sentinelle demeure.

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Le chien s’est lassé.

Je suis retournée à mon clavier.

Les oiseaux se sont tus et sont bien à l’abri dans leur nid.

Na! Le chat perché!   

Impression, civilisation indienne

Une journée à Paris née de deux envies : la mienne, de visiter l’exposition « Les impressionnistes en privé » au musée Marmottan ; celle de mon amie Barbara, de découvrir « Les Indiens des plaines » au musée du quai Branly.

P1030396.JPGArrivée à Paris à 10h – retour à 17h25. Merci Thalys d’avoir été à l’heure, de nous avoir proposé un excellent plateau de petit-déjeuner et un en-cas bienvenu à l’heure du tea-time.

Sept heures pour mener à bien nos deux projets, il allait falloir la jouer serré. Heureusement pour nous, les deux musées n’étaient pas trop éloignés l’un de l’autre et les connexions du métro simplissimes.

Première étape donc, le musée du Quai Branly. Nous sortons à la surface place Maria Callas, en face du mémorial à Diana au pied du pont de l’Alma. Le temps n’est pas vraiment de la partie, il pluvine mais ce n’est pas très grave puisque l’essentiel de notre journée se passera dans les musées et le métro. Le bitume parisien, ce sera pour une autre fois ! 

Pas le temps d’admirer l’architecture, le mur végétal, les superbes jardins ; il est 10h45 et il y a déjà une file de plus de 100 mètres. Notre billet de réservation FNAC nous sert de coupe-file et nous entrons presque les premières… 

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Mus%E9e%20des%20civilisation%20la%20grande%20galerie%201.jpegJ’avoue mieux connaître les civilisations indiennes de l’Amérique du sud (cours d’histoire oblige) que celles des plaines du nord. Je me souviens simplement d’être allée dans une réserve aux environs de Montréal et surtout d’avoir visité le superbe musée des civilisations d’Ottawa qui m’avait  impressionnée par son architecture sans aucun angle et sa collection extraordinaire de totems. Si ma mémoire est bonne, ce musée reconstituait notamment des habitats et mettait en situation les pièces  présentées.

Dans l’expo parisienne, c’est peut-être une des critiques que je formulerais : on est devant une sorte de catalogue d’objets pour la plupart présentés sous verre, c’est un peu trop répétitif et trop traditionnel à mon sens. L’autre remarque étant le manque de lumière. Pour quelle raison, cette pénombre? Il est bien difficile de faire des photos et même de lire les commentaires imprimés souvent en blanc sur fond ocre. Ceci étant dit, les pièces présentées (robes, mocassins, pipes et calumets, coiffes, armes…) sont d’une richesse artisanale fabuleuse. Voir ces milliers de toutes petites perles de verre de quelques millimètres cousues avec une telle régularité, c’est absolument incroyable.

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Certaines pièces présentent également une recherche artistique avec expressivité et pureté des formes.

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Je vous propose ci-contre un album-photos avec beaucoup d’autres objets ainsi que des réalisations d’artistes contemporains s’étant inspirés des techniques de leurs ancêtres.

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http://www.quaibranly.fr/fr/programmation/expositions/a-l-affiche/indiensdesplaines.html

Il est 13h30. Un bref passage par la librairie du musée et nous démarrons vers Marmottan.

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Nous sommes dans les beaux quartiers mais cela ne nous empêche pas d’avoir quelques sueurs froides : l’angle du musée est ceinturé par une file compacte. Si nous devons faire la queue, ce n’est pas la peine, il sera l’heure de notre TGV lorsque nous atteindrons l’entrée, surtout qu’on ne laisse entrer qu’un contingent  bien précis de visiteurs à la fois… Là encore, miracle FNAC, nous entrons tout de suite ! Voilà un bon plan à retenir, chers amis : réserver ses tickets d’entrée aux expos donne droit à un coupe-file ô combien appréciable, la petite commission réclamée vaut vraiment le coup!

Comme me l’avait expliqué une amie fan de ce musée, il s’agit d’un hôtel particulier meublé, avec ses couloirs et ses petites pièces dans lesquels sont exposées les toiles. Première pièce, première toile et premier coup de coeur : mon cher Caillebotte!

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Le côté intimiste des pièces  crée le charme du lieu mais devient vite un handicap quand une exposition draine autant de visiteurs et malgré le filtre opéré à l’entrée, pouvoir se reculer pour admirer un tableau devient vite une utopie… Et si vous avez le recul possible, il y a toujours un visiteur indélicat qui se glisse entre le tableau et vous et stationne, stationne… Mais la plupart du temps, vous ne pouvez que défiler, le nez dans la couleur, les yeux perdus dans les détails. Dommage. Mais ne boudons pas notre plaisir : il y eut notamment ce Caillebotte mystérieux et ce Monet annonciateur des vacances toutes proches.

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Cent toiles, du pur bonheur, j’aurais juste voulu que nous soyons toutes seules à pouvoir nous imprégner de ces chefs-d’oeuvre! Les deux affiches de l’expo : Renoir et Caillebotte. 

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Il est quinze heures, encore une heure et demie et on fonce découvrir tout le reste du musée. À l’aise, enfin!

Ce musée a ceci de particulier que ses collections permanentes sont des legs de collectionneurs. Il y a de l’amour qui imprègne ces toiles, de l’admiration, du respect pour les artistes.

Tout d’abord les salles consacrées à Monet et son fameux « Impression, soleil levant » qui m’apparaît bien plus chatoyant que sur les reproductions. La mer me semblait toujours un peu grisouille, ici elle se pare de beaux reflets verts. Et puis la grande salle avec les toiles préparant les nymphéas. 

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Nous visiterons également à l’étage les salles consacrées à l’oeuvre de Berthe Morisot, une artiste dont j’ai découvert toute l’originalité lors d’une exposition l’an dernier au Château de Waroux à Ans. On zappera les salles Empire et on terminera, éblouies, par la section des enluminures. À ne rater sous aucun prétexte!

Dans ce musée, photos interdites. Je me contente donc de quelques photos trouvées sur le web. 

Vite, vite, on se rue vers la sortie, il est 16h40. Le TGV part de la gare du Nord à 17h25… Tout se passe bien, la RATP est avec nous. Nous arrivons juste quand le train est affiché, no problemo ! Et la suite est tout aussi cool : rentrées a casa à Ans à 20h30 avec la tête et les yeux en kaléidoscope!    

Le très beau site du musée (peut-être la section sur l’exposition va-t-elle disparaître car c’est le dernier jour…)  

http://www.marmottan.fr/page.asp?ref_arbo=2507

Cet article paru dans La Croix, expliquant la structure de l’expo.

Musée Marmottan-Monet, Paris, jusqu’au 6 juillet.
Beau cadeau pour les 80 ans du musée Marmottan : une centaine d’œuvres venant de collections particulières du monde entier, pour certaines jamais exposées. Une occasion de faire quelques belles découvertes, y compris chez Monet, ou de survoler le mouvement des impressionnistes.

On suit un parcours chronologique :
Aux origines de l’impressionnisme. Des Corot, Boudin, Jongkind : la touche se libère peu à peu, la captation de l’instant et la lumière sont là, principalement dans ces paysages d’Île-de-France et de Normandie, les chevalets sortent de l’atelier. Un rare Bazille, un Manet nettement sous-représenté vu l’importance de sa critique de l’académisme pictural, mis à part une belle esquisse du Bar aux Folies-Bergère.
L’impressionnisme vers 1874, date de la première exposition de groupe de ces peintres en révolte contre le goût imposé. Ils sont tous là : Monet, Renoir, Pissarro, Degas, Sisley, Berthe Morisot, et même Cézanne. L’accrochage fait la part belle au maître des lieux Monet, ainsi qu’à Berthe Morisot ; des Sisley, des Renoir ; ici trop peu de Cézanne, mais de beaux paysages structurés de Pissaro.

L’impressionnisme de 1880 jusqu’à 1886. Des années très difficiles, le groupe se disperse en province et Paris, chacun suit sa propre voie.

Gustave Caillebotte  : le bourgeois très parisien, véritable mécène des impressionnistes dont il lègue de nombreuses œuvres à l’État et que l’on ne cesse de redécouvrir, l’an passé à Paris, cette année à Yerres jusqu’au 20 juillet.

Edgar Degas : l’ardent défenseur du mouvement qui se définit lui-même comme l’impressionniste réaliste. Quelques beaux pastels et une superbe sculpture.

Au-delà de l’impressionnisme : le succès enfin, tardif et individuel, à partir de 1890 et jusqu’à la mort de Monet dont les œuvres tardives sont d’une grande modernité, à la limite de l’abstraction. On peut aussi aller revoir par la même occasion l’Impression soleil couchant et les célèbres Nymphéas dans les collections permanentes de Marmottan.
Rien ou presque sur le rayonnement international : après les expos sur  les Macchiaioli et les Slovènes l’an dernier, il convient d’aller à Giverny jusqu’au 29 juin pour admirer « les Impressionnistes et les Américains ». 
Une superbe expo donc, un peu limitée aux impressionnistes les plus orthodoxes, au risque de réduire l’impressionnisme à un style, au détriment de son impact novateur et subversif dans l’art moderne.